Un deuxième groupe de rapatriés venus de Wuhan, épicentre de l'épidémie du nouveau coronavirus, est arrivé en France dimanche, dont une vingtaine sont restés sur le tarmac de l'aéroport d'Istres en attendant de vérifier si des "symptômes" qu'ils présentent sont liés au virus.

Interrogé dans la soirée, le ministère de la Santé a précisé à l'AFP que les résultats des tests pratiqués seraient connus lundi.

Après une première évacuation vendredi, un Airbus A380 s'est posé dimanche après-midi sur la base militaire d'Istres (Bouches-du-Rhône) avec à son bord 254 personnes, dont 64 Français et des passagers d'une trentaine d'autres nationalités.

124 étrangers sont retournés dans leur pays par avion, a précisé à l'AFP la base militaire d'Istres.

En revanche, "une soixantaine de non Européens d'origine variée, Mexique, Rwanda, Brésil, Géorgie" restent sur le sol français, a expliqué au cours d'une conférence de presse à Paris la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

- Résultats des tests lundi -

Parmi les 254 passagers sur le vol, 36 présentaient des symptômes à leur arrivée à Istres, a-t-elle détaillé. Seize d'entre eux sont déjà repartis dans leur pays mais "une vingtaine" de ressortissants français et non-européens "sont restés sur le tarmac" à Istres, "sous la surveillance des médecins militaires le temps d'avoir un test", a expliqué la ministre.

"En fonction du résultat du test, ils seront soit hospitalisés si le test est positif", ou ils rejoindront un des deux lieux de quarantaine choisis par les autorités pour accueillir les rapatriés dans les Bouches-du-Rhône, a ajouté Mme Buzyn.

Parmi les passagers en bonne santé rentrés dimanche, les personnes isolées et les couples ont rejoint une école d'officiers de sapeurs-pompiers à Aix-en-Provence, où ils passeront les 14 jours de confinement destinés à éviter tout risque de contamination lié au virus qui a fait plus de 300 morts en Chine.

Cette école, l'Ensosp, qui peut accueillir plus de 500 personnes, est située en zone rurale loin des habitations, à une dizaine de kilomètres du centre-ville.

D'abord "surprise" par le choix de sa commune, Maryse Joissains-Masini, la maire LR d'Aix, a assuré vouloir "être solidaire". Elle a indiqué que l'accès au lieu était drastiquement surveillé et le confinement, total: "Tout se fait en interne, rien ne sort". La mairie organisera une réunion d'information pour les habitants du quartier mardi matin.

- "Oursinades" -

Les familles avec enfants rapatriées dimanche ont quant à elles rejoint les quelque 180 personnes, en majorité françaises, arrivées vendredi et isolées depuis dans une résidence de vacances de Carry-le-Rouet, une station balnéaire proche de Marseille.

La ministre de la Santé a assuré que l'arrivée de nouvelles personnes en provenance de Chine dans ce centre, situé au milieu d'une pinède, dans une calanque, ne présentait pas de risque de contagion pour celles déjà présentes et ne rallongerait pas la durée de leur confinement.

L'annonce de l'arrivée des rapatriés de Chine avait dans un premier temps provoqué des inquiétudes dans la commune, mais habitants et touristes ont célébré dimanche le premier jour du festival des "oursinades". A cette occasion, un restaurateur local a même offert un plateau d'oursins aux personnes confinées, selon un des journalistes de l'AFP présents parmi elles.

Alors que plusieurs pays ont entamé les opérations pour rapatrier leurs ressortissants de Wuhan, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a salué une coopération "remarquable" avec les autorités chinoises. "Tous les Français qui ont demandé à être rapatriés le sont", a-t-il souligné dimanche lors de l'émission RTL/LCI/le Figaro, précisant que le rapatriement du personnel diplomatique français n'était pas à l'ordre du jour.

La ministre de la Santé a assuré qu'à sa "connaissance" aucun Français présent en Chine n'avait été contaminé par le coronavirus.

En France, aucun nouveau cas n'a été diagnostiqué: il y a donc toujours six patients atteints, dont un seul, un Chinois âgé de 80 ans, reste en réanimation. Les cinq autres sont hospitalisés à Paris et Bordeaux.

Les pays du G7 vont se concerter pour apporter une réponse commune au nouveau coronavirus, a annoncé le ministre allemand de la Santé après un entretien téléphonique à ce sujet avec son homologue américain. "Cela ne sert à rien si un pays prend des mesures tout seul", a déclaré Jens Spahn, soulignant que cette initiative s'ajoutait à la coordination européenne déjà en cours.