Ca passe pour Paris et sa région, mais le Pas-de-Calais n'échappera pas au confinement le week-end: face à l'épidémie de Covid-19 qui ne ralentit pas et la tension dans les hôpitaux, le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures restrictives jeudi.

"Nous constatons de fortes tensions sur le système hospitalier, une hausse du nombre de cas mais pas une explosion, sans homogénéité territoriale (...) Mais un confinement national ou le week-end n'est pour nous qu'un dernier recours", a expliqué à l'AFP une source gouvernementale, sans même attendre la conférence de presse du Premier ministre Jean Castex jeudi.

Selon cette source gouvernementale, ces restrictions vont être appliquées dans ces départements, au cas par cas et en concertation avec les élus locaux, visant en particulier les lieux de brassage.

Mais l'objectif de l'exécutif est d'éviter au maximum le reconfinement local, au moment où des pays voisins comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne passent au déconfinement progressif.

Pour faire passer "le gros temps" qui s'annonce, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a tenté mercredi de redonner espoir, voyant un "retour à une vie plus normale (...) peut-être dès la mi-avril".

"Il faut tenir encore quelques semaines, quatre à six semaines", entre maintien des restrictions et vaccinations, avait lâché lundi Emmanuel Macron à un étudiant.

Dans cette perspective, Emmanuel Macron a réuni mercredi Jean Castex et les ministres concernés pour étudier les différents scénarios de réouverture des lieux publics et les contours d'un éventuel "pass sanitaire" pour y accéder que le Premier ministre pourrait détailler jeudi.

En attendant, le Pas-de-Calais sera le premier des 20 départements placés sous "surveillance renforcée" à inaugurer le confinement le week-end, après les agglomérations de Nice et Dunkerque la semaine passée.

- "Rupture d'égalité" -

Dans ce départment, où les hôpitaux sont saturés, le gouvernement a proposé un confinement pour les trois prochains week-ends, en concertation avec les élus qui réclamaient eux les premiers des mesures fortes. "Nous faisons cet effort pour trois week-ends mais nous voulons notre dû pour les vaccins", a affirmé la maire LR de Calais Nathalie Bouchart, estimant que le département avait été "sous-doté".

Il faut globalement "renforcer la politique de tests et d'isolement et accélérer la vaccination", convient la source gouvernementale, l'une des pistes étant d'autoriser rapidement les pharmaciens à vacciner.

Le maire LR du Touquet Daniel Fasquelle a lui dénoncé mercredi soir sur BFMTV "une rupture d'égalité" et une politique de "deux poids - deux mesures" face au département du Nord voisin ou à l'Ile-de-France, en soulignant la colère des commerçants.

La maire de Paris Anne Hidalgo réitère, elle, elle dans Le Parisien son opposition à un nouveau confinement, y compris le week-end, une mesure qu'elle juge "inhumaine dans une ville très dense" comme Paris, "d'autant que rien ne prouve son efficacité".

Dans les 20 départements surveillés, dont toute la région parisienne, touchée par le variant anglais du virus plus contagieux, certains ont vu leur taux d'incidence monter en flèche. C'est le cas du Pas-de-Calais et la Seine-Saint-Denis, qui dépassent les 400 cas pour 100.000 habitants sur sept jours, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale fixé à 250 par les autorités sanitaires. A Dunkerque, il a dépassé le millier.

"Même si on observe l'impact très probable de la vaccination, et en particulier sur les plus vulnérables du fait de leur âge, la situation reste préoccupante", a souligné de son côté mercredi matin la directrice de Santé publique France, Geneviève Chêne, pour qui "globalement, le taux de mortalité diminue légèrement à la mi-février, de -5%".

La France a dépassé les 3 millions de personnes qui ont reçu une première dose de vaccin, en majorité des personnes âgées et des soignants, et le ministre de la Santé Olivier Véran a fait miroiter une accélération en mars, avec "une première vaccination" promise à "6 millions de Français".

Au niveau national, le nombre de nouvelles contaminations en 24 heures était de 26.788 mercredi soir. Et le nombre de patients atteints de Covid-19 soignés en réanimation continue également de progresser, avec 3.637 malades mercredi, soit le niveau le plus élevé depuis fin novembre. Mais ce chiffre reste éloigné du pic de la 2e vague de l'automne (4.900) et surtout, de la 1ère vague au printemps (7.000).

326 nouveaux décès ont été comptabilisés dans les hôpitaux mercredi, un rythme qui demeure stable. Depuis le début de l'épidémie, plus de 87.000 personnes sont décédées du Covid en France.

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