Les 27 pays membres de l'Union européenne tentent dimanche à Bruxelles de trouver un compromis sur un plan de relance économique post-coronavirus, au moment où la pandémie a fait, plus de 600.000 morts dans le monde, selon un bilan réalisé par l'AFP.

Les dirigeants européens se réunissent à midi après avoir échoué à parvenir à un accord sur une nouvelle proposition qui leur avait été soumise samedi. L'objectif était d'infléchir la position des quatre Etats "frugaux" -- Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède -- rejoints par la Finlande, en leur offrant des concessions, en particulier sur la répartition entre subventions et prêts.

Si la proposition du président du Conseil européen Charles Michel "bénéficie d'un soutien important", selon une source proche des discussions, les dirigeants des 27 Etats membres n'ont pas réussi à trouver d'accord samedi.

Dans un message vidéo sur Facebook publié en fin d'après-midi, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a décrit les négociations comme "beaucoup plus difficiles que prévu", évoquant même une "situation d'impasse".

Le dernier projet prévoit toujours un plan de 750 milliards d'euros, mais désormais composé de 300 milliards de prêts et 450 milliards de subventions -- qui n'auront pas à être remboursés par les bénéficiaires -- contre 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions initialement.

Les ministres des Finances et les chefs des Banques centrales des pays les plus industrialisés du G20 se sont également réunis, par visioconférence, pour discuter de la dette des pays pauvres et des moyens de faire repartir l'économie mondiale.

- Mesure de "dissuasion nucléaire" -

Le Covid-19, qui a contaminé plus de 14 millions de personnes dans le monde, continue de se propager ou reprend dans de très nombreux pays. En Europe, plusieurs Etats ont pris des mesures ciblées pour tenter d'éviter une deuxième vague. Aux Etats-Unis, plus de 60.000 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés samedi, ce qui porte le bilan total à 3.698.209 cas.

Face à un quasi triplement du nombre de cas en une semaine, les habitants de Barcelone, la deuxième ville d'Espagne, très prisée des touristes étrangers, ont été appelés vendredi à "rester chez eux".

Les cinémas, théâtres et discothèques doivent fermer leurs portes, les réunions de plus de dix personnes sont interdites de même que les visites dans les maisons de retraite. La capacité d'accueil dans les bars et les restaurants a été limité à 50%.

"Cela n'a rien de drôle d'imaginer qu'ils vont nous confiner à nouveau, mais je crois qu'il y réfléchiront à deux fois parce qu'économiquement, ce serait une hécatombe", lance Olga Torres, 55 ans, qui se rafraîchit en terrasse à Barcelone.

Les autorités surveillent depuis plusieurs jours plus de 120 foyers actifs, en particulier en Catalogne (nord-est).

En France, où l'épidémie montre aussi des signes de reprise deux mois après la sortie du confinement, le port du masque est obligatoire à partir de lundi dans les lieux publics clos. Le Premier ministre français Jean Castex a indiqué "surveiller de très près" la situation sanitaire en Catalogne et n'a pas exclu une nouvelle fermeture des frontières avec l'Espagne.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a prévenu qu'il n'utilisera qu'en dernier ressort la carte du reconfinement et comparé une telle solution à une mesure de "dissuasion nucléaire", dans une interview dimanche au Daily Telegraph.

Il espère un retour à la normale "pour Noël" malgré de vives craintes sur une deuxième vague. Un risque que le conseiller scientifique de son gouvernement, Patrick Vallance, a jugé "élevé".

- 100.000 morts en 21 jours -

Plus de 600.000 personnes ont succombé au virus dans le monde depuis sa découverte en Chine en décembre, dont plus de 200.000 en Europe et 160.000 en Amérique latine, selon un bilan réalisé par l'AFP à partir de sources officielles dimanche à 01h00 GMT.

Le nombre de décès liés au Covid-19 a doublé en un peu plus de 2 mois. Plus de 100.000 nouveaux morts ont été enregistrés en 21 jours, depuis le 28 juin.

Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé au monde avec 140.103 décès, devant le Brésil (78.772), le Royaume-Uni (45.273), le Mexique (38.888) et l'Italie (35.042).

Les Etats-Unis connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l'ouest.

Le virus continue aussi ses ravages en Amérique centrale, où les hôpitaux sont au bord de l'effondrement et les protestations de soignants se multiplient: "Je suis médecin, pas martyr" proclament, devant le plus grand hôpital de Panama, des pancartes brandies par des médecins épuisés.

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