New York, Washington, Chicago, Los Angeles, les grandes villes américaines commençaient lundi à vivre au ralenti face au coronavirus, et beaucoup d'habitants se préparaient à un possible confinement général sur le modèle de l'Italie.

En deux jours, même s'il n'y a pas eu d'interdiction générale au niveau fédéral, une série de métropoles, qui avaient initialement observé de loin les mesures prises en Chine puis en Europe, ont adopté elles aussi des mesures drastiques de réduction de leur activité.

Alors que le nombre de cas confirmés aux Etats-Unis dépassent désormais les 3.800 - dont 69 décès - l'Etat du New Jersey, voisin de New York, a été le premier Etat américain à annoncer lundi un couvre-feu.

"A partir de ce soir, tous les commerces et activités de loisir ou de divertissement non essentiels devront fermer à 20 heures", a indiqué le gouverneur Phil Murphy sur son compte Twitter.

"Tous les déplacements non essentiels ou non liés aux services d'urgence sont fermement découragés entre 20 heures et 5 heures du matin", a-t-il ajouté.

- Bars et restaurants fermés

A New York, Los Angeles, Chicago, les trois plus grandes villes du pays, ainsi que dans la capitale fédérale Washington, les écoles ont toutes fermées, et l'enseignement en ligne devait se mettre progressivement en place.

De nombreux lieux symboles de vie sociale fermaient peu à peu. A New York, Boston, Los Angeles et Chicago, les bars et restaurants sont ou seront mardi limités à la vente à emporter et aux livraisons à domicile.

Les cafés Starbucks, omniprésents aux Etats-Unis, ne proposaient plus déjà lundi que de la vente à emporter.

De Disneyland au Metropolitan museum, la plupart des grands sites touristiques sont fermés, de même que les théâtres, cinémas, salles de concerts et évènements sportifs. Bibliothèques, cinémas, théâtres sont à l'arrêt.

A New York, les seules grandes attractions encore ouvertes étaient la Statue de la Liberté et...Central Park.

A Las Vegas, la société de casinos MGM, propriétaire d'emblématiques casinos Bellagio et Wynn, a annoncé leur fermeture à compter de mardi et jusqu'à nouvel ordre.

Partout, les gens sont incités à télétravailler, mais pour beaucoup d'employés des petits commerces, c'est impossible. Si personne ne s'aventure à chiffrer le coût de ces perturbations sans précédent et sans date limite, beaucoup s'inquiètent pour leur emploi.

- Combien de temps sans salaire?

Eddi Jones, responsable d'un stand de cirage de chaussures dans la grande gare new-yorkaise de Grand Central, et ses trois employés travaillaient comme d'habitude - sauf qu'ils n'avaient aucun client, alors qu'ils en ont généralement environ 200 par jour.

"On viendra aussi longtemps que possible, mais si on nous dit qu'il faut rester à la maison, que c'est mieux pour tout le monde, on le fera", dit-il.

Si c'était le cas, ils cesseraient immédiatement d'être payés, faute de congés payés ou d'assurance spécifique.

En tant que responsable, M. Jones pense pouvoir tenir "un mois" sans salaire, mais sa collègue Nancy, mère de deux enfants qui vient d'être embauchée, dit qu'elle tiendrait "peut-être une semaine", pas plus.

"Ca fait vraiment peur, on ne fait vraiment aucune vente aujourd'hui", dit Mostafa Said, 65 ans, propriétaire d'un des innombrables "deli" de Manhattan.

Au niveau fédéral, le Centre de contrôle des maladies (CDC) recommande désormais d'interdire les rassemblements de plus de 50 personnes - une mesure que de nombreux Etats devraient adopter.

Beaucoup de gens s'attendent désormais à des mesures plus drastiques encore, qui les obligeraient à rester chez eux comme dans plusieurs pays européens.

Les autorités new-yorkaises démentent depuis jeudi des rumeurs selon lesquelles une fermeture du métro ou des restrictions de déplacements seraient imminentes. Mais rien n'est exclu.

"Nous ne fermons pas les transports en commun, nous ne fermons pas les routes, les ponts, nous n'instaurons pas de couvre-feu ou de limites aux déplacements - aujourd'hui", a déclaré le maire Bill de Blasio. Mais à tout moment, ça peut changer", a-t-il déclaré lundi.

Des rumeurs d'un couvre-feu pour l'ensemble du pays, obligeant tous les commerces non essentiels à fermer, circulent aussi, même si elles ont été formellement démenties lundi par un porte-parole de la Maison Blanche.

Mais tout peut changer rapidement: le docteur Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des maladies infectieuses qui conseille la Maison Blanche, a souligné dimanche envisager une mesure de confinement général de 14 jours, sur le modèle italien.

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