Un groupe limité de fidèles musulmans a entamé mercredi un pèlerinage entouré de mesures sanitaires draconiennes à La Mecque, tandis que les Etats-Unis accusaient le plus lourd bilan journalier des décès liés au coronavirus depuis plus de deux mois, avec près de 1.600 morts.

L'Europe redoute pour sa part une deuxième vague du coronavirus, qui a fait plus de 660.000 morts dans le monde.

Dans la ville sainte musulmane en Arabie saoudite, seuls de mille (selon Ryad) à 10.000 (selon les médias locaux) fidèles ont été autorisés à prendre part au grand pèlerinage annuel, contre 2,5 millions l'année dernière.

Soumis à des tests de dépistage et placés en quarantaine à leur arrivée à La Mecque, les pèlerins, portant un masque et se tenant à distance les uns des autres, ont procédé aux sept circonvolutions rituelles autour de la Kaaba, la pierre noire au coeur de la Grande mosquée.

Ils ont ensuite pris le chemin de Mina, 5 km à l'Est de la Grande mosquée, pour y passer la nuit dans une ville de toile désinfectée.

Tous portaient le vêtement blanc sans couture, l'"ihram" de rigueur pour le pèlerinage, mais le contraste était saisissant entre ces petits groupes et la foule qui remplit habituellement la Grande mosquée tous les ans à cette occasion.

"C'est un sentiment indescriptible", a déclaré un pèlerin égyptien, Mohammed Ibrahim, 43 ans. "C'est comme un rêve".

- Mesures drastiques à Hong Kong -

Dans le monde, la maladie a déjà fait 660.787 morts, selon le dernier bilan établi par l'AFP mercredi.

Les Etats-Unis restent le pays le plus endeuillé avec plus de 149.260 décès, et ont déploré mardi 1.592 morts supplémentaires en 24 heures, un lourd bilan journalier qui n'avait pas été atteint depuis mi-mai, selon les chiffres de l'université Johns Hopkins.

Le pays a aussi recensé plus de 60.000 nouveaux cas en une journée, après une légère baisse ces deux derniers jours.

Le président Donald Trump a une nouvelle fois brouillé le message sur le Covid-19 alors qu'il avait opéré un virage spectaculaire il y a une semaine, reconnaissant la gravité de la crise sanitaire et appelant à porter un masque.

Mardi, il a retweeté une vidéo montrant un groupe de médecins expliquer que les masques ne sont pas nécessaires et qu'il "existe un médicament" pour traiter le coronavirus, l'hydroxychloroquine. La vidéo a été supprimée par Facebook, YouTube et Tweeter pour désinformation.

En Chine, les autorités ont annoncé mercredi 101 nouveaux cas de coronavirus, le plus lourd bilan en trois mois, alors que les salles de sports, les bars et les musées étaient fermés dans les zones les plus touchées.

Hong Kong est pour sa part sur le point de connaître une épidémie de "grande ampleur", a averti mercredi la cheffe de l'exécutif, Carrie Lam, au moment où entrait en vigueur dans la ville les mesures de distanciation sociale les plus poussées depuis l'apparition du coronavirus au début de l'année

A compter de mercredi, les 7,5 millions d'habitants de cette ville très densément peuplée ont obligation de porter un masque en public, tandis que les restaurants ne peuvent plus servir que des plats à emporter.

Les rassemblements à plus de deux personnes -- à l'exception des familles --, ne sont plus autorisés.

- Deuxième vague? -

Eu Europe, l'Espagne a vu le nombre de nouveaux cas quotidiens plus que tripler depuis deux semaines, pour dépasser les 1.800. Après la France et le Royaume-Uni, l'Allemagne a déconseillé à ses ressortissants d'y voyager.

Le ministre français de la Santé Olivier Véran a pour sa part assuré mercredi que la France "n’est pas dans une deuxième vague du coronavirus", estimant cependant qu'il "ne faut pas lâcher" les efforts si on veut l'éviter.

A Bombay, une étude commandée par la municipalité et publiée mardi, montre que plus de la moitié des habitants des bidonvilles de la ville de l'ouest de l'Inde, semblaient avoir eu le coronavirus et présentent des anticorps.

L'Inde est déjà le troisième pays le plus touché au monde après les Etats-Unis et le Brésil, avec près de 1,5 million de cas.

Les experts ont prévenu qu'à cause de la pénurie de tests, le chiffre réel pourrait être bien plus élevé.

- Vaccins: espoirs de percée russe

Sur la course mondiale à la production d'un vaccin, la Russie a annoncé mercredi qu'elle espérait entamer la production de deux vaccins en septembre et en octobre, tentant de prendre le monde entier de vitesse.

Deux vaccins conçus par des chercheurs des centres étatiques russes "sont aujourd'hui les plus prometteurs", a affirmé la vice-Première ministre russe, Tatiana Golikova.

"Les Américains ont été étonnés quand ils ont entendu le signal du Spoutnik", le premier satellite artificiel lancé par l'URSS en 1957, a déclaré à CNN Kirill Dmitriev, le président du Fonds souverain russe qui finance la mise au point du vaccin au Centre Nikolaï Gamaleïa. "Avec le vaccin, ce sera la même chose. Nous serons les premiers", a-t-il assuré.

En Espagne, l'annonce de deux joueurs de football positifs au virus, à quelques jours du redémarrage des Coupes d'Europe, a alimenté l'inquiétude autour de la phase finale de la Ligue des Champions et de la ligue Europa, qui doivent en principe se terminer lors d'un tournoi final disputé au Portugal et en Allemagne.

Burx-mm/cls