Les Etats-Unis ont donné leur feu vert au vaccin de Pfizer/BioNTech contre le Covid-19, ouvrant la voie à une campagne massive de vaccination dans tout le pays avec une première injection promise par Donald Trump "en moins de 24 heures.

Sous pression du chef de l'Etat pour accélérer l'autorisation d'urgence, l'Agence américaine des médicaments (FDA) a annoncé vendredi soir dans une lettre avoir donné sa bénédiction au remède. Les Etats-Unis deviennent ainsi le sixième pays à approuver le vaccin de l'alliance américano-allemande, après le Royaume-Uni, le Canada, Bahreïn, l'Arabie saoudite et le Mexique. L'Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d'ici fin décembre.

"Aujourd'hui notre pays a réalisé un miracle médical", s'est félicité Donald Trump dans une courte vidéo publiée sur Twitter.

"Nous avons d'ores et déjà commencé l'envoi du vaccin à tous les Etats" du pays, a-t-il ajouté. "Le premier vaccin sera administré dans moins de 24 heures".

Vendredi matin, il avait affiché son impatience vis-à-vis de la FDA.

"Sortez le fichu vaccin MAINTENANT", avait tweeté le dirigeant américain, qui a axé toute sa réponse à la pandémie sur le développement ultra-rapide d'un vaccin.

Selon plusieurs médias, le chef de cabinet de M. Trump avait même exigé du directeur de la FDA qu'il finalise le processus d'autorisation vendredi, ou bien qu'il donne sa démission. La décision était initialement attendue durant le week-end.

- Vaccin validé au Mexique -

Seulement trois semaines se sont écoulées depuis le dépôt par les fabricants de leur demande d'autorisation pour ce vaccin, dont les Etats-Unis avaient pré-acheté 100 millions de doses.

Le pays a par ailleurs acheté vendredi 100 millions de doses supplémentaires d'un autre vaccin, celui de Moderna, doublant ainsi le nombre de doses pré-commandées auprès de cette société de biotechnologie américaine.

Le pays le plus touché au monde par l'épidémie en chiffres absolus enchaîne actuellement les tristes records: près de 235.000 cas de Covid-19 ont été recensés en 24 heures vendredi, du jamais vu.

Juste avant les Etats-Unis, le Mexique a approuvé la mise sur le marché du vaccin de Pfizer. La vaccination doit commencer fin décembre, avec un premier lot de 250.000 doses pour l'administration du produit, en deux fois, à 125.000 personnes.

De son côté, le Pérou a lui annoncé vendredi avoir suspendu temporairement, par précaution, les essais cliniques d'un vaccin chinois après la détection de problèmes neurologiques chez l'un des volontaires de ces tests.

L'Institut national de la Santé a décidé cette interruption, par précaution, parce qu'un volontaire testé avait présenté des difficultés à bouger ses jambes du fait d'un affaiblissement, selon les médias locaux.

- "Risque élevé" -

Dans le monde, le nouveau coronavirus a tué au moins 1.582.721 personnes, pour près de 70 millions de contaminations confirmées, selon un bilan établi par l'AFP.

Le Brésil, en pleine deuxième vague, a dépassé vendredi le seuil des 180.000 morts.

La Chine, d'où est partie la pandémie il y a un an, a instauré un confinement dans une ville du nord et lancé une grande campagne de tests dans une autre, toutes les deux proches de la frontière russe, après la découverte d'un cas de coronavirus dans chacune de ces villes.

A Dongning, il s'agit d'un homme de 40 ans qui travaille sur le port, tandis qu'à Suifenhe, c'est un travailleur de 39 ans d'une zone commerciale d'import-export, ont précisé les autorités.

En Corée du Sud, souvent montrée en exemple pour sa gestion de la crise, le nombre de cas est reparti à la hausse, notamment dans la région de Séoul, ont annoncé les autorités sanitaires qui appellent à limiter les rencontres.

L'Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine (+236.700 en moyenne par jour). La pandémie, qui reculait depuis mi-novembre, s'y est stabilisée à un niveau élevé.

En France (près de 57.000 morts), il existe un "risque élevé" d'une flambée "dans les prochaines semaines", a alerté l'organisme Santé publique France vendredi.

La pandémie se situe également à "un niveau trop élevé et dangereux" en Belgique voisine, partiellement confinée, a prévenu vendredi le virologue Steven Van Gucht, porte-parole des autorités sanitaires.

Le gouvernement français avait annoncé jeudi un prudent déconfinement à partir du 15 décembre, tout en maintenant des restrictions: couvre-feu à partir de 20H00 tous les jours, y compris le 31 décembre (mais pas le 24), fermeture maintenue des cinémas, théâtres et musées au moins jusqu'au 7 janvier.

Les nouvelles contaminations ne diminuent quasiment plus depuis deux semaines et "la charge des hôpitaux est encore trop élevée", a-t-il souligné.

Quant à la Suisse, avec une croissance "exponentielle" de l'épidémie (+5.000 cas par jour) et des taux de contamination parmi les plus élevés d'Europe, elle est "dans une situation critique", a prévenu sa présidente Simonetta Sommaruga.

Le pays a adopté vendredi un train de mesures incluant la fermeture des restaurants, bars, magasins, établissements de loisirs et de sport, musées et bibliothèques à 19h.

- Revers pour Sanofi/GSK -

Le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe (63.082 morts), a de son côté annoncé qu'il réduisait la durée de sa quarantaine pour les voyageurs arrivant de l'étranger ou les "cas contact" d'un malade du Covid, de 14 à 10 jours.

Là aussi, la situation épidémiologique reste précaire, avec une flambée de cas à Londres et dans le Sud-Est. Mais le pays a lancé mardi sa campagne de vaccination contre le Covid-19, après avoir été le premier pays à donner son feu vert au vaccin de Pfizer/BioNTech.

Les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont eux essuyé un revers: ils ont déclaré que leur vaccin anti-Covid ne serait prêt que fin 2021, après des résultats moins bons qu'attendu dans les premiers essais cliniques.

Ils tablent désormais sur une disponibilité au quatrième trimestre 2021, alors qu'ils visaient initialement une demande d'homologation au premier semestre.

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