Traçage des personnes contaminées et tests Covid-19 obligatoire pour passer une frontière ou embarquer à bord d'une croisière: face à la crainte d'une seconde vague, et d'un reconfinement, les mesures visant à isoler rapidement tout nouveau foyer de contamination se multiplient mercredi à travers le monde.

En Angleterre, dans les régions où la transmission du virus est élevée, les adultes et les élèves devront désormais se couvrir le visage lorsqu'ils se déplacent au sein des établissements secondaires. Le port du masque ne sera cependant pas obligatoire dans les salles de classe, où les risques sont jugés moins élevés.

En France, également théâtre d'une hausse des contaminations, un renforcement des mesures anti-Covid a aussi été décidé à Marseille, la deuxième ville du pays.

-"Esprit de responsabilité"

Le port du masque sera obligatoire à partir de mercredi soir dans tout Marseille et les bars et restaurants doivent fermer à 23H00 dans tout le département des Bouches-du-Rhône, dont Marseille est la capitale.

Le Premier ministre français Jean Castex a appelé la population "à l'esprit de responsabilité" pour porter le masque.

"Il faut que tout le monde se sente concerné par la lutte contre l'épidémie", a insisté M. Castex, alors que plus de 3.000 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en France lors des dernières 24 heures.

"Aucun élément en ma connaissance ne me permet d'affirmer que la Covid-19 a baissé en virulence", a en outre assuré Jean Castex, soulignant cependant qu'un reconfinement généralisé n'était "pas un objectif".

En Espagne, le gouvernement a mobilisé quelque 2.000 soldats pour renforcer ses opérations de traçage, afin de pallier un manque de moyens humains dans les régions les plus touchées.

"Nous ne pouvons pas permettre que la pandémie recommence à prendre le contrôle de notre vie", a insisté le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, déterminé à "casser cette deuxième courbe" de contagions.

Dans le secteur des croisières, le groupe Costa, filiale du géant américain Carnival, effectuera des tests sur tous les passagers de ses navires avant l'embarquement, à la reprise progressive de ses activités au départ des ports italiens le 6 septembre.

A l'autre bout du monde, la Corée du Sud va plus loin en repassant à partir de mercredi l'intégralité des établissements scolaires de Séoul et de sa région en enseignement à distance.

En Birmanie, les autorités ont élargi le verrouillage de l'Etat Rakhine, confinant un million de personnes pour tenter d'endiguer la propagation du virus.

La Namibie a quant à elle annoncé la réouverture la semaine prochaine sous conditions de son territoire aux touristes étrangers, une de ses principales sources de revenus. Mais ils devront présenter les résultats d'un test négatif datant de moins de 72 heures.

Au Brésil, le fils aîné du président brésilien Jair Bolsonaro, le sénateur Flavio Bolsonaro, a été diagnostiqué positif au coronavirus.

"Je me soigne à la maison avec de l'hydroxychloroquine", a tweeté celui dont le père est un infatigable promoteur de ce traitement qui, selon plusieurs études scientifiques, est inefficace voire dangereux.

- Usain Bolt rattrapé par le Covid -

La légende jamaïcaine du sprint Usain Bolt a également contracté le coronavirus, a confirmé son agent sur CNN, assurant que l'octuple médaillé d'or olympique, actuellement en quarantaine, "ne ressent aucun symptôme".

La pandémie de coronavirus continue sa lente progression, mais les dernières données hebdomadaires publiées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) montrent un ralentissement dans la plupart des régions, à l'exception de l'Asie du Sud-Est et de la Méditerranée orientale.

Le bilan mondial des victimes de la pandémie établi par l'AFP à partir de sources officielles s'établit désormais à plus de 814.000 morts depuis fin décembre.

Les États-Unis sont le pays le plus touché avec 178.347 décès, dont 1.132 sur les dernières 24 heures. Suit le Brésil avec 116.580 morts, dont 1.271 sur la même période (pendant laquelle la France a enregistré 16 décès, à titre de comparaison).

- Corruption exacerbée -

A travers le monde, la grogne sociale grandit, notamment au Brésil. Ingrid dos Santos, infirmière dans un hôpital de campagne de Rio de Janeiro destiné à traiter le Covid-19, ne reçoit ainsi pas son salaire depuis mai, vraisemblablement englouti par la corruption, l'autre maladie derrière l'épidémie de coronavirus au Brésil.

"Où est passé l'argent ? Personne ne le sait... Tout ce que nous savons, c'est qu'au bout du compte, les personnes qui travaillent en première ligne sont oubliées", déplore auprès de l'AFP cette mère de deux enfants.

Le virus continue de plomber les économies, notamment les secteurs aérien et du tourisme, qui devraient mettre plusieurs années à s'en remettre.

Le Monténégro, dont l'économie dépend largement du tourisme, souffre, notamment le port de Kotor, habituellement submergé en cette saison de hordes de touristes et de bateaux de croisière.

"Nous sommes conscients désormais de notre dépendance de cette cohue estivale", reconnaît Branko Radulovic, qui loue des appartements dans cette ville classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

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