Entre esprit de Noël et la bonne nouvelle de l'approbation d'un vaccin, les Anglais ont repris mercredi le chemin des magasins après quatre semaines de confinement, retournant à un système de restrictions régionales.

Dans le grand magasin Selfridges à Londres, boules à facettes, musique et père Noël ont accueilli les clients masqués qui ont pu pour la première fois depuis quatre semaines déambuler dans les allées pour faire leurs courses pour les fêtes.

"Je suis tellement contente d'être de retour, et avec Noël, c'est super", se réjouit Charlotte Cobb, un masque représentant le museau d'un chat sur le visage.

"Ce Noël" n'est "certainement pas celui que nous aurions anticipé l'année dernière", souligne Maeve Wall, directrice du magasin. "Il va être différent pour nous, il ne nous reste plus que trois semaines et demi", déclare-t-elle à l'AFP.

Magasins, salles de sport peuvent rouvrir, services religieux et mariages reprendre. Les habitants peuvent désormais se réunir, à six maximum, et à l'extérieur uniquement si leur région est concernée par le niveau d'alerte le plus élevé.

Mais la fin de ce deuxième confinement laisse 99% de la population de l'Angleterre soumise à des règles contraignantes interdisant à des foyers différents de se retrouver chez eux ou au restaurant ou n'autorisant les pubs à fonctionner, dans le meilleur des cas, qu'à condition de servir un repas.

Elle coïncide surtout avec l'autorisation du vaccin contre le Covid-19 de l'Allemand BioNTech et de l'Américain Pfizer, le premier approuvé par un pays occidental, avec l'horizon d'un retour à normale dans les mois qui viennent pour une population lassée des restrictions.

Pays le plus endeuillé en Europe avec plus de 59.000 morts, le Royaume-Uni a commandé au total 40 millions de doses du vaccin Pfizer/BioNTech pour 2020 et 2021, ce qui permettra de vacciner 20 millions de personnes -un peu moins du tiers de la population-, deux doses étant nécessaires.

Dès la semaine prochaine, 800.000 doses seront disponibles, destinées en priorité aux personnes les plus âgées et aux soignants. La vaccination ne sera pas obligatoire.

La rapidité à approuver le vaccin n'est pas synonyme de précipitation, a assuré l'agence britannique du médicament, assurant que son travail s'était déroulé de manière "indépendante" et "rigoureuse" malgré la pression considérable créée par la pandémie.

- "Pas la fin de l'histoire" -

L'annonce n'a pas manqué de réjouir les Britanniques.

"C'est une très bonne nouvelle", a réagi Sue Manning, qui travaille pour le service public de santé, interrogée dans les rues de Londres. Elle pense en particulier aux "personnes âgées qui sont restées coincées dans les maisons de retraite depuis des mois" pour éviter d'attraper le virus.

"Ce n'est en aucun cas la fin de l'histoire, ce n'est pas la fin de notre lutte nationale contre le coronavirus", a toutefois prévenu le Premier ministre Boris Johnson devant les députés, appelant à ne pas "s'emballer". Il faudra du temps pour vacciner l'ensemble de la population, les autorités espérant que les plus vulnérables soient vaccinés d'ici au printemps.

Les prochains mois, la population sera vaccinée d'abord dans des centres hospitaliers, puis dans des maisons médicales et pharmacies et enfin, quand la vaccination sera généralisée, des centres de conférence et salles de sport seront utilisés, a expliqué le ministre de la Santé Matt Hancock devant les députés.

La bonne nouvelle tombe à point nommé pour Boris Johnson, qui a subi une fronde de la part de son propre camp face à l'introduction de restrictions plus sévères qu'avant le deuxième confinement et le retour à un système d'alerte à trois niveaux. 55 députés de la majorité ont voté contre le plan gouvernemental et 16 autres se sont abstenus, confrontant le Premier ministre à la plus importante rébellion.