Michel Fourniret, mis en examen pour l'enlèvement et le meurtre en 2003 d'Estelle Mouzin en Seine-et-Marne, "a reconnu sa participation aux faits", a indiqué samedi le parquet de Paris, confirmant une information du Point et d'Europe 1.

Le tueur en série de 77 ans, qui a longtemps nié son implication dans la disparition de la fillette de neuf ans, est passé aux aveux lors des trois jours d'interrogatoires qui se sont conclus vendredi soir dans le bureau de la juge d'instruction Sabine Kheris.

Le parquet n'a pas indiqué si Michel Fourniret a fourni des indications sur la localisation du corps et le déroulé des faits.

Dans cette affaire, celui qui est surnommé "l'ogre des Ardennes" a été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivis de mort" le 27 novembre dernier, après un spectaculaire revirement de son ex-épouse et complice, Monique Olivier, qui avait fini par contredire son alibi.

Mais le tueur en série, qui a souvent joué au chat et à la souris avec les enquêteurs, n'était toutefois pas passé formellement aux aveux, selon son audition qu'avait pu consulter l'AFP.

"Il est fort possible, même très probable, que j'aie été l'auteur de cette disparition mais je ne sais pas quoi vous dire", avait-il déclaré lors de sa mise en examen, assurant que rien ne faisait "tilt" dans sa tête lorsqu'on le confrontait à une photo de la fillette.

"Dans l'impossibilité où je suis de vous dire +oui, je suis responsable de sa disparition+, dans cette impossibilité-là, je vous exhorte à me considérer comme coupable", avait-il ajouté tout en assurant être "un joueur d'échecs", prenant plaisir à la confrontation avec sa juge.

Michel Fourniret souffrirait selon plusieurs médias d'un début de maladie d'Alzheimer.

Le soir du 9 janvier 2003, Estelle Mouzin avait disparu alors qu'elle rentrait de l'école à Guermantes (Seine-et-Marne). Son corps n'a jamais été retrouvé. Michel Fourniret a plusieurs fois été soupçonné, la première fois en 2006, mais il avait été mis hors de cause l'année suivante.

Les spéculations sur son implication avaient été relancées après son audition par la juge Kheris, en mars 2018, dans l'enquêtes sur les meurtres non-résolus de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece, tuées en 1988 et 1990 dans l'Yonne.

Michel Fourniret avait déclaré que la disparition d'Estelle Mouzin était "un sujet à creuser", estimant avoir le "cul merdeux" dans cette affaire. L'année suivante, les investigations étaient reprises par la juge Kheris.

Décrit par l'expert psychiatre Daniel Zagury comme "le tueur en série français le plus abouti", Michel Fourniret a déjà été condamné pour les meurtres de huit jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001.