Chacun chez soi: de Paris à Valenciennes, échos d'une France sous cloche lundi, au 7e jour de confinement.

. Au front

"Moi je travaille, comme ça eux, ils peuvent manger", une caissière dans un supermarché de Rosny-sous-Bois, en Seine-saint-Denis.

Les "hôtesses de caisse" font partie de ces professions qui, malgré le confinement, n'ont pas cessé le travail. En majorité des femmes et souvent pour des petits salaires, celles qui ont d'abord essuyé les assauts d'une clientèle affolée après l'annonce d'un confinement, restent aujourd'hui en première ligne de l'épidémie.

. Lève la main

"Mais j'ai répondu, elle entend rien ou quoi!" Emile, 6 ans tente de s'adresser à la maîtresse, devant un cours à la maison diffusé à la télévision.

Avec le confinement, des chaînes de télévision ont adapté leurs programmes pour proposer des cours aux enfants. France 4 a ainsi inauguré lundi une série de leçons préparées avec l'Education nationale, pour les élèves du CP à la Terminale. Selon l'Unesco, plus de 850 millions de jeunes dans le monde, soit près de la moitié de la population d'écoliers et d'étudiants, ne vont plus à l'école depuis l'épidémie.

. Cibles

"Les voitures d'infirmiers, on sait les reconnaître". François Blanckaert, infirmier à Valenciennes (Nord), qui a vu sa voiture vandalisée.

Plusieurs voitures appartenant à des infirmiers ou des soignants ont été ces derniers jours la cible de voleurs, qui ont notamment emporté masques chirurgicaux et flacons de gel hydroalcoolique. Depuis le début de la crise sanitaire, le prix des masques sur internet s'est envolé.

. Poursuites

Huit des onze enquêtes ouvertes par le parquet de Paris, en lien avec des infractions sur la vente de masques de protection ou de gel hydroalcoolique sont terminées. La gérante d'une agence de voyages du XIIIe arrondissement sera notamment jugée le 21 avril devant le tribunal correctionnel, après la découverte d'environ 20.000 masques qu'elle vendait illégalement malgré les réquisitions du gouvernement.

. Ma vie dans un studio radio

Sans matériel chez elle et pour "ne pas mettre les autres en danger en faisant des allers-retours", Manylam Mao, animatrice de la matinale de la radio Lyon 1ère, a décidé de ne "plus quitter le studio, de rester en première ligne", explique cette passionnée qui anime l'antenne de 07h00 à 10h00.

"Je suis très bien ici, dans un studio de 100 m2, le frigo est plein, j'ai de l'eau, des fruits… La seule chose qui manque, c'est une douche, alors je fais seulement une toilette de chat. Comme on est à la radio, ça ne se voit pas si j'ai un peu l'air négligé!", plaisante-t-elle.

. Le top

"Le télétravail avec la scie, c'est vraiment le top". Un habitant de Montpellier à sa fenêtre, confiné et excédé par la reprise des travaux sur un chantier près de chez lui.

Les professionnels du bâtiment et travaux publics ont été encouragés par le gouvernement à maintenir leur activité, malgré l'épidémie de coronavirus.

. Seule certitude

"On reste à vos côtés". Avec le confinement, les sites de vente en ligne ont adapté leurs messages dans les mails commerciaux : les uns sont "toujours avec vous", d'autres offrent "des idées pour ne pas s'ennuyer", tandis que les derniers se demandent "comment allez-vous?", avant de préciser que leur site marchand est toujours disponible "en ces temps d'incertitude".

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