La vaccination contre le nouveau coronavirus franchit une nouvelle étape dans le monde avec près de 200.000 vaccinés en Inde et une accélération des campagnes en Europe, où des responsables se voulaient rassurants sur les délais de livraison.

L'Inde, deuxième nation la plus peuplée de la planète avec 1,3 milliard d'habitants, a vacciné samedi plus de 190.000 personnes au cours d'une première journée. En même temps, la France va lancer lundi sa campagne "grand public" et l'Espagne administre une deuxième dose.

Parallèlement, des responsables se sont montrés rassurants sur les ralentissements des livraisons de vaccins Pfizer en Europe, au moment où plusieurs pays, confrontés à une propagation de variants du virus, durcissent les restrictions pour enrayer la pandémie de Covid-19.

- Un "sauveur de vies" -

"Nous avons eu des retours encourageants et satisfaisants au premier jour", a déclaré samedi le ministre indien de la Santé, Harsh Vardhan à ses homologues dans les Etats indiens. "Ce vaccin va en effet être un +Sanjeevani+ (sauveur de vies)".

Cette première journée de vaccination est considérée une réussite, plus de 190.000 personnes ayant reçu une première dose.

Le ministère indien de la Santé a affirmé qu'aucun "cas d'hospitalisation post-vaccination" n'a été signalé, mais des médias locaux ont affirmé qu'un agent de sécurité de l'All India Institute of Medical Sciences (AIIMS), principal hôpital public du pays, avait développé une réaction allergique après avoir reçu son injection.

L'Inde compte vacciner d'ici juillet 300 millions de personnes, presque l'équivalent de la population américaine, dans le cadre de l'une des plus grandes campagnes de vaccination au monde.

Celle-ci repose sur deux vaccins: Covaxin développé par Bharat Biotech et le Conseil indien de la recherche médicale; et Covishield, la version mise au point par AstraZeneca et l'université d'Oxford. Tous deux produits par le Serum Institute of India et approuvés "en urgence", début janvier.

L'Inde est le deuxième pays le plus touché - après les Etats-Unis - par le Covid-19, avec plus de 10 millions de cas déclarés, même si officiellement le taux de mortalité y est l'un des plus faibles du monde.

- Campagne élargie en France -

En Europe, la France se prépare à élargir lundi la vaccination pour tenter de gagner une rude bataille contre le virus qui a déjà fait plus de 70.000 morts, au lendemain d'une première soirée sous cloche, avec un couvre-feu avancé à 18 heures dans tout le pays.

La campagne va s'élargir aux personnes de plus de 75 ans ne vivant pas en maison de retraite (5 millions de personnes), ainsi qu'à près de 800.000 personnes présentant des pathologies à "haut risque" (insuffisances rénales chroniques, cancer sous traitement...).

Plus d'un million de rendez-vous pour les deux injections avaient été pris dès vendredi, alors que 833 centres étaient "ouverts et accessibles à la réservation", selon le ministre de la Santé Olivier Véran.

De son côté, l'Espagne a commencé dimanche à administrer une deuxième dose du vaccin contre le Covid-19 aux personnes prioritaires qui avaient reçu une première dose en décembre.

Une femme de 85 ans, Leocadia Peña, résidant dans une maison de retraite en Catalogne, a été l'une des premières.

Six autres régions commençaient ce dimanche à administrer une deuxième dose, les autres devant le faire à partir de lundi.

Après avoir franchi la semaine dernière la barre symbolique des deux millions de cas confirmés, l'Espagne a enregistré vendredi un nombre record de 40.197 cas en 24 heures.

L'Europe, région la plus endeuillée, compte beaucoup sur le vaccin de l'alliance américano-allemande Pfizer-BioNTech, alors que les pays traversent une deuxième vague virulente, face à un variant britannique considéré par des scientifiques comme jusqu'à 74% plus contagieux.

Les deux laboratoires ont assuré samedi avoir mis en place un "plan" pour limiter à une semaine les retards de livraison de leur vaccin, alors que l'Europe craignait de voir faiblir les livraisons de doses pendant "trois à quatre semaines".

Vendredi, ils avaient annoncé de façon inopinée ne pas être en mesure de fournir la quantité de doses à laquelle ils s'étaient engagé, déclenchant le courroux des pays européens, déjà critiqués pour la lenteur de la campagne de vaccination.

- "Plus sûr, moins cher, plus vite" -

De son côté, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a assuré dimanche que le retard de Pfizer "n'aura pas d'impact la semaine prochaine sur le rythme de la vaccination".

Il a appelé à faire confiance au cadre européen pour les commandes. "Ca permet de commander plus, plus sûr, moins cher, plus vite", a-t-il fait valoir.

Dans plusieurs pays, les restrictions se durcissent alors que les variants du virus se propagent.

L'Italie a interdit samedi les vols en provenance du Brésil en raison d'un nouveau variant découvert dans ce pays, et va reconfiner à partir de lundi trois régions jugées à haut risque de contagion.

En Colombie comme au Liban, où les autorités ont imposé un confinement strict, les hôpitaux sont saturés.

Le Cambodge a annoncé samedi une "aide" de la Chine qui va lui fournir un million de doses de son vaccin Sinovac. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Li a promis aux Philippines un don de 500.000 doses de vaccin.

Selon le dernier bilan de l'AFP, le Covid-19 a fait au moins 2.022.740 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019.