Les Etats-Unis sont passés mardi à la vitesse supérieure face à l'épidémie de coronavirus qui a déjà fait plus de 7.000 morts et a entraîné, à travers le monde, le déblocage de sommes faramineuses pour tenter de sauver l'économie.

"Nous voulons sauver le maximum de vies. On récupérera tout le reste, mais on ne récupérera pas une vie": Donald Trump, qui, après avoir longtemps minimisé la gravité de la crise, a opté pour un ton grave et lancé un appel à l'unité.

Comme dans la plupart des pays, les craintes grandissent de voir les hôpitaux débordés et manquer de matériel: la Maison Blanche a demandé aux entreprises du secteur du bâtiment de donner leurs masques de protection respiratoire aux hôpitaux.

En Europe, nouvel épicentre de la maladie détectée en décembre en Chine, la France et ses 67 millions d'habitants ont entamé à la mi-journée un confinement général après l'Italie et l'Espagne.

Les experts s'accordent à dire que seules des politiques de "distanciation sociale", c'est à dire isoler les gens les uns des autres pour éviter qu'il ne se contaminent et propagent la maladie, peuvent enrayer la progression de la pandémie.

Mais les consignes ont parfois du mal à passer.

"Nous avons du mal à croire que nous soyons obligés de le dire: n'appelez pas 911 simplement parce que vous n'avez plus de papier toilette", suppliait sur Facebook la police de Newport, dans l'Oregon. "Vous survivrez sans notre aide".

A Paris, les rares passants et automobilistes sont désormais requis de remplir un formulaire afin, en cas de contrôle par les forces de l'ordre, de démontrer qu'ils respectent les règles strictes édictées pour le confinement.

A Londres, face au risque d'un scénario cauchemardesque établi par des scientifiques prévoyant plus de 250.000 morts, le gouvernement a soudainement changé de ton, demandant à la population d'éviter tout contact social et tout déplacement "non essentiels".

- Lourdes sans pèlerins -

Dans une France quasiment à l'arrêt, un lieu symbolique comme Lourdes (Sud-Ouest) a fermé son sanctuaire catholique, qui accueille d'ordinaire des pèlerins du monde entier.

Les 27 dirigeants de l'Union européenne ont acté mardi en sommet extraordinaire par visioconférence l'interdiction pendant 30 jours des entrées de personnes n'appartenant pas au bloc.

La "guerre" au virus se déroule aussi sur le terrain de l'économie. Gouvernements et banques centrales montent au créneau pour soutenir les marchés ainsi que les entreprises.

A Washington, le secrétaire au Trésor a évoqué "un plan de relance économique très important", comportant notamment l'envoi sous deux semaines de chèques aux Américains affectés. Il n'a pas précisé de chiffre, mais la presse américaine a évoqué la somme d'environ 850 milliards de dollars.

La France s'est dite prête à recourir à des nationalisations "si nécessaire". Rome a décidé de nationaliser la compagnie aérienne Alitalia en grande difficulté.

Les compagnies aériennes, qui craignent pour leur survie, réclament de l'aide: un sentiment de peur mêlé aux interdictions de voyager ont conduit à une baisse de la demande et à l'annulation de plus de 185.000 vols.

Plusieurs mastodontes industriels, surtout dans l'automobile, ont pris des mesures pour limiter ou suspendre leur production. Volkswagen a indiqué mardi qu'il allait fermer dès cette semaine la plupart de ses usines en Europe pour "deux à trois semaines".

L'Union des associations européennes de football (UEFA), a annoncé le report de la coupe d'Europe des Nations à 2021.

Au Japon, les festivités autour du relais de la flamme olympique, qui doivent commencer le 26 mars, ont été réduites.

En France, la mythique course cycliste Paris-Roubaix, qui devait se courir le 12 avril, a été reportée, comme le tournoi de tennis de Roland-Garros, déplacé en septembre.

- Etat d'urgence à Rio -

Dans le monde, la maladie Covid-19 a tué au moins 7.063 personnes, avec plus de 180.090 cas d'infection, selon un bilan établi par l'AFP à 09H00 GMT à partir de sources officielles.

Mais nombreux pays ne testant plus désormais que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière, le nombre des personnes infectées est probablement bien supérieur.

Il y a désormais plus de décès recensés ailleurs dans le monde qu'en Chine continentale (respectivement 3.837 et 3.226), point de départ de la pandémie.

L'Italie, pays le plus touché après la Chine, n'a pas "encore atteint le pic" de contagion, a averti son Premier ministre.

Au Brésil, l'état d'urgence a été déclaré à Rio et Sao Paulo, les deux plus grandes villes du pays.

En Grèce, les autorités ont décidé de prendre des mesures de confinement pour au moins 14 jours pour les migrants se trouvant dans des camps à travers le pays: seuls le personnel de ces centres sera autorisé à y pénétrer et les demandeurs d'asile ne pourront en sortir qu'en cas d'urgence.

- "Virus chinois" -

La Chine a affirmé la semaine dernière avoir "pratiquement jugulé" le virus et s'inquiète dorénavant des contaminations importées (143 cas). A Pékin, les arrivants de l'étranger sont désormais placés en quarantaine obligatoire de 14 jours.

Le ton est encore monté d'un cran entre Washington et Pékin.

"Il est venu de Chine. Je pense que c'est une formule très exacte": Donald Trump a revendiqué haut et fort la formule "virus chinois" qui a suscité l'ire des dirigeants chinois.

La course au vaccin et aux traitements est lancée dans le monde entier.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a fait briller une lueur d'espoir en indiquant attendre un vaccin contre le Covid-19 "avant l'automne", œuvre du laboratoire allemand CureVac.

Des essais cliniques sur des humains ont été entamés aux Etats-Unis, alors qu'en Russie les tests ont commencé sur des animaux, qui pourraient selon les autorités permettre de présenter un ou deux prototypes de vaccins en juin.

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