Donald Trump a promis lundi des mesures de "grande ampleur" pour soutenir l'économie face aux conséquences du coronavirus, après avoir donné l'impression de sous-estimer l'épidémie au point d'avoir été lui-même personnellement en contact avec des élus aujourd'hui un quarantaine.

Cinq membres du Congrès, dont au moins deux républicains qui ont côtoyé de près le président américain ces derniers jours, étaient en isolement volontaire lundi après avoir été exposés au virus, mais sans présenter de symptômes.

L'un a voyagé lundi à bord même de l'avion présidentiel Air Force One de Donald Trump, l'autre l'avait accompagné lors d'une visite officielle vendredi.

Malgré ces contacts rapprochés, le président républicain n'a pas voulu indiquer s'il avait subi un test pour détecter s'il était porteur du virus, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche de l'équipe coordonnant la réponse américaine à l'épidémie.

Une fois Donald Trump parti sans un mot pour cette question, le vice-président Mike Pence a dit ignorer "sincèrement" si le président des Etats-Unis avait été testé, tout en précisant que lui-même ne l'avait pas été.

- "Pris de court" -

Le monde a été "pris de court" par le coronavirus, avait lancé auparavant Donald Trump, en annonçant qu'il voulait voir des mesures adoptées bientôt au Congrès pour soulager l'économie américaine.

Il a notamment évoqué "une coupe possible dans les taxes salariales" qui doit être discutée mardi entre des membres de son administration et des responsables du Congrès. M. Trump donnera alors une conférence de presse afin de détailler ces mesures "majeures" et "de grande ampleur", a-t-il indiqué.

Il s'agit d'aider les salariés mais aussi les entreprises afin "qu'elles ne soient pas pénalisées pour quelque chose dont elles ne sont pas responsables", a-t-il expliqué, avant de marteler: "Ce n'est pas de la faute de notre pays".

Lors de la même conférence de presse, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin s'est voulu rassurant: "Les Etats-Unis ont l'économie la plus robuste du monde".

Le Congrès américain a déjà approuvé le 5 mars un plan d'urgence de 8,3 milliards de dollars pour financer la lutte contre le coronavirus.

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a reconnu lundi soir que "de nouvelles mesures parlementaires (allaient) vite devenir nécessaires".

En partie responsable du plongeon des grandes places financières lundi, la crise mondiale du coronavirus a déjà de graves conséquences sur l'économie globale.

Donald Trump a jusqu'ici eu tendance à dédramatiser, la Maison Blanche démentant lundi qu'il allait restreindre son programme officiel.

Mais en pleine année électorale, la crise pourrait profondément perturber l'agenda du républicain qui affectionne les grands meetings, alors même que l'un des ses grands arguments de campagne pour la présidentielle de novembre, la croissance américaine, pourrait être remise en cause par l'épidémie.

- Des élus en quarantaine -

Grand allié du président, l'élu de la Chambre des représentants Matt Gaetz a annoncé peu après avoir quitté Air Force One, qui ramenait Donald Trump vers Washington lundi, qu'il avait été exposé "il y a onze jours" à une personne porteuse du virus.

Selon le New York Times, M. Gaetz a appris la nouvelle pendant le vol et a tenté de "se mettre en quarantaine, en s'asseyant" seul.

Un autre républicain de la Chambre qui était en quarantaine lundi, Doug Collins, était lui juste derrière le président américain lors d'une visite officielle vendredi à Atlanta, et lui aurait même serré la main selon certains médias.

Ces deux parlementaires ont été exposés au virus lors d'une grande conférence conservatrice (CPAC), organisée du 26 au 29 février près de Washington. M. Trump et son vice-président Mike Pence y avaient participé.

C'est aussi lors de ce grand rendez-vous annuel des conservateurs que deux autres républicains ont serré la main d'une personne porteuse du virus: le sénateur républicain Ted Cruz et un autre élu de la Chambre, Paul Gosar.

Ted Cruz aurait rencontré Donald Trump jeudi, soit après avoir été exposé au virus, selon plusieurs médias américains.

La cinquième personne du Congrès en isolement lundi était une élue démocrate de la Chambre, Julia Brownley.

L'épidémie a touché plus de 600 personnes aux Etats-Unis et fait au moins 26 morts. Des établissements scolaires ont fermé et des grands rendez-vous ont été annulés, mais pour l'instant la campagne présidentielle n'a pas été affectée.

Les autorités sanitaires américaines ont exhorté lundi les personnes les plus à risque --âgées de plus de 60 ans et souffrant de maladies chroniques-- à faire des stocks de nourriture et de médicaments.

Connu pour être "germophobe" bien avant l'épidémie, Donald Trump, 73 ans, avait plaisanté la semaine dernière sur les grandes précautions qu'il prenait.

"Je n'ai pas touché mon visage depuis des semaines", avait-il lancé.