La Suisse est devenue samedi le premier pays d'Europe continentale à autoriser un vaccin contre le Covid-19, le Pfizer/BioNTech, tandis que l'Italie va se reconfiner pour les fêtes de fin d'année dans l'espoir d'éviter un nouveau rebond des contaminations.

C'est la première fois qu'un vaccin contre le coronavirus est autorisé en Europe continentale. La décision de la Suisse intervient après les autorisations pour le même vaccin de plus de 15 pays, dont les Etats-Unis, le Canada, l'Arabie Saoudite, le Bahrein, le Royaume-Uni, la Jordanie, Singapour ou le Mexique.

L'autorité de régulation sanitaire nationale Swissmedic "a conclu que le vaccin contre le Covid-19 de Pfizer/BioNTech est sûr et que ses avantages l'emportent sur les risques".

"Nous avons pu prendre cette décision rapidement, tout en nous assurant du respect des trois conditions essentielles : la sécurité, l'efficacité et la qualité", a déclaré le directeur de Swissmedic Raimund Bruhin.

- "Noël en rouge" -

Le gouvernement fédéral suisse avait annoncé vendredi de nouvelles mesures pour tenter d'enrayer l'épidémie.

La Suisse enregistre chaque jour plus de 4.000 nouvelles infections et plus d'une centaine de morts. Au total, le pays a enregistré 400.000 cas et 6.000 morts depuis le début de la pandémie.

L'Italie, l'un des pays les plus durement touchés par la pandémie qui y a fait plus de 68.000 morts, va se reconfiner pour les fêtes de fin d'année dans l'espoir d'éviter un nouveau rebond des contaminations au Covid-19.

Le Premier ministre Giuseppe Conte a annoncé vendredi soir un nouveau confinement du 21 décembre au 6 janvier. "Nos experts craignent que la courbe de contagion n'augmente pendant la période de Noël", a justifié le chef de l'exécutif.

Toute l'Italie sera classée "rouge" pour les fêtes, mais les Italiens auront le droit de sortir de chez eux pour participer à un repas de famille à couverts limités, a tranché un décret publié samedi.

"Fermeture à moitié : oui au dîner", "Noël en rouge, avec deux parents" : les journaux italiens annonçaient la mauvaise nouvelle samedi en insistant sur la possibilité de retrouvailles familiales restreintes pour les fêtes.

Aux Etats-Unis, l'agence fédérale des médicaments (FDA) a accordé vendredi une autorisation en urgence au vaccin de la firme de biotechnologies Moderna. Lequel va donc rejoindre celui de l'alliance Pfizer/BioNTech dans l'immense campagne de vaccination qui a débuté lundi aux Etats-Unis.

Le vaccin de Moderna a été jugé sûr par la FDA dans une synthèse des données publiées plus tôt cette semaine, qui a confirmé une efficacité moyenne de 94,1%.

"Avec deux vaccins désormais disponibles pour la prévention contre le Covid-19, la FDA a franchi une nouvelle étape cruciale dans la lutte contre cette pandémie", a salué son chef, le Dr Stephen Hahn.

La distribution des doses devrait rapidement commencer. Les Etats-Unis ont pré-acheté 200 millions de doses du vaccin de Moderna et 100 millions à Pfizer. Les deux vaccins se prennent en deux doses espacées de quatre et trois semaines, respectivement.

Les Etats-Unis sont confrontés à un rebond spectaculaire de l'épidémie, avec plus de 313.000 morts et plus de 17,4 millions de cas confirmés de Covid-19.

- Macron "stable" -

Le vice-président américain Mike Pence a reçu vendredi le vaccin de Pfizer-BioNTech, l'injection étant retransmise en direct à la télévision. Le président élu Joe Biden sera quant à lui vacciné lundi.

Dans l'UE, la vaccination devrait débuter les 27, 28 et 29 décembre, selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L'Agence européenne des médicaments se penchera lundi sur le sort du vaccin Pfizer-BioNTech qui devrait être autorisé dans les deux jours par la Commission. L'examen, et la possible autorisation, du vaccin Moderna a été avancé d'une semaine, au 6 janvier.

Le Premier ministre slovaque Igor Matovic a annoncé vendredi avoir été testé positif au Covid-19, une semaine après avoir assisté à un sommet de l'UE à Bruxelles.

On soupçonne que c'est lors de ce sommet que le président français Emmanuel Macron a contracté le virus, ce qui a poussé certains dirigeants européens et de hauts responsables français qui l'avaient rencontré à s'isoler.

Le président français, à l'isolement dans la résidence officielle de La Lanterne à Versailles, près de Paris, présentait samedi "un état de santé stable" par rapport à la veille et les résultats de ses examens cliniques et paracliniques "se sont révélés rassurants", a indiqué la présidence.

Le seuil des 60.000 morts du Covid-19 a été franchi vendredi dans le pays.

Le président du Conseil européen Charles Michel et les chefs de gouvernement portugais Antonio Costa, espagnol Pedro Sanchez (testé négatif) et luxembourgeois Xavier Bettel se sont mis en quarantaine par précaution après avoir rencontré M. Macron.

La pandémie a fait au moins 1,67 million de morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles vendredi. Derrière les Etats-Unis, le Brésil est le pays le plus endeuillé avec 185.650 morts et 7,1 millions de cas. L'Inde a dépassé samedi le seuil des 10 millions de cas pour 145.136 morts.

En Afrique du Sud, les autorités ont annoncé vendredi qu'une nouvelle variante du coronavirus, la "501.V2", avait été détectée, ce qui pourrait expliquer la virulence de la deuxième vague de contamination qui frappe le pays, et notamment les patients plus jeunes et sans antécédents médicaux.

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