Au moins deux personnes, un enfant de huit ans et une octogénaire, sont mortes dimanche matin dans l'explosion d'un immeuble à Rosny-sous-Bois, près de Paris, et les recherches pour trouver neuf disparus se poursuivaient.

"Nous avons bon espoir de retrouver des victimes vivantes", a déclaré le colonel des pompiers Bernard Tourneur, qui dirige les secours.

"Probablement" neuf personnes, dont deux enfants, qui se trouvaient selon toute vraisemblance dans l'immeuble au moment de l'explosion peu après 07H00, sont encore recherchées, a-t-il précisé.

Les opérations de déblaiement, menées avec des chiens, "pourraient durer 24 à 48 heures". "La structure du bâtiment est plutôt favorable", avec des éléments métalliques qui ont pu créer des "poches d'air" sous les décombres, a-t-il précisé.

Un bilan à la mi-journée dénombrait onze blessés, dont quatre grièvement. Des dizaines de pompiers s'activaient dans les gravats, se figeant et faisant silence dès qu'un chien semble "marquer", signalant la présence possible d'un corps.

Les débris de plâtre et de béton sont enlevés avec précaution, seau par seau, pour éviter tout effondrement supplémentaire. Les pompiers essaient aussi de faire sonner les portables de ceux qui restent ensevelis.

En milieu de matinée, une octogénaire, encore consciente, avec laquelle les pompiers avaient établi un contact visuel, a succombé pendant que les pompiers l'évacuaient.

"C'est une explosion vraisemblablement occasionnée par une fuite de gaz, il y a un effet de souffle qui laisse à penser cela", a avancé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sur place. C'est l'hypothèse "privilégiée, selon une source proche de l'enquête.

"Il y avait des travaux de gaz et ERDF sur les lieux", a indiqué le commandant Gabriel Plus, se refusant à faire un lien à ce stade de l'enquête.

"Ils avaient creusé dans le trottoir juste en bas de l'immeuble", raconte à l'AFP Maryline Yvon, une voisine, convaincue que ces travaux sont en cause. "Vu la force de l'explosion, c'est pas une bouteille de gaz, c'est sûr!", s'exclame cette femme de 49 ans.

- "J'ai pas hésité, j'ai sauté dans mon pantalon" -

L'explosion a comme tranché l'immeuble, exposant l'intérieur des appartements, papiers peints et pièces de vie, dans cette zone résidentielle de Seine-Saint-Denis, à l'est de la capitale.

Les baies vitrées de Ghislaine Poletto, 55 ans, qui vit à une cinquantaine de mètres, ont volé en éclat à l'aube. "J'ai pas hésité, j'ai sauté dans mon pantalon" pour essayer d'aider, a-t-elle expliqué à l'AFP.

Avec quelques voisins "on était dans les premiers arrivés", "on a sorti deux enfants" des décombres avec "deux policiers municipaux qui étaient débordés".

"Comme je suis petite, je me suis faufilée." L'un des enfants était "protégé par un matelas et une plaque au dessus de sa tête qui lui a sauvé la vie. Je vois encore son petit bras et sa jambe qui sortaient", raconte cette femme bouleversée, en portant la main à son coeur.

"Notre pavillon a bougé, on a tremblé de peur", raconte Pauline, mère de famille qui habite tout près. L'explosion a été si forte que "nos oreilles sifflaient".

"J'ai peur, je ne sais pas trop quoi dire", ajoute Sara, dix ans, qui doit faire sa rentrée en CM2 avec Awa et Nella, deux enfants qui vivent dans l'immeuble soufflé.

La mairie a réquisitionné un gymnase pour accueillir les familles et une cellule médicale a été mise en place dans une école, a expliqué Serge Deneulin, adjoint au maire.

Cet immeuble des années années 1970, "en parfait état" selon lui, "semblait être normalement entretenu", a précisé le préfet de Seine-Saint-Denis Philippe Galli, qui va organiser le relogement d'une douzaine de personnes.

Une enquête a été confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis.