L'épidémie de coronavirus a dépassé lundi le seuil des 110.000 personnes contaminées dans le monde, aggravant la crise des marchés et avivant les craintes de voir la maladie, qui paralyse une partie de l'Italie et de la Chine, affecter durablement l'économie mondiale.

A New-York, les échanges ont été suspendus 15 minutes après l'effondrement de 7% de l'indice élargi S&P 500, en pleine panique autour du krach pétrolier et des conséquences économiques du coronavirus.

Au Brésil, la Bourse de Sao Paulo a suspendu ses cours au bout de 30 minutes et une chute de 10%, sous la pression des mêmes inquiétudes.

Auparavant en Europe, Paris plongeait à 11H00 GMT de 6,40% tout comme Londres, Francfort de 6,43%, Madrid de 6,29% et Milan de 9,75%. Depuis le début de l'année, les grandes places européennes ont perdu entre 18 et 20%.

En début de journée les bourses asiatiques avaient aussi chuté, suivies par celles du Golfe, l'accélération de l'épidémie s'ajoutant à l'effondrement des cours du pétrole engendré par une guerre des prix russo-saoudienne.

- Plus de 110.000 cas -

Les dirigeants européens tiendront mardi une visioconférence pour coordonner leurs actions face à l'épidémie de coronavirus, a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel.

La Banque centrale européenne pourrait de son côté déployer jeudi un éventail de mesures de soutien dans la zone euro, tandis que le FMI a appelé à "une réponse internationale coordonnée" pour atténuer l'impact économique de l'épidémie.

En France l'impact sur l'économie devrait être de plusieurs dixièmes de points de PIB, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Le gouvernement allemand a annoncé de son côté un paquet de mesures destinées à contrer les effets économiques de l'épidémie.

Le nombre de cas de nouveau coronavirus a atteint 110.564, dont de 3.862 décès, dans 100 pays et territoires, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles lundi vers 10h45 GMT.

La hausse – 1.532 nouvelles contaminations rapportées depuis dimanche à 17h00 GMT - est notamment liée à l'augmentation des cas en Iran, avec 595 nouveaux cas annoncés lundi.

Si la Chine semble sortir de l'ornière avec seulement 22 décès en 24 heures (3.119 depuis décembre) et un nombre quotidien de contaminations (40) au plus bas depuis janvier, les autres pays ont vu le nombre de morts et de cas bondir et multiplient les mesures pour tenter d'endiguer la maladie.

L'Italie, désormais pays le plus touché après la Chine avec 366 décès et 7.375 cas, a placé dimanche un quart de sa population en quarantaine.

- Musées, piscines, bars... -

Les mesures de confinement jusqu'au 3 avril couvrent une vaste zone dans le Nord du pays allant de Milan, la capitale économique, à Venise, haut lieu du tourisme mondial. Les déplacements y sont strictement limités.

La province chinoise du Hubei, où l'épidémie a démarré en décembre, avait pris des dispositions similaires, plaçant notamment 56 millions d'habitants en quarantaine.

De plus, les musées, salles de sport, piscines, discothèques, salles de jeux et bars doivent rester fermés dans toute l'Italie.

La Corée du Sud, troisième pays le plus touché, a annoncé lundi son plus faible nombre quotidien de nouvelles contaminations (248) en deux semaines, ce qui porte le total à 7.382 dont 51 décès.

L'Egypte a annoncé dimanche son premier décès, également le premier sur le continent africain: il s'agit d'un Allemand de 60 ans. Par ailleurs, un bateau de croisière avec 171 passagers dont 101 touristes étrangers, a été évacué à Louxor (sud) après la découverte de 45 cas.

La France, cinquième pays le plus touché avec plus de 1.100 cas (19 morts), a interdit les rassemblements de plus de 1.000 personnes.

En Allemagne, où le gouvernement a également appelé à interdire les rassemblements de plus de 1.000 personnes, le seuil du millier de cas recensés a été dépassé lundi.

- Calendriers sportifs chamboulés -

Le bilan s'est aussi alourdi aux Etats-Unis avec 21 morts et plus de 500 cas de contamination. Plusieurs Etats, sur la trentaine affectés, ont déclenché l'état d'urgence pour débloquer des ressources fédérales.

Le navire de croisière Grand Princess, bloqué au large de San Francisco avec 21 cas parmi les milliers de passagers et membres d'équipage, va pouvoir accoster lundi à Oakland (Californie).

L'épidémie continue de peser sur les calendriers sportifs. Un match de rugby France - Irlande, prévu samedi au Stade de France, a été reporté. Le début du championnat japonais de baseball, sport majeur dans l'archipel, est lui aussi remis à plus tard.

A contrario, le complexe Shanghai Disneyland a partiellement rouvert lundi. Autre signe du recul de la maladie en Chine, à Wuhan, la ville de loin la plus contaminée du pays, 14 des 16 hôpitaux de campagne ouverts ont déjà été fermés, a rapporté l'agence Chine nouvelle.

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