Hospitalisée à cause du Covid-19 et victime de difficultés respiratoires, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot doit recevoir de l'oxygène supplémentaire, une annonce qui frappe les esprits au moment où les hôpitaux sont sous l'eau et l'épidémie semble de moins en moins contrôlée en France.

"Je suis prise en charge par des soignants exceptionnels et bénéficie désormais d'une oxygénothérapie renforcée", a tweeté la ministre jeudi à la mi-journée, au lendemain de l'annonce de son hospitalisation par son entourage.

"Hier (mercredi) soir, elle ne se sentait plus assez bien avec la dose d'oxygène qui lui était délivrée. Les médecins ont par conséquent décidé de l'augmenter", a dit à l'AFP un membre de l'entourage de la ministre, âgée de 74 ans.

L'ancienne ministre de la Santé avait annoncé samedi sur Twitter avoir été testée positive "à la suite de symptômes respiratoires". Elle a reçu une première dose de vaccin le 17 mars, ce qui semble indiquer que sa contamination a eu lieu peu avant ou juste après.

- "Tout est plein" -

Le Covid touche le gouvernement à l'heure où il est appelé à agir davantage contre l'épidémie.

Le Rhône, la Nièvre et l'Aube vont ainsi s'ajouter aux seize départements soumis depuis samedi à la fermeture de nouveaux commerces et à l'interdiction de se déplacer au-delà de 10 km sauf dérogation. L'annonce a été formalisée jeudi par le ministre de la Santé Olivier Véran, lors de la conférence de presse du gouvernement.

Dans ces trois départements, le taux d'incidence progresse à grande vitesse depuis au moins deux semaines, approchant ou dépassant les 400 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours dans le Rhône, notamment à Lyon, et dans l'Aube, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale (250).

Poussé par le variant anglais, jugé plus contagieux et plus virulent, le virus a progressé quasiment partout en France en mars, un scénario prévu par les épidémiologistes dès janvier. La barre des 200.000 nouveaux cas de Covid a été dépassée la semaine dernière, une première depuis début novembre.

La vaccination, qui a déjà permis de faire fortement baisser la mortalité en Ehpad, progresse (6,8 millions de premières doses et 2,5 millions de deuxièmes doses), mais trop lentement pour protéger toute la population. Depuis le début de la semaine, près de 900 personnes touchées par le Covid-19 sont mortes à l'hôpital, soit plus de 93.000 depuis le début de l'épidémie.

"Dans les 15 prochains jours, ce qui est certain c'est que la pression sanitaire va augmenter" sur les hôpitaux, a prévenu le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans l'émission Quotidien (TMC) mercredi soir, au moment où 4.651 malades étaient soignés en réanimation en France, un peu moins qu'au pic de la 2e vague (4.900 le 16 novembre).

- Plus de vacances? -

En déplacement à l'hôpital de Melun, le Premier ministre Jean Castex a qualifié la situation d'"extrêmement préoccupante", notamment en Ile-de-France, où le taux d'incidence dépasse désormais les 600 cas pour 100.000 habitants et où 1.410 malades sont soignés dans un service de réanimation, soit 300 de plus que lors de la 2e vague.

"Des équipes extraordinaires de force prennent en charge des patients de plus en plus jeunes, très jeunes, touchés par des formes particulièrement sévères. Protégeons-nous, protégeons les autres, en limitant nos contacts", a tweeté le directeur de l'Agence régionale de santé, Aurélien Rousseau.

La saturation touche l'Ile-de-France, la région Provence Alpes Côte d'Azur et les Hauts-de-France. Dans cette région, les hospitalisations ont dépassé les niveaux atteints lors des deux premières vagues.

"Il faut impérativement plus que jamais face à cette troisième vague serrer les coudes et respecter toutes les règles que nous avons édictées", a martelé Jean Castex.

Mais pour certains, il est temps de reposer la question des écoles. La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a suggéré d'avancer de deux semaines les vacances scolaires d'avril, "afin de fermer les écoles dès le 2 avril" en Ile-de-France.

Seulement en "ultime recours, parce qu'on sait le coût éducatif, le coût social", a répondu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur France Inter.

"Quand on ferme, c'est qu'on n'a vraiment plus le choix", a souligné Olivier Véran mercredi soir, en disant qu'il faudrait attendre la "fin du week-end ou le début de semaine prochaine" pour mesurer l'efficacité des nouvelles mesures.