Économies en sursis, frontières fermées, confinement général, élections et compétitions sportives reportées: la pandémie liée au nouveau coronavirus, qui a déjà fait plus de 7.000 morts, pèse de plus en plus lourd et désorganisait mardi l'ensemble de la planète.

Même si, à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a fait briller une lueur d'espoir en indiquant attendre un vaccin contre le Covid-19 "avant l'automne", œuvre du laboratoire allemand CureVac, à Londres des scientifiques ont dit craindre pour la Grande-Bretagne une catastrophe avec des centaines de milliers de morts et un système de santé submergé.

Les experts s'accordent à dire que seules des politiques de "distanciation sociale", c'est à dire isoler les gens les uns des autres pour éviter qu'il ne se contaminent et propagent la maladie, peuvent enrayer la progression de la pandémie.

En Europe, nouvel épicentre de la maladie détectée en décembre en Chine, la France et ses 67 millions d'habitants ont donc entamé à la mi-journée un confinement général après l'Italie et l'Espagne.

A Paris, comme dans toutes les villes du pays, les rues se sont vidées. Les rares passants et automobilistes sont désormais requis de remplir un formulaire afin, en cas de contrôle par les forces de l'ordre, de démontrer qu'ils respectent les règles strictes édictées pour le confinement, prévu pour deux semaines renouvelables.

- Guerre économique aussi -

Dans un pays quasiment à l'arrêt, un lieu symbolique comme Lourdes (Sud-Ouest) a fermé son sanctuaire catholique, qui accueille d'ordinaire des pèlerins du monde entier.

Comme dans la plupart des pays, les craintes grandissent de voir les hôpitaux débordés et manquer de matériel.

A Genève, l'Organisation mondiale de la santé a demandé aux pays européens de prendre les mesures "les plus audacieuses" face à la pandémie, rappelant qu'elle faisait désormais plus de morts dans le reste du monde qu'en Chine.

L'UE a fermé à la mi-journée ses frontières extérieures pour au moins trente jours. Les 27 dirigeants de l'Union européenne se retrouvent mardi en sommet extraordinaire par visioconférence.

La "guerre" au virus se déroule aussi sur le terrain de l'économie. Gouvernements et banques centrales montent au créneau pour soutenir les marchés ainsi que les entreprises.

Paris se dit prêt à recourir à des nationalisations "si nécessaire" et prévoit désormais une entrée en récession de son économie. Rome a décidé de nationaliser la compagnie aérienne Alitalia en grande difficulté.

A Washington, le secrétaire au Trésor a évoqué "un plan de relance économique très important", comportant notamment l'envoi sous deux semaines de chèques aux Américains affectés. Il n'a pas précisé de chiffre, mais la presse américaine a évoqué la somme d'environ 850 milliards de dollars

- Elections reportées -

Les métropoles mondiales ferment restaurants, bars, discothèques et cinémas. Ecoles, universités, musées gardent portes closes, les annulations d'événements se multiplient. A Las Vegas, les célèbres hôtels et casinos, qui accueillent chaque année des millions de visiteurs, ont fermé leurs portes.

L'Union des associations européennes de football (UEFA), a annoncé le report de la coupe d'Europe des Nations à 2021. Au Japon, les festivités autour du relais de la flamme olympique, qui doivent commencer le 26 mars, ont été réduites. En France, la mythique course cycliste Paris-Roubaix, qui devait se courir le 12 avril, a été reportée, comme le tournoi de tennis de Roland-Garros, déplacé en septembre.

Dans le monde, la maladie Covid-19 a tué au moins 7.063 personnes, avec plus de 180.090 cas d'infection, selon un bilan établi par l'AFP à 09H00 GMT à partir de sources officielles. Mais nombreux pays ne testant plus désormais que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière, le nombre des personnes infectées est probablement bien supérieur.

Il y a désormais plus de décès recensés ailleurs dans le monde qu'en Chine continentale (respectivement 3.837 et 3.226), point de départ de la pandémie.

Les pays les plus touchés après la Chine sont l'Italie avec 2.158 morts pour 27.980 cas, l'Iran avec 988 morts (16.169 cas), l'Espagne avec 491 morts (11.178 cas), et la France avec 148 morts (6.633 cas).

L'Italie n'a pas "encore atteint le pic" de contagion, a averti son Premier ministre.

En Espagne, le gouvernement a prévenu que le confinement de la population risquait de durer. En Allemagne, les habitants sont appelés à "rester à la maison" et à renoncer aux vacances.

Au Brésil, l'état d'urgence a été déclaré à Rio et Sao Paulo, les deux plus grandes villes du pays.

En Grèce, les autorités ont décidé de prendre des mesures de confinement pour au moins 14 jours pour les migrants se trouvant dans des camps à travers le pays: seuls le personnel de ces centres sera autorisé à y pénétrer et les demandeurs d'asile ne pourront en sortir qu'en cas d'urgence.

- "Virus chinois" -

La Chine a affirmé la semaine dernière avoir "pratiquement jugulé" le virus et s'inquiète dorénavant des contaminations importées (143 cas). A Pékin, les arrivants de l'étranger sont désormais placés en quarantaine obligatoire de 14 jours.

Par ailleurs, la Chine s'est dite "fortement indignée" par un tweet la veille de Donald Trump évoquant un "virus chinois".

La course au vaccin et aux traitements est lancée dans le monde entier. Outre le laboratoire allemand CureVac, des essais cliniques sur des humains ont été entamés aux Etats-Unis, alors qu'en Russie les tests ont commencé sur des animaux, qui pourraient selon les autorités permettre de présenter un ou deux prototypes de vaccins en juin.

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