Huit départements vont à leur tour avancer dimanche leur couvre-feu à 18H00, une mesure contestée mais jugée nécessaire pour tenter d'éviter une "course folle" de l'épidémie de Covid-19 sur le territoire, où la détection du nouveau variant britannique inquiète.

"Nous mettons tout en oeuvre pour empêcher la diffusion de ce variant", a assuré le ministre de la Santé Olivier Véran, dimanche matin sur Europe 1.

"Je ne veux pas que nous vivions" la même situation "catastrophique" qu'en Angleterre et en Ecosse, qui ont dû se reconfiner, a-t-il ajouté.

La France prend des "mesures proportionnées" face à une "croissance lente de la circulation du virus", et "s'il y a lieu de prendre des mesures supplémentaires (ce sera) si nous constatons que le virus reprenait une course folle sous la forme d'une vague, ce qui n'est pas le cas à l'heure à laquelle je vous parle", a assuré le ministre, interrogé sur un possible reconfinement.

Pour tenter d'éviter un nouveau rebond, le Cher, l'Allier, la Côte-d'Or, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, ainsi que le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône ont décidé d'avancer leur couvre-feu à 18H00. Ils rejoignent ainsi quinze autres départements, essentiellement de l'Est de la France.

Le Var et la Drôme feront de même mardi. Les préfectures de Haute-Savoie et de l'Yonne ont en revanche maintenu le couvre-feu à 20H00 comme ailleurs.

- Voir plus clair -

Le Premier ministre Jean Castex a défendu samedi des "mesures difficiles mais nécessaires face à une épidémie (qui) ne faiblit pas", et "se renforce dans certaines zones".

L'avancement du couvre-feu est contesté par des élus locaux, doutant de son efficacité sur le plan sanitaire et par craintes de retombées économiques.

"A 18H00, la population à risque est déjà chez elle et on va mettre en difficulté les commerçants, les restaurants qui font de la vente à emporter, les stations-service, les boulangeries", a ainsi fait valoir le président des maires du Vaucluse, Jean-François Lovisolo, "très réservé".

Mêmes réserves à Marseille, émises d'une seule voix par la mairie, à gauche, et la région, à droite.

Le préfet des Bouches-du-Rhône a justifié sa décision notamment après la découverte d’un "probable" cluster du variant britannique. La mutation y a été identifiée au sein d'une famille française de cinq personnes, résidant au Royaume-Uni et venue à Marseille pour les fêtes, après un test le 31 décembre. Ensuite, une quarantaine de personnes contact ont été identifiées et 24 ont été testées positives au Covid-19. On ignore si elles sont porteuses de la mutation.

Jusqu'où le variant circule-t-il en France ? Les autorités sanitaires devraient commencer à y voir plus clair la semaine prochaine, a expliqué M. Véran.

Une opération de dépistage massif s'est déroulée samedi à Bagneux, en banlieue parisienne, où un animateur scolaire a été détecté positif au variant.

A Roubaix, dans le Nord, débutera lundi une vaste campagne de tests PCR et antigéniques, comme au Havre fin décembre, avec le variant en ligne de mire grâce à un séquençage génétique.

Mais il y a fort à parier que la mutation, qui semble plus contagieuse, circule déjà activement.

- Vers 100.000 vaccins -

Une enquête nationale a été lancée pour en faire une "première cartographie" en se fondant sur tous les tests positifs de jeudi et vendredi.

A l'aune des premiers résultats, ainsi que des probables retombées des fêtes de fin d'année, deuxième sujet de préoccupation, de nouvelles restrictions pourraient être prises.

"Il n'y a pas lieu à ce stade d'envisager la fermeture des écoles", en prolongeant par exemple les vacances de février, a estimé M. Véran. Même si les indicateurs de l'épidémie restent inquiétants, a-t-il rappelé, avec en moyenne 18.000 cas par jour et une "pression hospitalière" qui ne baisse pas (2.600 cas graves en réanimation).

Sur le front des vaccins, après de vives critiques sur la lenteur au démarrage de la campagne, le pays devrait "dépasser les 100.000" vaccinés ce week-end, a souligné le ministre, se disant serein face aux "fausses polémiques".

Concernant le vaccin de l'Américain Moderna, qui vient d'être validé par les autorités sanitaires, la France va recevoir lundi "une livraison de 50.000 premières doses", qui seront "dispatchées" d'ici à mercredi dans les zones où le virus circule le plus, a-t-il ajouté.

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