Les Européens redoutaient dimanche de voir les négociations à Bruxelles sur un plan de relance post-coronavirus massif s'achever sur un échec, au moment où la pandémie a franchi le cap des 600.000 morts dans le monde.

Face à la progression du virus, de nombreux pays à travers le monde renforcent les mesures sanitaires. Ainsi en France, face à la multiplication des foyers actifs, le port du masque sera obligatoire dès lundi dans les lieux publics clos.

A Hong Kong, où la cheffe de l'exécutif Carrie Lam a fait état dimanche d'une situation "critique" avec un record de plus de 100 contaminations en 24 heures, de nouvelles mesures sont également annoncées, dont un projet de rendre obligatoire le port du masque dans les espaces intérieurs publics, ou encore l'obligation de travailler depuis la maison pour le personnel non essentiel de la fonction publique.

Pendant ce temps à Bruxelles, les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne tentaient, pour le troisième jour consécutif, d'aboutir à un difficile compromis sur un plan de relance destiné à venir en aide à leur économie mise à genoux par la pandémie.

Malgré la "bonne volonté" des 27, "il est aussi possible qu'aucun résultat ne soit obtenu" dimanche, a prévenu la chancelière allemande Angela Merkel à son arrivée au sommet pour cette journée qualifiée de "décisive".

Le président français Emmanuel Macron, qui défend ce plan à ses côtés, a lui prévenu que les "compromis" ne pouvaient pas se faire "au prix de l'ambition européenne".

Du montant global du plan, à l'équilibre entre prêts et dons, en passant par le contrôle des fonds versés ou un mécanisme liant les subventions au respect de l'Etat de droit dans les pays bénéficiaires, les points de dissension ne manquent pas.

Et l'unanimité nécessaire des 27 Etats membres rend un compromis particulièrement difficile.

Mme Merkel et M. Macron ont retrouvé dimanche matin le président du Conseil européen, Charles Michel, chef d'orchestre du sommet, pour décider de la marche à suivre, après 48 heures de discussions qui n'ont pas permis de faire plier les Pays-Bas et leurs alliés, les pays dits "frugaux" (Danemark, Suède et Autriche), ainsi que la Finlande. Très réservés sur ce projet, ces pays adeptes de l'orthodoxie budgétaire préfèrent nettement les subventions aux prêts.

Le dernier projet prévoit toujours un plan de 750 milliards d'euros, mais désormais composé de 300 milliards de prêts et 450 milliards de subventions -- qui n'auront pas à être remboursés par les bénéficiaires -- contre 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions initialement.

- 100.000 morts en 21 jours -

Le Covid-19, qui a contaminé plus de 14 millions de personnes dans le monde, continue de se propager ou reprend dans de très nombreux pays.

Face à un quasi triplement du nombre de cas en une semaine, quatre millions d'habitants de Barcelone, la deuxième ville d'Espagne, très prisée des touristes étrangers, sont appelés depuis samedi à "rester chez eux", les autorités tentant ainsi d'éviter un nouveau confinement obligatoire.

La pandémie a fait au moins 601.822 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi dimanche par l'AFP. Le nombre de décès a doublé en un peu plus de deux mois et plus de 100.000 morts ont été enregistrés en 21 jours, depuis le 28 juin.

Les Etats-Unis restent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de contaminations confirmées (140.120 décès pour 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l'ouest.

Viennent ensuite le Brésil (78.772 morts), le Royaume-Uni (45.273), le Mexique (38.888) et l'Italie (35.042).

Mais en proportion de la population, hors micro-Etats, c'est en Belgique que la mortalité est la plus élevée (846 morts par million d'habitants), devant le Royaume-Uni (667), l'Espagne (608), l'Italie (580) et la Suède (556).

- Mesure de "dissuasion nucléaire" -

En France, où l'épidémie montre aussi des signes de reprise deux mois après la sortie du confinement, le port du masque deviendra obligatoire lundi dans les lieux publics clos. Le Premier ministre Jean Castex a indiqué "surveiller de très près" la situation sanitaire en Catalogne et n'a pas exclu une nouvelle fermeture des frontières avec l'Espagne.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a prévenu qu'il n'utiliserait qu'en dernier ressort la carte du reconfinement et comparé une telle solution à une mesure de "dissuasion nucléaire", dans une interview dimanche au Daily Telegraph.

Il espère un retour à la normale "pour Noël" malgré de vives craintes sur une deuxième vague. Un risque que le conseiller scientifique de son gouvernement, Patrick Vallance, a jugé "élevé".

Le virus continue aussi ses ravages en Amérique centrale, où les hôpitaux sont au bord de l'effondrement et les protestations de soignants se multiplient: "Je suis médecin, pas martyr" proclament, devant le plus grand hôpital de Panama, des pancartes brandies par des médecins épuisés.

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