Le couvre-feu dès 18H00 élargi à d'autres départements, voire généralisé à tout le pays? L'exécutif doit trancher jeudi sur de nouvelles restrictions face au Covid-19, alors que la vaccination entre dans une nouvelle phase avec l'ouverture aux plus de 75 ans des inscriptions.

Au lendemain d'un nouveau Conseil de défense sanitaire, Jean Castex tient une conférence de presse à 18H00, entouré de pas moins de six ministres: Olivier Véran (Santé), Jean-Michel Blanquer (Education nationale), Bruno Le Maire (Economie et Finances), Elisabeth Borne (Travail), Roselyne Bachelot (Culture) et Frédérique Vidal (Enseignement supérieur).

Dans la matinée, le Premier ministre s'est rendu à Metz, sur le thème de la vaccination qui, après un démarrage critiqué pour sa lenteur, doit continuer sa montée en régime: quelque cinq millions de personnes de plus de 75 ans pourront s'inscrire dès jeudi, sur internet ou par téléphone, pour se faire vacciner à partir de lundi prochain.

"Grâce à tout ce qui est mis en place, l'adhésion à vaccination augmente et c'est une excellente chose", s'est-il réjoui. "J'en profite pour dire qu'il faudra aussi être patient, parce qu'évidemment ça va susciter un rush".

Selon un sondage Elabe, la part des Français ayant l'intention de se faire vacciner devient majoritaire pour la première fois depuis la mi-novembre (47%, +9 points en une semaine).

Si l'extension du couvre-feu dès 18H00 au-delà des 25 départements déjà concernés, semble acquise, reste à en déterminer son ampleur.

"L'intérêt, c'est de contrer +l'effet apéro+," souligne le patron de La République en marche, Stanislas Guerini pour justifier la mesure qui, selon lui, a déjà permis "une circulation moins importante" du virus où elle s'applique déjà.

"Toutes les mesures qui seront annoncées nous les soutiendrons par principe" face à cette "pandémie dramatique", a commenté par avance l'eurodéputé EELV Yannick Jadot sur France Inter.

Le vice-président du RN Jordan Bardella a en revanche critiqué sur LCI ce couvre-feu avancé, une mesure "injustifiée", "inefficace", voire "contre-productive", qui risque de "créer un report de l'afflux" dans les commerces à d'autres heures de la journée.

Un reconfinement semble pour l'instant écarté, même si l'exécutif s'inquiète de la circulation du variant "VOC 202012/01", qui a provoqué une flambée épidémique au Royaume-Uni.

Alors que plusieurs autres voisins européens - dernier en date, le Portugal - ont décidé de se reconfiner, les Français semblent eux-mêmes s'y résigner: selon le sondage Elabe, ils sont 83% à penser qu'un troisième confinement aura lieu "dans les prochaines semaines".

- "J'avais hâte" -

"Faisons tout pour éviter un autre confinement, y compris pour des raisons sanitaires", a plaidé sur franceinfo le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, en invoquant les dépressions, les suicides.

"On n'est pas dans l'extrême urgence", a estimé mercredi le président du Conseil scientifique qui guide les choix de l'exécutif, Jean-François Delfraissy, qui recommande de laisser les écoles ouvertes. Le gouvernement a déjà annoncé qu'il ne fermerait les écoles qu'en "ultime recours", mais un protocole plus strict dans les cantines n'est pas exclu.

Environ 20.000 nouveaux cas sont comptabilisés chaque jour - plus de 23.000 mercredi -, loin des 5.000 espérés à la mi-décembre par le gouvernement. Et la pression hospitalière ne faiblit pas.

"On est dans une sorte de course de vitesse entre l'apparition de ce variant" et "la vaccination des personnes les plus fragiles", explique M. Delfraissy.

Selon le dernier bilan, plus de 247.000 personnes ont reçu leur première injection, alors que la France disposait la semaine dernière d'un million de doses du vaccin Pfizer/BioNTech.

Les cinq millions de 75 ans et plus peuvent s'inscrire depuis ce jeudi, sur internet ou par téléphone, pour se faire vacciner à partir de lundi.

"J'avais hâte: ça commence à être long de ne plus voir nos amis et de végéter entre quatre murs!", a commenté Marie-Dominique, 81 ans, qui, comme son mari, aura sa première injection le 20 janvier et la deuxième le 10 février à Lyon, après un RDV pris par leur fille sur Doctolib, l'une des trois plateformes privées sélectionnées par l'Etat avec Keldoc et Maiia.

Quelque 130 sportifs, comme le nageur Florent Manaudou, le footballeur Olivier Giroud ou le décathlète Kevin Mayer, ou encore Yannick Noah, se sont engagés à l'appel de la radio RMC en faveur de la vaccination.