L'ancien vice-président américain Joe Biden a relancé la course démocrate à la Maison Blanche en remportant largement samedi la primaire de Caroline du Sud, se confirmant comme le premier rival du favori Bernie Sanders.

Après trois résultats décevants dans les Etats précédents, un Joe Biden triomphant a promis qu'il serait au final le démocrate qui aura pour mission de défier Donald Trump à la présidentielle de novembre.

"Grâce à vous nous avons gagné de loin et nous sommes bien en vie", a lancé le candidat de 77 ans, en dénonçant ceux qui l'avaient enterré trop vite. Il s'agit de la première victoire de Joe Biden dans une primaire, lui qui en est à sa troisième candidature à la présidence.

Selon des résultats encore incomplets, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, était deuxième (20%), très loin derrière M. Biden (48,5%).

N'arrivant qu'à une piteuse troisième place malgré les 20 millions de dollars qu'il a dépensés localement pour sa campagne, le milliardaire Tom Steyer a annoncé jeter l'éponge avant même la fin du dépouillement des bulletins, contrairement aux sept autres candidats.

Joe Biden, ancien bras droit de Barack Obama, était le favori en Caroline du Sud, Etat où les Noirs, chez qui il est très populaire, représentent plus de la moitié de l'électorat démocrate.

"Vous m'avez propulsé sur la voie pour aller battre Donald Trump", a déclaré l'ancien vice-président, se posant en rassembleur sous les applaudissements de ses partisans rassemblés samedi soir à Columbia, la capitale de l'Etat.

La course reste longue jusqu'à l'investiture d'un démocrate pour affronter le républicain Donald Trump. Mais la dynamique va s'emballer mardi avec le "Super Tuesday" lorsque 14 Etats voteront ensemble.

De la pointe nord-est des Etats-Unis jusqu'à la Californie, les candidats sillonneront donc le pays ces prochaines 72 heures.

M. Sanders a félicité M. Biden lors d'un meeting de campagne en Virginie, qui votera justement mardi, se disant "très fier" de ses trois excellents résultats dans les premiers Etats.

"On ne peut pas tout gagner", a-t-il lancé avant de tourner rapidement la page: "Et maintenant, nous entrons dans le +Super Tuesday+"

- Trump commente -

Joe Biden avait bien besoin de cette victoire, après n'être arrivé que quatrième et cinquième, respectivement, dans l'Iowa et le New Hampshire.

Certes il avait grimpé à la deuxième place dans le Nevada, mais il était resté très loin de Bernie Sanders, qui l'a clairement remplacé dans le statut de grand favori des primaires démocrates.

Commentant très vite sur Twitter, le président américain a estimé que la réussite de Joe Biden devait signer la fin de la campagne du milliardaire de New York Michael Bloomberg, qui ne figurait pas sur les bulletins de vote en Caroline du Sud. Il entrera en lice lors du "Super Tuesday".

"La victoire de Joe Biden l'endormi (...) devrait mettre un terme à la campagne risible de Mini Mike Bloomberg", a tweeté Donald Trump, en utilisant les surnoms avec lesquels il désigne ses rivaux.

Revigoré par son résultat et comptant sur le soutien de grandes figures du parti, Joe Biden n'en reste pas moins en position périlleuse à l'approche de l'avalanche de votes de mardi.

Il dispose de bien moins de fonds et d'une organisation de campagne plus clairsemée sur le terrain que ses deux principaux rivaux, Bernie Sanders et Michael Bloomberg.

- Sanders inquiète -

M. Sanders, socialiste autoproclamé, fait campagne sur un programme très à gauche pour les Etats-Unis.

Promettant de "construire une nation fondée sur la justice", Bernie Sanders dénonce sans relâche un Donald Trump "raciste", "sexiste" et "xénophobe".

Il sera en Californie dimanche, bastion progressiste et poids lourd du "Super Tuesday" qui distribuera le plus grand nombre de délégués nécessaires pour décrocher l'investiture démocrate.

Son ascension inquiète certains démocrates modérés qui craignent que Bernie Sanders ne puisse pas convaincre les électeurs plus centristes, indispensables selon eux pour battre Donald Trump.

Un argument que le septuagénaire rejette fermement, en brandissant des dizaines de sondages qui le donnent gagnant contre le républicain.

- Warren, Buttigieg en queue de peloton -

Derrière MM. Sanders et Biden, les autres candidats encore en lice joueront leur survie lors du "Super Tuesday"

Après ses bons résultats dans l'Iowa et le New Hampshire mais un score plus décevant dans le Nevada, l'ex-maire de South Bend Pete Buttigieg, 38 ans, n'arrivait que loin derrière, en quatrième place.

Ceci indiquait qu'il n'était pas parvenu à faire de bons scores auprès des minorités, un électorat pourtant crucial pour tout démocrate voulant remporter la Maison Blanche.

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, qui avait un temps fait figure de favorite a encore déçu en arrivant cinquième.