Le déploiement d'un hôpital militaire de campagne à Mulhouse, qui devra concourir à désengorger l'hôpital civil de la ville, saturé par un afflux croissant de malades du coronavirus, a été engagé jeudi avec le balisage du terrain.

Avec 30 lits et une centaine de membres du personnel soignant, ces éléments militaires de réanimation (EMR) promettent cependant d'être bien plus qu'un simple "hôpital de campagne", souligne le Service de santé des armées (SSA).

Son installation "commencera ce week-end", a indiqué dans un tweet la ministre des Armées Florence Parly, précisant, vidéo à l'appui, que "le chargement logistique de l'EMR avance et sera bientôt en route vers Mulhouse".

Dans l'immédiat, les services de la ville de Mulhouse ont acheminé quelque 240 mètres linéaires de barrières pour délimiter une surface de la taille d'un petit terrain de football sur un parking de l'hôpital civil Emile-Muller, déjà ceinturé de bandes de plastique pour en interdire l'accès.

Le futur hôpital sera ainsi monté à quelques dizaines de mètres de l'héliport et des urgences de l'établissement civil, profitant de ses infrastructures techniques et médicales.

- Structures lourdes -

Les EMR proprement dits sont en train d'être constitués de toutes pièces près d'Orléans, à la Direction des approvisionnements en produits de santé des armées, avec le personnel du Régiment médical.

Cette unité médicale, a priori sous tente, réunira cinq modules de six lits chacun, tous équipés de matériel de réanimation permettant de ventiler et intuber les malades.

L'équipe soignante des armées sera composée de médecins anesthésistes-réanimateurs, d'infirmiers anesthésistes-réanimateurs, d'épidémiologistes, d'infirmiers et d'aides-soignants, détaille le SSA, soit "une centaine de personnels".

"Ce sont des structures lourdes, pour des patients dans un état grave, avec une logistique adaptée aux maladies infectieuses, comme des zones d'habillage et de déshabillage pour protéger les personnels: il ne s'agit pas juste d'une tente avec des lits", souligne-t-on au ministère des Armées. D'où, selon lui, le délai nécessaire pour monter cette structure.

- Résilience -

D'autant que ce type d'unité n'existe pas en tant que telle au sein des forces armées. "En opérations extérieures (Opex), nous n'avons pas besoin de structures strictement dédiées à la réanimation, sans chirurgie", explique le SSA.

La future unité militaire de réanimation mobile est en revanche "issue de notre expertise dans le déploiement rapide d'infrastructures modulaires, avec des équipements de pointe", ajoute-t-il. "C'est le même principe qu'en opex: une fois la structure conditionnée, ça se met en route".

Outre cette unité militaire de réanimation destinée à soulager les hôpitaux de la région Grand Est frappée de plein fouet par l'épidémie, "cinq hôpitaux militaires ont été identifiés pour venir en soutien avec des places réservées pour des patients atteints du Covid-19", ce qui représente 117 lits dont 40 lits de réanimation, a indiqué mercredi soir la secrétaire d'Etat aux Armées Geneviève Darrieussecq.

"Le SSA participe à la résilience de la Nation à la hauteur de ses moyens. Mais notre raison d'être, c'est le soutien médical des militaires en opérations", observe de son côté le SSA, qui ne représente que 1% de l'offre publique de soins, avec 2.300 médecins et 1.750 lits d'hôpital.

L'annonce du déploiement d'un hôpital de campagne à Mulhouse avait été faite lundi par Emmanuel Macron lors d'une allocution télévisée.

Mercredi, un A330 de l'armée de l'air équipé par le SSA avait déjà évacué six patients des hôpitaux de Mulhouse et Colmar vers des hôpitaux militaires de Marseille et Toulon.