Les pays riches se mettent en ordre de bataille pour immuniser l'économie mondiale contre le coronavirus qui progresse dans le monde et l'OMS met en garde contre la pénurie d'équipements de protection dont plusieurs pays ont interdit l'exportation.

Le virus a contaminé plus de 93.000 personnes dans le monde et fait plus de 3.200 morts, notamment en Chine où il est apparu en décembre. Il affecte dorénavant tous les continents, sauf l'Antarctique, et perturbe la vie quotidienne dans un nombre croissant de pays.

Pour tenter de limiter ses répercussions économiques, la banque centrale américaine (Fed), la plus puissante du monde, a baissé en urgence ses taux d'intérêt, une décision spectaculaire inédite sous cette forme depuis la crise financière de 2008.

Côté européen, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a plaidé, lui, pour l'arme budgétaire et souhaité que l'Eurogroupe, qui tient une conférence téléphonique mercredi, l'autorise aux 19 pays de la zone euro.

Mardi, le G7 qui regroupe les sept économies les plus riches (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) avait évoqué la possibilité de recourir à la relance budgétaire. De son côté, la Banque mondiale avait annoncé un plan d'urgence de 12 milliards de dollars pour aider les pays à contenir l'épidémie.

Il est trop tôt pour quantifier précisément l'impact économique du coronavirus mais l'OCDE a prévenu que la croissance ne devrait pas dépasser 2,4% cette année.

Alors que Wall Street avait interprété mardi la décision de la Fed comme un signe de panique face au coronavirus et terminé en forte baisse, les places boursières réagissaient mercredi plutôt favorablement. En Asie, les Bourses ont clôturé en petite hausse, en Europe elles restaient optimistes.

- Repli en Chine -

La Chine a fait état mercredi de 38 décès supplémentaires liés au Covid-19. Le pays comptait (hors Hong Kong et Macao) 80.270 cas dont 2.981 décès, avec 119 nouvelles contaminations majoritairement dans la province centrale du Hubei, épicentre de l'épidémie où 56 millions de personnes sont en quarantaine.

Le nombre de nouveaux cas journaliers est en repli pour le troisième jour consécutif.

La Chine s'inquiète toutefois de nouvelles contaminations depuis l'étranger. Au moins 13 cas de contamination de Chinois rentrés de l'étranger ont été recensés ces derniers jours, dont huit mardi de retour d'Italie, troisième pays au monde le plus touché après la Chine et la Corée du Sud.

Les voyageurs qui arrivent à Pékin en provenance des pays les plus durement touchés par le virus – dont la Corée du Sud, l'Italie, l'Iran et le Japon – se retrouvent désormais en quarantaine pendant 14 jours.

Le virus continue à se propager dans le monde avec 12.838 cas officiellement recensés hors de Chine (269 nouveaux) dont 220 décès (8 nouveaux).

En Corée du Sud, deuxième pays le plus touché, la progression des nouveaux cas (435) a été mercredi la plus faible en une semaine. Au total, 5.621 personnes ont été contaminées, avec 32 décès selon un dernier bilan.

L'Italie, pays européen le plus touché, compte 2.502 cas avec 79 morts et va se doter de nouvelles mesures mercredi pour faire jouer les matches de foot à huis clos ou recommander d'éviter bises et poignées de main.

L'Iran compte le plus grand nombre de morts après la Chine, avec un bilan annoncé mercredi de 92 décès sur 2.922 cas. Ces dernières 24 heures, 586 nouveaux cas sont apparus.

L'Irak (31 cas de contamination) a fait état de son premier décès, au Kurdistan.

De premiers cas ont été annoncés par la Pologne, l'Argentine, le Chili ou Gibraltar ainsi qu'au sein des institutions européennes --un fonctionnaire de l'Agence européenne de défense de retour d'une mission en Italie.

Aux Etats-Unis, plus d'une centaine de cas sont répertoriés dont neuf décès dans le seul Etat de Washington (nord-ouest).

L'Inde a placé en quarantaine un groupe de touristes italiens dont au moins 16 infectés par le virus et cessé d'accorder des visas aux visiteurs en provenance d'Italie, d'Iran, du Japon, de Corée du Sud et de Chine.

En Afrique, le Sénégal a confirmé mardi son premier cas après l'Egypte, le Maroc et le Nigeria.

- Masques interdits d'exportation -

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté mardi sur le "rapide épuisement" des stocks d'équipements de protection pour lutter contre le coronavirus ce qui met en danger la riposte mondiale à l'épidémie.

Son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus a réclamé une hausse de 40% de la production actuelle d'équipements personnels. L'agence spécialisée de l'ONU estime que chaque mois 89 millions de masques médicaux seront nécessaires dans le monde, ainsi que 76 millions de gants et 1,6 million de lunettes de protection.

En France, l'un des principaux foyers du virus en Europe avec l'Italie et l'Allemagne avec 212 cas confirmés et quatre décès, le gouvernement a publié un décret mercredi pour réquisitionner jusqu'au 31 mai les stocks de masques de protection.

L'Allemagne (plus de 200 cas confirmés) a interdit mercredi l'exportation de matériel médical de protection, notamment de masques, avec "certaines exceptions" notamment pour de l'aide humanitaire.

La Russie (6 cas confirmés) a interdit jusqu'au 1er juin l'exportation de masques de protection et autres équipements médicaux.

Alors que les annulations ou reports d'événements sportifs se multipliaient, le musée français du Louvre, fermé depuis dimanche, a annoncé mercredi sa réouverture.

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