Deux ouragans pourraient frapper la côte américaine dans le Golfe du Mexique en quelques jours, ont indiqué les météorologues dimanche, tandis que huit personnes sont mortes en Haïti et en République dominicaine dans la tempête Laura.

Le fait que deux ouragans se suivent d'aussi près dans le Golfe du Mexique est extrêmement rare, selon les médias américains.

La tempête Marco est devenue un ouragan dimanche avec des vents soufflant à 120 km/h qui sont attendus "le long d'une partie de la côte américaine du Golfe" du Mexique, selon le Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami.

L'ouragan devrait "s'approcher de la côte sud-est de Louisiane lundi" et commencer à s'affaiblir une fois qu'il aura touché terre.

Laura, qui a provoqué des inondations en Haïti et en République dominicaine, tuant huit personnes, devrait elle aussi devenir un ouragan mardi et pourrait frapper cette même région américaine.

"Laura devrait se déplacer dans le centre et le nord-ouest du Golfe du Mexique mardi soir et mercredi", selon le NHC.

- Torrents d'eau -

En Haïti, cinq personnes sont mortes lors du passage de Laura.

Une fillette de 10 ans est décédée suite à la chute d'un arbre sur sa maison à Anse-à-Pitres, dans le sud-est du pays, selon la protection civile, et une femme a été emportée par les eaux alors qu'elle traversait une rivière dans la même région. Deux hommes et une autre femme ont trouvé la mort dans la capitale.

Des inondations ont été enregistrées dans plusieurs départements haïtiens alors que les autorités procédaient à l'évacuation des habitants situés sur les rives du fleuve Artibonite, en aval du lac de barrage de Péligre, en crue face aux averses torrentielles.

A Pétionville, commune située dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, les dégâts causés par les torrents d'eau dévalant des montagnes étaient considérables.

De l'eau marron jusqu'aux genoux, les habitants tentaient de sauver dimanche ce qu'ils pouvaient de leurs logements inondés alors que les commerçants de rues se désolaient de voir leurs marchandises emportées par les flots.

"Je ne savais pas qu'il y avait du mauvais temps de prévu. On n'a pas souvent d'électricité dans mon quartier donc je n'ai pas pu suivre les informations à la radio", témoigne Sony Joseph, tremblant de froid.

"Mes vêtements sont complètement mouillés, je n'ai rien vendu et j'aurais pu mourir" réalise l'homme qui passe d'ordinaire ses matinées à vendre des biscuits aux commerçantes du marché "Tet Dlo".

Seuls les piétons pouvaient emprunter la voie d'accès à ce marché informel de la capitale haïtienne: les trombes d'eau que la tempête Laura a déversées ont drainé quantité d'ordures, de pierres et par endroits même arraché l'asphalte.

"Si l'Etat faisait son travail, les choses ne seraient pas comme ça: beaucoup de personnes ont construit dans des endroits où rien ne devrait être construit", déplore un riverain disant se prénommer Francky.

Si la virulence du Covid-19 a été jusqu'ici relativement faible en Haïti, avec 8.050 cas testés positifs et 196 décès officiellement attribués au virus, les autorités haïtiennes veulent prévenir une éventuelle propagation de l'épidémie en marge de catastrophes naturelles comme la tempête Laura.

"Mettez vos masques et respectez les distances surtout dans les abris provisoires. Avec le Covid, nous avons considérablement moins de capacité d'accueil", avait souligné Audain Fils Bernadel, ministre de l'Intérieur, lors d'un point de presse des autorités samedi.

En Républicaine, dominicaine, trois personnes ont trouvé la mort dans la tempête Laura, qui a, là aussi, provoqué des inondations et laissé un million de personnes sans électricité selon les autorités.