Diesel: Montebourg exclut la simple prime à la casse pour les vieux véhicules

Publié le à PARIS (AFP)

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a exclu dimanche toute prime à la casse qui pénaliserait les constructeurs français pour se débarrasser des vieux véhicules diesel et inciter à la conversion du parc automobile. Il a aussi écarté l'idée d'une fiscalité pénalisante sur le diesel.
"Nous sommes opposés à la prime à la casse. Il n'y en aura pas, ça fait trop de dégâts" a déclaré M. Montebourg invité du Grand Rendez Europe 1/Aujourd'hui en France/iTélé, sans autre précision sur le dispositif incitatif envisagé.
Samedi, son cabinet avait indiqué qu'un "travail était en cours", évoquant une "prime de conversion" sans autre commentaire.
"Je ne veux pas d'une prime qui garnisse les carnets de commande de constructeurs qui ne sont pas français. Il faut trouver une formule qui n'attaque pas le Made in France car nous sommes les meilleurs en diesel" a martelé le ministre dimanche. "Je ne veux pas qu'on nourrisse les constructeurs de voitures qui ne sont pas fabriquées sur le sol européen ou sur le sol français, encore moins".
Arnaud Montebourg a également écarté l'idée d'une fiscalité pénalisante sur le diesel: "Plutôt que de pénaliser l'automobiliste ou le constructeur et ceux qui utilisent des (véhicules) diesel pour leur métier, je préfère inciter à la conversion. Nous ne voulons pas pénaliser le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires".
"Quand vous augmentez la taxe sur le diesel vous dévalorisez le parc de ceux qui ne pourront pas bien vendre" leurs véhicules. "Nous travaillons sur comment aider", a ajouté M. Montebourg reconnaissant qu'il n'y a "aucune décision de prise et ça va être difficile". Tout aménagement de la fiscalité en la matière "devra être concertée avec les constructeurs".
Enfin, si le gouvernement veut "inciter à la conversion" du diesel vers l'essence pour des raisons de santé publique, la décision à prendre relève de la "politique": "c'est de la politique et nous souhaitons conserver notre prééminence sur le sujet". Le ministre mise sur la percée des moteurs hybrides et électriques dont les ventes ont augmenté de "111%, dont la moitié fabriqués en France" our les hybrides depuis juillet et de "116% pour les moteurs électriques", a-t-il fait valoir.
Arnaud Montebourg s'est également montré très critique dimanche à l'égard à la Banque Centrale Européenne (BCE) qu'il a jugé "remarquablement inactive" dans une période où on a besoin "d'activisme" et de "volontarisme", regrettant qu'elle "ne s'occupe pas de la croissance, (qu')elle ne s'occupe pas des chômeurs, (qu')elle ne s'occupe pas de la population européenne".
Le ministre a reconnu que le président de la BCE, Mario Draghi, avait "fait un effort", en indiquant qu'elle pourrait racheter "des titres de la dette publique". "Bon, maintenant il faut passer à l'action, il faut le faire", a ajouté M. Montebourg.
L'Euro est "trop cher", a rappelé M. Montebourg. "Quand l'Euro monte de 10%, EADS perd un milliard de chiffre d'affaires. C'est 0,5% de croissance en moins", a-t-il ajouté. "Si on veut de la croissance, il faut faire baisser l'Euro. C'est le rôle des responsables politiques de l'Eurogroupe, c'est le rôle de M. Draghi", a-t-il affirmé.
Il faut que M. Draghi commence "à dire que l'Euro est surévalué", a-t-il poursuivi souhaitant un Euro à 1,10 voire 1,15 dollar, contre plus d'1,30 vendredi, pour "donner de l'oxygène aux économies européennes".
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