Au moins 65 Français de plus ont entamé dimanche une période de confinement dans les Bouches-du-Rhône, après l'atterrissage dans l'après-midi à Istres d'un avion qui ramenait en tout 250 personnes de Wuhan, épicentre de l'épidémie d'infection au nouveau coronavirus.

En fin d'après-midi, des bus ont emmené ces Français, sans qu'il ait été précisé dans l'immédiat si des ressortissants d'autres nationalités étaient aussi concernés, vers les lieux où ils vont effectuer leur période de confinement, ont constaté des journalistes de l'AFP

Ces lieux sont au nombre de deux dans les Bouches-du-Rhône: un centre de formation des pompiers à Aix-en-Provence et une résidence de vacances dans la station balnéaire de Carry-le-Rouet, près de Marseille. C'est dans cette dernière que les quelque 180 personnes, en majorité françaises, arrivées vendredi de Wuhan, séjournent depuis leur arrivée en France.

Les pays du G7 vont se concerter pour apporter une réponse face au nouveau coronavirus, a annoncé le ministre allemand de la Santé après un entretien téléphonique à ce sujet avec son homologue américain. "Cela ne sert à rien si un pays prend des mesures tout seul", a déclaré Jens Spahn, soulignant que cela s'ajoutait à la coordination européenne déjà en cours.

L'A380 qui s'est posé vers 14H30 sur la base militaire d'Istres, où avaient déjà débarqué les 180 personnes rapatriées de Chine vendredi, transportait, en comptant les Français, des passagers de 30 nationalités différentes, a précisé lors d'une émission sur RTL/LCI/le Figaro le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ajoutant qu'il y avait "beaucoup d'Européens".

"Les pays concernés, pour une bonne partie d'entre eux, vont nous permettre d'assurer un bord à bord permettant le retour de ces personnes dans les pays d'origine", a-t-il déclaré, sans fournir plus de précisions techniques sur les lieux où se feraient ces transferts.

Le chef de la diplomatie a aussi salué une coopération "remarquable" avec les autorités chinoises. "Tous les Français qui ont demandé à être rapatriés le sont", a-t-il dit, précisant que le rapatriement du personnel diplomatique français n'était pas à l'ordre du jour.

- Premier décès hors de Chine -

A Paris, une réunion interministérielle doit avoir lieu dimanche soir autour du Premier ministre au sujet du coronavirus, au sujet duquel l'inquiétude a été relancée après l'annonce d'un premier décès hors de Chine, aux Philippines. L'épidémie a fait plus de 300 morts en Chine, où elle a contaminé plus de 14.000 personnes, et s'est propagée dans 24 pays. En France, six cas ont été confirmés: ils sont tous hospitalisés, un à Bordeaux et cinq à Paris, dont deux en réanimation.

Comme lors du précédent vol, aucun des passagers qui sont arrivés à Istres ne présentait de symptômes d'une infection au nouveau coronavirus apparu à Wuhan, où ils ont embarqué, au départ de l'avion, a assuré Adrien Taquet, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé.

Selon la Croix-Rouge, qui gère la logistique et l'animation de centre de vacances de Carry-le-Rouet depuis vendredi, il y restait dimanche matin "une cinquantaine de places d'hébergement". En début d'après-midi, des affaires de toilette y avaient été préparées pour les futurs nouveaux arrivants, a constaté un des trois journalistes de l'AFP qui y sont confinés depuis leur retour de Wuhan. Vers 18H15, un bus transportant de nouveaux rapatriés y est arrivé depuis Istres.

Parmi les nouveaux arrivants, selon les autorités, les familles devaient être prises en charge dans le centre de Carry-le-Rouet, où les habitants et les touristes ont célébré dimanche le premier jour du festival des "oursinades" --l'occasion pour un restaurateur local d'offrir un plateau d'oursins aux personnes confinées, selon un des journalistes de l'AFP présents dans la résidence hôtelière.

Adrien Taquet a assuré dimanche que l'arrivée de nouvelles personnes en provenance de Chine dans ce centre situé au milieu d'une pinède, dans une calanque, ne présentait pas de risque de contagion pour les personnes déjà présentes et ne rallongerait pas la durée de leur confinement.

- "Rien ne sort" -

D'autres rapatriés arrivés dimanche ont été placés en quarantaine à Aix-en-Provence, dans une école d'officiers de sapeurs-pompiers, l'Ensosp, qui peut accueillir plus de 500 personnes et où un premier car a débarqué ses passagers peu avant 19H00. L'Ensosp, entièrement fermé et grillagé, est situé en zone rurale, loin des habitations, à une dizaine de kilomètres du centre-ville d'Aix-en-Provence.

D'abord "surprise" par le choix de sa commune, Maryse Joissains-Masini, la maire LR d'Aix, a assuré vouloir "être solidaire". Elle a indiqué que l'accès au lieu était drastiquement surveillé, et le confinement total: "tout se fait en interne, rien ne sort". La mairie organisera une réunion d'information pour les habitants du quartier mardi matin.

A leur arrivée en France vendredi, deux personnes qui présentaient des symptômes d'infection au nouveau coronavirus ont été hospitalisées à la Timone. Elles ont été testées négativement au coronavirus.

L'une d'elles a regagné le centre de Carry samedi soir, tandis que l'autre, "pas atteinte par le virus, nécessite des soins et doit rester à l’hôpital", a indiqué la préfecture des Bouches-du-Rhône.