Les dirigeants allemand et français ont exprimé "l'espoir" d'un accord peu avant la reprise, lundi soir à Bruxelles, d'un sommet européen interminable sur la réponse économique à apporter à l'épidémie de coronavirus, alors que les résultats de deux projets de vaccins ont apporté une prudente note d'espoir.

Face à la crainte d'une deuxième vague du virus, qui a officiellement fait plus de 606.000 morts dans le monde, de nombreux pays ont décidé de renforcer les mesures sanitaires, à l'image de la France, où le port du masque est devenu lundi obligatoire dans les lieux publics clos, sous peine d'une amende de 135 euros.

Le Premier ministre français, Jean Castex, a, par ailleurs, indiqué "surveiller de très près" la situation sanitaire en Catalogne (nord-est de l'Espagne), n'excluant pas une nouvelle fermeture des frontières avec l'Espagne.

Ce pays a annoncé lundi de nouvelles restrictions pour tenter de freiner le rebond des cas de coronavirus, avec la fermeture des discothèques ou bars de nuit sans terrasses dans la région méditerranéenne de Murcie.

Dans la course contre la montre pour trouver un vaccin sûr et efficace contre le Covid-19, deux projets, un britannique et un chinois, ont produit une réponse immunitaire importante, selon les résultats de deux essais cliniques distincts, publiés lundi dans la revue médicale britannique The Lancet.

Le premier, développé par l'université d'Oxford en partenariat avec AstraZeneca, a généré "une forte réponse immunitaire" dans un essai sur plus de 1.000 patients, tandis que le second, soutenu par CanSino Biologics, a provoqué une forte réaction en termes d'anticorps dans un autre essai chez la plupart des quelque 500 participants.

Aucun des deux projets n'a enregistré d'effet indésirable grave, mais des essais sur un nombre de participants plus important doivent encore avoir lieu, avant d'envisager leur commercialisation.

- "Compromis" -

"Si notre vaccin s'avère efficace, c'est une option prometteuse, car ce type de vaccin peut être fabriqué facilement à grande échelle", a commenté Sarah Gilbert, chercheuse à l'université d'Oxford.

Un autre laboratoire britannique, Synairgen, a présenté lundi les résultats d'un médicament baptisé SNG001, qui réduirait de 79% le risque de développer une forme sévère de la maladie Covid-19 - mais il n'a été testé que sur un échantillon très réduit de patients (101).

Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, qui ont multiplié les échanges depuis vendredi dans un climat parfois tendu, ont décidé à l'aube de faire une pause avant de se retrouver en fin d'après-midi.

Tout en se disant "extrêmement prudent", le président français Emmanuel Macron a évoqué en début d'après-midi, à son arrivée au Conseil européen, "les espoirs possibles d'un compromis".

La chancelière allemande, Angela Merkel, est allée un peu plus loin en révélant que les 27 avaient mis au point dans la nuit "un cadre pour un possible accord", parlant de "pas en avant" qui donne "l'espoir qu'un accord puisse être atteint aujourd'hui, du moins qu'un accord est possible".

Mais la partie s'annonçait délicate tant les positions restaient éloignées, notamment sur la question de la répartition des 750 milliards d'euros du plan de relance, qui doit permettre aux économies européennes éprouvées par l'épidémie de retrouver des couleurs.

- Plus de 600.000 morts -

Les Etats dits "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark), auxquels s'est associée la Finlande, préfèrent les prêts, remboursables par chaque Etat bénéficiaire, aux subventions.

Ils se heurtent aux autres membres du bloc, Paris et Berlin en tête, hostiles à tout accord qui réduirait la part des subventions, symboles à leurs yeux de la solidarité européenne.

Sur le terrain, le Covid-19 continuait lundi de se propager ou reprenait dans de très nombreux pays.

Selon un bilan établi à 11H00 GMT par l'AFP, la pandémie a fait au moins 606.605 morts. Plus de 14.528.490 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires depuis le début de l'épidémie.

Les Etats-Unis restent le pays le plus touché, tant en nombre de morts que de contaminationsconfirmées (140.474 décès pour plus de 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l'ouest.

Viennent ensuite le Brésil (79.488 morts), le Royaume-Uni (45.300), le Mexique (39.184) et l'Italie (35.045).

- Réouverture des cinémas en Chine -

La flambée du nombre d'infections sur le sol américain n'a pas entamé la confiance et l'optimisme de Donald Trump, qui a une nouvelle fois assuré, dans une interview à Fox News diffusée dimanche, que la maladie finirait par "disparaître" et s'est dit opposé à l'idée d'imposer le port du masque au niveau national.

En Chine, où le virus est apparu à la fin de l'an dernier, une partie des quelque 70.000 cinémas du pays, fermés fin janvier, ont rouvert lundi avec énormément de précautions: billets vendus uniquement en ligne, distance entre les sièges et pop-corn interdits. Les cinémas de Pékin demeurent toutefois fermés pour le moment.

Dans un complexe de la franchise SFC à Shanghai, le personnel s'activait à nettoyer minutieusement les sièges et les lunettes 3D avec des chiffons imbibés de désinfectant avant la première projection.

Lu Yonghao, l'un des tout premiers spectateurs à faire son retour dans une salle obscure, ne cachait pas son enthousiasme. "Ca fait plus de six mois que je n'ai pas vu de film" au cinéma, a expliqué à l'AFP ce jeune homme de 25 ans.

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