Les garde-côtes se démènent mercredi pour retrouver l'avion transportant le footballeur argentin Emiliano Sala, disparu lundi soir au-dessus de la Manche, n'abandonnant pas l'espoir de retrouver vivants l'attaquant et le pilote même si leurs chances de survie sont jugées "très minces".

La police de Guernesey a repris en début de matinée ses recherches. Elle se concentrent "sur une zone précise où, selon nous, nous avons la plus haute probabilité de trouver quelque chose", a tweeté la police. Elle se base "sur l'étude des marées et de la météo depuis la disparition de l'avion" transportant l'attaquant de Nantes à Cardiff, où il s'était engagé samedi dernier.

Trois avions et un hélicoptère sont mis à contribution. A la mi-journée, ils avaient exploré 280 miles carrés sans résultat.

Les enquêteurs veulent privilégier l'hypothèse que Sala et le pilote ont survécu et se sont réfugiés sur le canot de sauvetage qui était dans l'appareil.

"Etant donné la température de l'eau et les conditions météorologiques, la nuit dernière ayant été très agitée, leurs chances de survie sont très minces", a cependant déclaré à l'AFP le capitaine du port et chef des garde-côtes de Guernesey, David Barker.

Mais "nous ne négligeons rien. Nous sommes déterminés à trouver ces deux hommes vivants", a-t-il assuré.

Mardi, les enquêteurs avaient trouvé des débris flottant dans l'eau, sans toutefois pouvoir dire s'ils venaient de l'avion disparu.

- "J'ai peur!" -

Dans un message vocal envoyé à des proches via la messagerie WhatsApp, Emiliano Sala s'inquiétait de l'état de l'avion, a révélé mardi soir par le quotidien sportif argentin Olé.

"Je suis dans l'avion, on dirait qu'il va tomber en morceaux, et je pars pour Cardiff", dit l'attaquant de 28 ans sur un ton cependant calme, et ponctué de bâillements. "Si dans une heure et demie vous n'avez plus de nouvelles de moi, je ne sais pas si on va envoyer des gens pour me rechercher, parce qu'on ne va pas me trouver, sachez-le. Oh là là, qu'est-ce que j'ai peur !", ajoute-t-il.

Cardiff, qui avait recruté le joueur de Nantes pour un montant estimé par la presse à 17 millions d'euros, a précisé que Sala avait organisé lui-même son voyage.

"Nous avions parlé au joueur et lui avions demandé s'il voulait que nous prenions des dispositions pour son vol qui, pour être honnête, aurait été un vol commercial", a déclaré au site WalesOnline Mehmet Dalman, président de la formation galloise évoluant dans la prestigieuse Premier League anglaise.

"Il a refusé et a pris ses propres dispositions", a ajouté M. Dalman.

Le monomoteur Piper PA-46-310P Malibu, emprunté par le joueur a disparu des radars lundi vers 20H20 GMT, à une vingtaine de km au nord de l'île anglo-normande de Guernesey. Le contrôle aérien de l'île voisine de Jersey avait précisé lundi soir que l'avion et ses deux occupants, qui volaient dans un premier temps à 5.000 pieds, avaient demandé à descendre et évoluaient à 2.300 pieds avant d'échapper aux radars.

L'AAIB, le bureau d'enquête britannique sur les accidents aériens, conduit l'enquête sur la disparition de l'appareil, immatriculé N264DB et enregistré aux Etats-unis.

- "Penser au pire" -

"Les heures passent et je ne sais rien, cela me fait penser au pire" a déclaré, désespéré, le père du joueur, Horacio, à la presse en Argentine mardi soir.

A Nantes, club que Sala venait de quitter pour s'engager avec Cardiff, des centaines de personnes ont déposé des fleurs en hommage à leur meilleur buteur, auteur de 12 buts en championnat en une demi-saison.

"Où que tu sois, on pense à toi #PrayForSala", a publié mercredi le FC Nantes sur son compte Twitter, où le blason du club a été remplacé par une photo de l'attaquant.

A Cardiff, l'émotion était également immense et le directeur du club, Ken Cho, s'est dit "choqué".

Le 16e de finale de Coupe de France des Nantais contre l'Entente SSG (3e division), prévu mercredi, a été reporté à dimanche.

Clubs et joueurs continuent à multiplier les messages de soutien.

"Je prie pour Emiliano et sa famille", a ainsi réagi son ancien entraîneur à Nantes, Claudio Ranieri. "Nous ne perdons jamais espoir jusqu'à la fin", a aussi réagi l'entraîneur du Real Madrid, l'Argentin Santiago Solari.

Arrivé jeune en France et formé à Bordeaux, puis prêté à différents clubs (Orléans, Niort, Caen), Sala avait fini par signer à Nantes en 2015 pour un million d'euros. Il y était parvenu à faire oublier son allure un peu gauche et sa technique rudimentaire grâce à un réalisme précieux.

Après avoir vu s'évanouir la possibilité d'un transfert en Turquie à Galatasaray cet été, il avait finalement obtenu un bon de sortie au mercato d'hiver, au grand dam de l'entraîneur Vahid Halilhodzic, avec lequel il avait tissé une relation forte.

Lundi, il était revenu à Nantes prendre ses dernières affaires avant de rejoindre Cardiff. Il avait publié une photo de lui entouré de ses ex-coéquipiers, souriant comme toujours.