Les dirigeants européens s'apprêtaient lundi à reprendre leurs tractations sur la réponse économique à apporter à l'épidémie de coronavirus, dont la progression a conduit la France à rendre le masque obligatoire dans les lieux publics clos.

Tout en affirmant que la France était "très loin" d'une deuxième vague, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué qu'il y avait "entre 400 et 500 clusters" enregistrés dans le pays.

A Londres, le gouvernement britannique a annoncé lundi la conclusion de deux accords visant à lui garantir 90 millions de doses de deux vaccins en cours de développement contre le Covid-19.

Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, qui ont multiplié les échanges depuis vendredi dans un climat empreint parfois d'exaspération, ont convenu à l'aube de faire une pause avant de se retrouver pour une nouvelle session plenière à 16H00 (14H00 GMT).

La partie s'annonce toujours aussi délicate tant les positions restent éloignées, notamment sur la question de la répartition des 750 milliards d'euros du plan de relance, qui doit permettre aux économies européennes éprouvées par l'épidémie de retrouver des couleurs.

Les Etats dits "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark), auxquels s'est associée la Finlande, qui préfèrent les prêts, remboursables par chaque Etat bénéficiaire, aux subventions, se heurtent aux autres membres du bloc, Paris et Berlin en tête, hostiles à tout accord qui réduirait la part des subventions, symboles à leurs yeux de la solidarité européenne.

Signe des vifs désaccords entre les deux camps, le président français Emmanuel Macron a tapé du poing sur la table dans la nuit pour dénoncer la mauvaise volonté des Etats "frugaux", selon plusieurs délégations.

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a estimé qu'un accord était à la fois "possible" et "nécessaire".

- Plus de 600.000 morts -

Sur le terrain, le Covid-19, qui est apparu en Chine en décembre et a contaminé plus de 14 millions de personnes dans le monde, continue de se propager ou reprend dans de très nombreux pays.

Selon un bilan établi dimanche par l'AFP, la pandémie a fait au moins 601.822 morts depuis fin décembre. Le nombre de décès a doublé en un peu plus de deux mois et plus de 100.000 morts ont été enregistrés en 21 jours, depuis le 28 juin.

Les Etats-Unis restent le pays le plus touché, tant en nombre de morts que de contaminations confirmées (140.474 décès pour 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l'ouest.

Viennent ensuite le Brésil (79.488 morts), le Royaume-Uni (45.273), le Mexique (39.184) et l'Italie (35.042).

A l'encontre de cette tendance, la Russie, quatrième pays au monde en nombre de contaminations, a annoncé lundi avoir enregistré moins de 6.000 cas en 24 heures, une première depuis fin avril.

- Nouvelles mesures sanitaires -

Face à la progression du virus et à la crainte d'une deuxième vague, de nombreux pays ont décidé de renforcer les mesures sanitaires, à l'image de la France, où le port du masque est devenu lundi obligatoire dans les lieux publics clos, sous peine d'une amende de 135 euros.

Le Premier ministre français, Jean Castex, a, par ailleurs, indiqué "surveiller de très près" la situation sanitaire en Catalogne (nord-est de l'Espagne), n'excluant pas une nouvelle fermeture des frontières avec l'Espagne.

Les accords annoncés lundi à Londres concernent deux vaccins en cours de développement contre le Covid-19, celui de l'alliance germano-américaine BioNTech/Pfizer (30 millions de doses) et celui du laboratoire français Valneva (60 millions de doses, avec une option pour 40 millions de doses supplémentaires).

Il s'ajoute à un premier accord avec le groupe britannique AstraZeneca pour 100 millions de doses du vaccin que développe l'université d'Oxford, considéré comme parmi les plus prometteurs dans le monde.

Ces chiffres dépassent largement la population britannique (66 millions d'habitants), mais on ignore encore si ces vaccins fonctionneront et, en cas de succès, combien de doses seront nécessaires pour vacciner une même personne.

La flambée du nombre d'infections sur le sol américain n'a, en revanche, pas entamé la confiance et l'optimisme de Donald Trump, qui a une nouvelle fois assuré que la maladie finirait par "disparaître" et s'est dit opposé à l'idée d'imposer le port du masque au niveau national.

"J'aurai raison au final. Vous savez, j'ai dit: +ça va disparaître+. Je le dirai encore", a déclaré le président américain dans une interview à Fox News diffusée dimanche.

- Seuil des 13.000 morts franchi au Pérou -

Autre farouche détracteur du confinement ayant minimisé ces quatre derniers mois la gravité de la pandémie, le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a contracté le coronavirus, a reçu le soutien de centaines de personnes rassemblées dimanche à Brasilia.

Selon le dernier bilan, 23.529 nouveaux cas avaient été confirmés dimanche dans le pays, pour un total de plus de 2 millions, et près de 80.000 morts. Des chiffres officiels sans doute inférieurs à la réalité.

Au Chili, le président Sebastián Pinera a annoncé dimanche un plan de sortie du confinement en vigueur depuis 60 jours, dont la mise en oeuvre dépendra de la situation région par région.

Au Pérou voisin, le gouvernement n'entend pas non plus revenir sur son déconfinement progressif entamé le 1er juillet, qui devait se traduire lundi par la réouverture des restaurants dans le pays, en dépit de la barre des 13.000 morts franchie dimanche.

burx-CHZ/sg