L'économie mondiale est désormais frappée de plein fouet par la récession qu'a provoquée la pandémie de Covid-19, en particulier aux Etats-Unis et en Allemagne, tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle les jeunes à "ne pas baisser la garde" face à la résurgence de la maladie.

Jeudi, un nouveau cap a été franchi, plus de 17 millions de cas de contamination, dont encviron 600.000 mortels, ayant au total été enregistrés depuis l'apparition, signalée en décembre, du coronavirus.

"Il semble que les rebonds de cas dans certains pays soient en partie dus à des jeunes qui baissent la garde pendant l'été dans l'hémisphère nord", a souligné jeudi le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, rappelant que les jeunes "ne sont pas invincibles".

Le confinement du printemps a entraîné aux Etats-Unis une chute historique du produit intérieur brut au deuxième trimestre, de 32,9% en rythme annualisé. Par rapport au deuxième trimestre 2019, la baisse est de 9,5%.

Avec cette deuxième chute trimestrielle consécutive, la première économie du monde est officiellement entrée en récession. Au premier trimestre, le PIB américain avait reculé de 5%.

Donald Trump - dont la popularité dépend en partie de la bonne santé économique de l'Amérique - a évoqué jeudi, pour la première fois, l'hypothèse d'un report de l'élection présidentielle de novembre. Il mentionne, sans aucune preuve, des risques de fraudes liés à la pandémie.

L'Allemagne, le moteur économique de l'Europe, a elle aussi annoncé jeudi un "plongeon historique", de 10,1%, de son PIB au deuxième trimestre.

D'avril à juin, le PIB a également fortement chuté en Belgique, de 12,2%, en Autriche, de 10,7%, et au Mexique, de 17,3%.

Plus de 17.053.650 cas de Covid-19, dont 667.361 ont été mortels, ont été jusqu'ici déclarés dans 196 pays, notamment aux Etats-Unis, le plus endeuillé (150.716 morts), au Brésil (90.134) et au Mexique (45.361), selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi à 11H00 GMT.

La progression du virus continue de s'accélérer : un million de cas supplémentaires ont été détectés en quatre jours et plus de 6,5 millions depuis le début du mois.

- "Plongeon historique" -

L'Allemagne connaît sa pire récession depuis l'après-guerre : la contraction de son PIB est bien supérieure à celle de 4,9% quelle a connue au plus fort de la crise financière de 2009.

Les experts s'attendent cependant à un net rebond : en plus des mesures de soutien nationales, Berlin compte profiter du plan de relance européen de 750 milliards d'euros, décidé par les 27 à Bruxelles mi-juillet.

En attendant, compagnies pétrolières, avionneurs, constructeurs automobiles paient un lourd tribut, avec des pertes abyssales au deuxième trimestre : de 8,4 milliards de dollars pour Total et de 18,1 milliards de dollars pour l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, tandis qu'Airbus a accusé une perte nette de 1,9 milliard d'euros au premier semestre.

Tous les marchés européens ont fini en forte baisse jeudi, accusant le coup face aux résultats d'entreprises et aux indicateurs économiques plus mauvais qu'attendu. Francfort a perdu 3,45%, Londres 2,31% et Paris 2,13%.

Les Etats-Unis ont enregistré mercredi près de 1.270 morts supplémentaires en une journée et plus de 68.000 nouveaux cas.

Au Brésil, un nombre très élevé de nouvelles contaminations en une journée a également été enregistré, 69.074, selon le ministère de la Santé.

Michelle Bolsonaro, l'épouse du président brésilien, a été testée positive au Covid-19, a déclaré jeudi la présidence, quelques jours après que son mari Jair Bolsonaro a dit être rétabli.

En Europe, les Britanniques contaminés ou présentant des symptômes de la maladie devront dorénavant s'isoler 10 jours, soit trois de plus qu'auparavant, afin de limiter d'éventuelles transmissions.

La gouverneure de Tokyo a appelé jeudi les restaurants, bars et karaokés de la capitale japonaise à fermer plus tôt le soir pour tenter de contenir la pandémie qui regagne du terrain dans son pays.

Les experts estiment que la situation dans cette métropole "est plus grave qu'auparavant", a déclaré Yuriko Koike.

Sur les côtes européennes, la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 "engendre un flux exceptionnel de migrants économiques", a averti le ministère italien de l'Intérieur appelant l'Union européenne à se saisir "immédiatement" de la question. Plus de 11.000 migrants ont débarqué en Italie la semaine dernière.

L'Insee, l'institut statistique français, a révélé jeudi qu'entre fin mars et début avril, l'épidémie avait engendré en Europe un pic de surmortalité de 50% par rapport à une moyenne reposant sur le nombre des morts la même semaine entre 2016 et 2019. Cette surmortalité a atteint 60% en France, 155% en Espagne, 91% en Belgique.

La Suède, qui a jusqu'ici appliqué une stratégie moins stricte que le reste de l'Europe face au coronavirus, a recommandé jeudi le télétravail au moins jusqu'au Nouvel An.

Ce pays a enregistré 80.100 cas de Covid-19, dont 318 ces dernières 24 heures, soit un des niveaux de contamination par habitant les plus élevés d'Europe.

En Espagne, il n'y a pas de deuxième vague de la pandémie malgré 1.129 nouveaux cas enregistrés jeudi, portant le total des contaminations à 285.430, a affirmé un haut responsable du ministère espagnol de la Santé.

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