Des sous-vêtements bleus aux brosses à WC, en passant par les batailles de boules de neige: les manifestants russes qui demandaient samedi la libération d'Alexeï Navalny ont fait preuve de créativité. En voici quelques exemples.

- Slip bleu -

C'est un détail de la saga entourant l'empoisonnement d'Alexeï Navalny: l'agent du FSB que l'opposant affirme avoir piégé, diffusant fin décembre leur conversation, racontait que le poison avait été badigeonné sur le devant de son slip bleu.

Les Russes critiques du Kremlin se sont immédiatement emparés de l'histoire en accrochant des sous-vêtements bleus aux murs des bâtiments gouvernementaux ou en les brandissant en public, comme lors de certaines des manifestations ce samedi.

Quand Vladimir Poutine a plongé dans l'eau glacée en maillot bleu la semaine dernière pour l'Epiphanie orthodoxe, l'image a fait le tour des réseaux sociaux et fait rire les alliés d'Alexeï Navalny, s'amusant du choix de tenue de bain du président russe.

- Brosse à WC -

Alexeï Navalny a été arrêté le 17 janvier à son retour de Russie, après cinq mois de convalescence en Allemagne pour se remettre d'un empoisonnement que plusieurs laboratoires européens imputent à l'agent innervant soviétique Novitchok.

Deux jours après, l'opposant fait diffuser sur YouTube une enquête de deux heures affirmant que Vladimir Poutine s'est fait construite pour plus d'un milliard d'euros un somptueux palace sur la mer Noire, incluant vignobles, patinoire de hockey et casino.

La vidéo a battu des records de visionnages: plus de 85 millions lundi.

Détail marquant du film, le coût supposé des brosses à WC: 700 euros, selon M. Navalny.

Samedi, nombreux étaient donc les manifestants brandissant l'objet, dans sa version en plastique la plus basique.

- La neige -

Quatre policiers anti-émeutes battant placidement en retraite sous une pluie de boules de neiges, ou encore une voiture officielle assaillis de ces projectiles: deux images marquantes de la manifestation moscovite de samedi.

La neige est aussi devenu un outil pour les graffitis. Des manifestants écrivaient sur les murs couverts de fine poudreuse leurs slogans, notamment "Libérez Navalny", forçant les forces de l'ordre et les employés municipaux à les effacer à coups de balai sous l'oeil amusé de la foule.

Si la bataille de boules de neige peut paraître bon enfant, la fenêtre de la voiture attaquée a été brisée et, selon l'agence officielle TASS, son chauffeur souffre d'une blessure à l'oeil.

Et lors de précédents manifestations, à l'été 2019, des peines de prison ferme pour violences avaient été prononcées, notamment contre un manifestant accusé d'avoir jeté un gobelet en plastique.

- TikTok et les 'mèmes'

La mobilisation de samedi s'est faite en partie via la plateforme chinoise TikTok et d'autres réseaux sociaux, avec d'innombrables vidéos d'utilisateurs, dont beaucoup d'adolescents, incitant à aller manifester.

De jeunes détracteurs du Kremlin s'y préparaient en chantant "Je vais aller en prison", prédisant ainsi la réaction des autorités qui ont arrêté plus de 3.500 personnes samedi.

Autre image virale à Moscou samedi, ce jeune sorti manifester déguisé en "Q Shaman" russe, ce manifestant pro-Trump et complotiste qui s'est introduit au Capitole de Washington, début janvier;, et dont l'image à fait le tour du monde.

Son imitateur russe a été rapidement arrêté.