De nombreux cas de contamination au coronavirus continuent d'apparaitre en France, comme dans le Haut-Rhin où ils ont soudain bondi, mobilisant jusqu'au chef de l'Etat qui en appelle au "bon sens".

En visite dans une maison de retraite à Paris, Emmanuel Macron a réitéré vendredi matin sa conviction que, "de toute façon, l'épidémie sera là".

Il en a profité pour appeler à respecter des "mesures de bon sens" et à protéger les plus fragiles, en limitant par exemple "au strict nécessaire" les visites aux personnes âgées, les plus vulnérables", a-t-il insisté.

Le dernier recensement des autorités, jeudi soir, faisait état de 423 contaminations, dont 28 graves en réanimation et de sept décès - pour "la plupart" âgés de plus de 80 ans selon le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

Ce bilan fait de la France l'un des principaux foyers en Europe avec l'Italie et ne cesse d'évoluer, avec une multiplication des cas par huit en 48 heures dans le Haut-Rhin, pour atteindre 81 personnes contaminées. Une centaine d'établissements scolaires seront fermés à compter de samedi et les rassemblements de plus de 50 personnes en milieu clos interdits, a annoncé le préfet Laurent Touvet.

"Il y a deux jours, nous étions à 10 cas avérés dans le Haut-Rhin. En 48 heures, ce nombre a été multiplié par huit", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse, ajoutant que le département était considéré comme un "cluster" tout en appelant à "ne pas céder à la psychose".

Il a également prévenu que les mineurs ont interdiction de rendre visite aux "établissements de santé publique ou hébergeant des personnes âgées ou handicapées".

- Oise et Morbihan -

Un nouveau foyer de contamination au coronavirus a également été identifié dans le Val d'Oise, en région parisienne, avec "neuf cas confirmés", dont un "dans un état sévère", à Méry-sur-Oise, précisant qu'un "lien avait pu être trouvé entre" ces personnes qui vivent toutes "dans un périmètre géographique restreint".

Selon le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, "autour de 150 établissements" scolaires sont désormais fermés en France - sans compter le Haut-Rhin - , essentiellement dans l'Oise et le Morbihan, les deux principaux foyers auxquels s'ajoutent "quelques cas particuliers", concernant au total environ 45.000 élèves et un peu plus de 3.000 professeurs, a-t-il précisé.

L'Assemblée nationale n'a pas été épargnée: un député LR du Haut-Rhin, Jean-Luc Reitzer, a été hospitalisé en réanimation, un salarié de l'Assemblée nationale est aussi infecté et un autre cas est "suspecté".

A Paris, la RATP a également annoncé la contamination d'un conducteur de bus, deuxième cas après une agente du métro, mais le trafic n'est pas impacté.

L'augmentation rapide du nombre de cas conduit les autorités à préparer le stade 3 des mesures de précaution.

Pour le Pr Jean-François Delfraissy, spécialiste des maladies infectieuses qui participait à la réunion, le passage de la phase 2 à la phase 3, celle de l'épidémie, interviendra "entre quelques jours et une ou deux semaines".

Cette nouvelle phase pourrait impliquer des mesures plus perturbantes pour la vie quotidienne: suspension de transports en commun, restriction des rassemblements ou fermetures d'écoles. Mais elles seront prises de façon progressive et au cas par cas.

- "tenir" -

"Il faut pouvoir tenir. Si on prend des mesures qui sont très contraignantes, ce n'est pas tenable dans la durée", a souligné Emmanuel Macron vendredi, plaidant pour des mesures "proportionnées".

Les treize régions métropolitaines sont désormais touchées, a souligné Jérôme Salomon, directeur général de la Santé ainsi que la Guadeloupe et la Guyane en Outre-mer. Seuls la Martinique, Mayotte et la Réunion sont exempts de cas avérés.

Pour la plupart, les personnes nouvellement confirmées positives, jusqu'en Guyane, avaient participé au rassemblement d'une église évangélique de Mulhouse entre le 17 et le 24 février.

Un décret encadrant jusqu'au 31 mai les prix de vente des gels hydroalcooliques, dont l'utilisation est recommandée pour éviter une contamination, a été publié vendredi au Journal Officiel.

Il limite à 3 euros les 100 ml le prix des gels - soit 5 euros les 300 ml et 15 euros le litre.

Des restrictions collectives, décidées le week-end dernier - et interdisant en particulier les rassemblements de plus de 5.000 personnes en milieu clos - ont été confirmées dans un arrêté paru jeudi.

Pour l'heure, le report des municipales (15-22 mars) n'est pas à l'ordre du jour. Mais de nombreuses annulations d'événements ont déjà été annoncées, et le marathon de Paris, prévu le 5 avril avec 60.000 inscrits, est reporté au 18 octobre.