Peu après la décision de disputer le match de Ligue des champions entre le Paris SG et Dortmund mercredi sans spectateurs, la ministre des sports Roxana Maracineanu a préconisé lundi le huis clos comme "doctrine d'organisation" des manifestations sportives pour faire face au coronavirus.

L'expansion de l'épidémie, qui a d'ores et déjà entraîné dans le monde nombre d'annulations d'évènements sportifs, comme celle lundi du tournoi de tennis d'Indian Wells aux Etats-Unis, ajoute chaque jour une nouvelle problématique. Celle posée par l'interdiction des rassemblements de plus de 1.000 personnes, y compris en extérieur, annoncée dimanche dans la soirée par le ministre de la Santé Olivier Véran à l'issue d'un conseil restreint de défense et de sécurité à l'Elysée, nécessitait une réponse.

La ministre des sports s'en est chargée en édictant le huis clos comme règle à suivre, au moins jusqu'au 15 avril, et peut-être au-delà, ponctuée ça et là d'inévitables annulations.

"Nous sommes dans un moment exceptionnel (...). Ce que je préconise est la continuité sportive, notamment pour les compétitions qualificatives aux Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo", a ajouté la ministre, alors que se profilent deux tournois de qualification olympique à Bercy, en handball (17-19 avril) et en karaté (8-10 mai).

Depuis plusieurs jours, la question se posait pour le huitième de finale retour de C1 entre le Paris SG et le Borussia Dortmund, mercredi au Parc des Princes. Le couperet est tombé lundi en fin de matinée: la préfecture de police de Paris a décidé d'un huis clos pour ce match crucial pour le PSG, la deuxième rencontre de Ligue des champions (après Valence-Atalanta Bergame mardi soir) frappée par une telle mesure.

Et cette décision risque bien de ne pas être la seule.

- Billetterie -

Ce sont les préfets qui auront toutefois le dernier mot pour tous les autres évènements sportifs, qui sont d'ores et déjà interdits dans l'Oise et le Haut-Rhin, deux zones +clusters+ de l'épidémie.

Mais désormais, la possibilité d'imposer des tribunes vides pour les matches de football en L1, en L2 et même en National prend encore un peu plus de poids, même s'il reste la possibilté d'appliquer la jauge des 1.000 personnes dans un stade.

"Nous travaillons au quotidien avec les organisateurs à des solutions pour étudier les modalités de dédommagement des spectateurs qui ont acheté leurs billets", a déclaré Roxana Maracineanu. La ministre a aussi annoncé avoir "demandé à tous (les) organisateurs d'évaluer l'impact de ces décisions sur leur modèlé économique". Ainsi, le PSG estime à 6 millions d'euros "en direct" ses pertes en billetterie, loges et restauration, du seul fait du huis clos pour le match contre Dortmund.

Une nouvelle réunion est prévue au ministère des Sports mardi, avec les ligues professionnelles, les fédérations, les diffuseurs sportifs et les organisateurs privés d'événements.

- France-Irlande reporté -

Le rugby y voit lui aussi un peu plus clair. La dernière rencontre des Bleus dans le Tournoi des six nations, prévue samedi au Stade de France face à l'Irlande, faisait partie des événements dans le collimateur depuis dimanche soir. Le match a finalement été reporté lundi à la mi-journée, le troisième depuis le début du Tournoi.

Le Top 14 de rugby risque de se jouer avec des tribunes vides le week-end prochain, tout comme les matches de championnat de basket ou de handball.

Pour le tournoi de France de football féminin, qui se dispute actuellement à Calais et Valenciennes, les deux derniers matches France - Pays-Bas et Canada - Brésil prévus mardi se disputeront à huis clos, a annoncé la ministre.

La persistance du coronavirus pourrait également peser sur l'Euro-2020. La possibilité d'un huis clos pour les matches de préparation de l'équipe de France, et notamment ceux prévus le 27 mars face à l'Ukraine au Stade de France et quatre jours plus tard contre la Finlande à Lyon, n'est plus à écarter.

Selon le dernier bilan officiel, 1.126 personnes ont été contaminées par le nouveau coronavirus en France et 19 sont décédées.