Plus d'un mois de tribunes désertes: le football français s'est soumis mardi à la doctrine du huis clos préconisée par le gouvernement, pour le Championnat jusqu'au 15 avril et pour les prochains amicaux des Bleus, à l'unisson de ses voisins européens.

Un "Classique" OM-PSG sans spectateurs le 22 mars? C'est ce à quoi les supporters marseillais vont devoir se préparer.

La Ligue de football professionnel (LFP) a annoncé mardi que tous les matches de Ligue 1 et de Ligue 2 prévus jusqu'à la mi-avril auront lieu dans un "huis clos total", disposition dont les modalités doivent être précisées mercredi.

Les instances ont suivi la position de la ministre des Sports Roxana Maracineanu. Elle avait indiqué lundi que "le huis clos (pourra) devenir notre doctrine d'organisation des compétitions et du sport professionnel", après avoir confirmé la tenue mercredi soir du match de Ligue des champions PSG-Dortmund dans un stade vide.

Le choix était, de toute manière, restreint pour la LFP: les organisateurs de compétitions se devaient en effet de respecter les restrictions prises par arrêté ministériel mardi, interdisant jusqu'au 15 avril tout rassemblement de plus de 1.000 personnes, y compris en extérieur.

Ainsi, sauf à vouloir limiter drastiquement la billetterie - 1.000 places auxquelles il faut retrancher les équipes, encadrements, officiels et autres personnels liés à l'organisation - le huis clos paraissait inéluctable.

- Priorité à la "continuité sportive" -

Autre possibilité évoquée initialement, le report de certaines rencontres, souhaité par plusieurs dirigeants comme le directeur général de Brest Pascal Robert, ou ceux de l'OM, qui voulait négocier un report du "Classique" pour ne pas perdre une des plus grosses recettes de la saison, selon une source au sein du club.

Mais après une réunion mardi du collège des clubs de Ligue 1, il a été tranché qu'à ce stade, le huis clos sera "systématique" et qu'aucun report ne sera envisagé, a-t-on appris de sources proches des instances.

La "continuité sportive" souhaitée lundi par Mme Maracineanu, va donc être respectée à l'exception du match Strasbourg-PSG, initialement prévu le 7 mars mais reporté la veille au soir à la demande de la préfecture du Bas-Rhin.

Les clubs, eux, vont devoir faire face à un mois de recettes de billetterie en moins.

Lens a inauguré cette période de morosité dès lundi soir en accueillant dans un stade complètement vide l'équipe d'Orléans en Ligue 2, pour un manque à gagner estimé à 500.000 euros par la presse. Une rencontre qui a accouché d'une scène surréaliste lorsque le speaker du stade a tenté, inutilement, d'exhorter un public fantôme à scander le nom du buteur Florian Sotoca.

Elle se prolongera avec l'équipe de France, qui devait affronter l'Ukraine au Stade de France le 27 mars et la Finlande à Lyon le 31, dans le cadre de sa préparation pour l'Euro-2020.

Ces rencontres se joueront sans public, et toutes les deux à Saint-Denis. Même sort pour les Espoirs, le 30 mars contre la Suisse à Caen, et l'équipe de France féminine, le 10 avril face à la Macédoine du Nord à Dijon.

Pour ces matches, ainsi que ceux des Bleus du futsal en avril au Mans, la FFF "remboursera en intégralité les personnes ayant acheté des billets", a-t-elle indiqué mardi soir.

- Championnat suspendu en Italie -

Le huis clos, meilleure solution pour tous les matches? Pas totalement, car des doutes persistent autour de certaines rencontres.

C'est le cas de la finale de la Coupe de la Ligue entre le PSG et Lyon le 4 avril au Stade de France. Le sort de cette affiche doit être discuté lors du bureau de la LFP mercredi.

En Italie, le pays européen le plus touché par l'épidémie, le gouvernement a annoncé lundi soir la suspension de toutes les compétitions sportives, et donc de la Serie A, jusqu'au 3 avril.

L'Espagne et l'Allemagne, elles, penchent pour le huis clos. Les deux prochaines journées de Liga se joueront ainsi dans des stades vides, alors que la Bundesliga a assuré que tous les matches programmés seront joués, avec ou sans spectateurs en fonction de la décision des autorités régionales.

Le bouillant derby de la Ruhr Dortmund-Schalke, samedi, sera joué à huis clos, mais pas Union Berlin-Bayern, prévu le même jour. Pas de fans non plus pour le match amical entre l'Allemagne et l'Italie, le 31 mars à Nuremberg.

L'Angleterre est, pour le moment, le seul championnat européen majeur épargné par des mesures liées au nouveau coronavirus. Mais jusqu'à quand?