Bond des cas en Allemagne, revenue aux niveaux d'avril, progression inédite en France depuis mai, nouvelle vague en Espagne : à l'approche de la rentrée, l'Europe s'alarme d'un rebond de la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus.

Dans le monde, les restrictions se multiplient face à la progression de l'épidémie qui a fait au moins 787.918 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi à 11h00 GMT.

Malgré ce nouveau rebond qui intervient au moment où les vacances d'été touchent à leur fin, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a estimé jeudi que la pandémie pouvait désormais être gérée en Europe sans verrouiller la société dans son ensemble grâce à la préparation des autorités et aux connaissances accumulées ces derniers mois.

Considérée comme un modèle dans sa gestion de la pandémie en Europe, l'Allemagne a enregistré au cours des dernières 24 heures 1.707 nouveaux cas d'infection par le coronavirus -et dix morts-, retrouvant les niveaux de fin avril, une période alors considérée comme le pic de la pandémie.

Les autorités multiplient les mises en garde face à la remontée des cas de contamination, 228.621 au total, liée en grande partie au retour de nombreux touristes allemands de l'étranger.

Et l'idée de ramener la semaine de travail à quatre jours refait surface en Allemagne comme remède pour maintenir l'emploi pendant et après la crise sans précédent causée par le coronavirus, un sujet très controversé du côté des entreprises.

"Le doublement des (nouveaux) cas" observés en moyenne chaque jour "dans toute l'Allemagne ces trois dernières semaines" constitue une "évolution qui ne devrait pas se poursuivre mais que nous devrions au contraire juguler", a ainsi prévenu la chancelière Angela Merkel.

Cette situation a conduit Berlin à déclarer pratiquement toute l'Espagne et les côtes de la Croatie - des destinations prisées des vacanciers allemands - comme zones à risque, et à imposer tests et quarantaines au retour.

- "Situation d'impréparation" -

Car en Espagne, le nombre des morts hebdomadaires a doublé, atteignant 131, tandis que la région de Madrid redevient la plus touchée comme au pic de la pandémie.

Le nombre des nouveaux cas a lui aussi bondi avec 6.700 de plus recensés en 24 heures, portant le total à plus de 370.000, le nombre le plus élevé d'Europe occidentale.

La France a elle aussi dépassé ces dernières 24 heures les 3.700 nouveaux cas de Covid-19, une progression inédite depuis mai. Au total, 16.747 personnes y ont été dépistées positives au Covid-19 sur les sept derniers jours.

Les obligations de port du masque s'étendent progressivement à de plus larges périmètres dans de nombreuses localités françaises. Ainsi, dans le sud, après Toulouse, Nice a rendu le masque obligatoire dans toute la ville.

A l'approche de la rentrée scolaire, les enseignants s'inquiètent des conditions dans lesquelles elle va se dérouler, alors que les règles de distanciation physique ont été nettement assouplies en juillet, permettant à tous les élèves de pouvoir revenir en classe.

"C'est une situation d'impréparation totalement inédite", estime Sabine Duran, la directrice de l'école élémentaire Joséphine Baker à Pantin, en région parisienne.

- Méga-fête en Chine -

L'Ukraine a elle aussi enregistré 2.134 nouveaux cas de coronavirus et 40 morts jeudi, un "record" selon les autorités pour qui la situation "s'est aggravée substantiellement".

En Amérique latine, la Colombie, 4e pays le plus touché après le Brésil, le Mexique et le Pérou, a franchi le seuil du demi-million de cas.

La pandémie a fait s'envoler les rêves de millions d'adolescentes latino-américaines, privées de la fête de leurs quinze ans, une tradition de passage à l'âge adulte encore très ancrée dans la région. Ces jeunes filles ne peuvent espérer vivre leur "quinceañera", sorte de "bal des débutantes" célébré en famille et en grande pompe à l'occasion de leur anniversaire, avant 2021.

Alors que les recherches s'accélèrent pour trouver un vaccin, la Commission européenne a annoncé jeudi avoir réservé 225 millions de doses du potentiel vaccin contre le Covid-19 de l'Allemand CureVac. C'est le quatrième accord de ce type trouvé par l'UE avec des laboratoires.

Aux Etats-Unis, le gouvernement de Donald Trump a pré-commandé des centaines de millions de doses auprès de six sociétés développant des vaccins potentiels et prévoit que les doses soient gratuites, mais le vaccin ne sera pas obligatoire.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a quant à lui annoncé que se faire vacciner contre le coronavirus devrait "être obligatoire" dans son pays, sauf dispense pour raisons médicales.

Les autorités australiennes estiment qu'il faudrait que 95% de la population soit immunisée pour éradiquer le virus.

Quant à la Chine, où le virus était apparu fin décembre, elle a défendu jeudi l'organisation d'une méga-fête techno dans un parc aquatique bondé de Wuhan, épicentre de l'épidémie, saluant une "victoire" contre le coronavirus.