Le nouveau coronavirus, face auquel les grands acteurs économiques de la planète injectent des dizaines de milliards de dollars pour éviter un désastre, perturbe de plus en plus la vie quotidienne des populations, de la limitation des déplacements aux fermetures en cascade de lieux publics.

L'illustration la plus parlante de ce phénomène est l'Italie, de plus en plus isolée avec la multiplication par certains de ses voisins des mesures de précaution, Autriche et Slovénie en tête, tandis que de grandes compagnies aériennes l'évitent et que les touristes la fuient massivement.

Situation unique, l'ensemble des Italiens étaient appelés à rester chez eux mercredi pour la deuxième journée consécutive, dans le contexte d'une explosion du nombre des victimes de la maladie, désormais plus de 10.100, dont 631 ont perdu la vie.

Au point que l'audience hebdomadaire du pape s'effectuera mercredi par vidéo.

Du Colisée à la Tour de Pise, le gouvernement a fermé les portes de tous les musées et monuments. Les bars et restaurants baissent leur rideau dès 18H00.

A Milan, "ville en couvre-feu", les rues sont vides, témoigne Daniele, un chauffeur de taxi de 59 ans. "Il n'y a pas de clients, ils n'arrivent pas, ils ne partent pas, ils ne se déplacent pas". Mercredi, les gares étaient beaucoup plus vides que la veille, avec de nombreux trains annulés.

Aggravation aussi en Espagne, l'un des pays les plus touchés en Europe, où les cas ont presque quadruplé depuis dimanche pour dépasser les 2.000.

Conséquence, les écoles de la région de Madrid ont été fermées. Une décision similaire a été prise mercredi à l'échelle de toute la Pologne et de l'Ukraine qui ont ainsi emboîté le pas à une quinzaine d'autres pays.

- Des dizaines de milliards -

Confrontés aux craintes d'un impact économique majeur de l'épidémie, les grands argentiers de la planète annoncent les uns après les autres des aides souvent massives et parfois inédites, l'Allemagne se disant par exemple pour la première fois prête à renoncer à la sacro-sainte règle du zéro déficit budgétaire, souvent critiquée à l'étranger.

Fonds d'investissement de 25 milliards d'euros évoqué par la Commission européenne, enveloppe du même montant annoncée mercredi en Italie, plan de 30 milliards de livres rendu public au Royaume-Uni -où la banque centrale a par ailleurs fortement abaissé ses taux-, prochaine présentation aux Etats-Unis d'un programme de soutien -sur lequel le gouvernement travaille "à temps plein"-, milliard de dollars canadiens promis par Ottawa, la liste est impressionnante.

Ce qui n'a pas empêché les Bourses européennes de perdre du terrain mercredi et Wall Street de reculer de plus de 4% en séance.

Il faut dire que 75% des firmes américaines constatent des difficultés dans les chaînes d'approvisionnement, tandis que l'Opep a fortement revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2020.

Et ce au moment même où, en Chine, des entreprises de Wuhan, la ville de 11 millions d'habitants confinés depuis le 23 janvier où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, ont été autorisées mercredi à reprendre leurs activités.

Car l'heure y est à l'assouplissement avec la chute spectaculaire du nombre des nouveaux cas quotidiens -24 et 22 décès supplémentaires- de contamination à l'épicentre, qui a poussé le président Xi Jinping à assurer que l'épidémie était "pratiquement jugulée".

- Principe de précaution -

Dans le reste du monde, la plus extrême prudence reste cependant de mise.

La Colombie et l'Argentine vont ainsi placer en quarantaine les personnes arrivant des pays les plus touchés par l'épidémie de coronavirus, notamment la Chine, l'Italie, l'Espagne, la France.

L'exercice Cold Response 2020, qui devait impliquer plus de 15.000 soldats de l'Otan dans le nord de la Norvège a été annulé tout comme, au Japon, les principales cérémonies publiques pour commémorer le tsunami du 11 mars 2011.

Sans parler des reports en cascade des grands rendez-vous sportifs et des matches de football joués à huis clos.

Le Covid-19 a tué dans le monde 4.281 personnes pour 118.554 cas de contamination, selon des chiffres officiels compilés par l'AFP mercredi à 09H00 GMT.

La Chine (hors Hong Kong et Macao) a à elle seule recensé 80.778 personnes atteintes dont 3.158 sont morts. L'Iran compte désormais 8.042 cas et 291 décès, la Corée du Sud 7.755 cas et 54 morts.

Au total, hors de Chine, 37.776 porteurs du virus étaient recensés mercredi à 09h00 GMT dont 1.123 ont péri.

Aux Etats-Unis, qui comptent 1.001 cas et 28 décès, selon l'université Johns Hopkins, la Garde nationale va être déployée à New Rochelle, en banlieue nord de New York, dans une "zone de confinement", le principal foyer du coronavirus de la région.

La France (1.784 cas, 33 décès) accélère de son côté les préparatifs dans la perspective d'un pic de l'épidémie, sur laquelle le président Emmanuel Macron s'exprimera jeudi.

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