EI: les Etats-Unis mobilisent au Moyen Orient pour détruire les jihadistes

Publié le à Jeddah (Arabie saoudite) (AFP)

Le secrétaire d'Etat John Kerry mobilisait jeudi les alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient après l'appel du président Barack Obama à "détruire" les jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak mais aussi en Syrie.

Quelques heures après l'allocution du président américain, M. Kerry est arrivé en Arabie saoudite pour retrouver ses homologues de dix pays arabes et de Turquie afin de s'entendre sur la mise en oeuvre du plan américain visant à éradiquer l'Etat islamique (EI).

"L'objectif est clair: nous affaiblirons, et, à terme, détruirons l'EI", "une organisation terroriste qui n'a d'autre vision que le massacre de tous ceux qui s'opposent à elle", a affirmé M. Obama mercredi soir.

Pour mener cette guerre "implacable", "je n'hésiterai pas à agir contre l'EI en Syrie, comme en Irak", a-t-il dit, après la prise par ce groupe extrémiste sunnite de larges pans de territoire où il commet exécutions, viols et persécutions.

Les avions américains devraient donc effectuer des raids aériens contre les positions de l'EI en Syrie en plus de ceux qu'ils mènent depuis le 8 août en Irak. L'envoi de troupes de combat au sol reste en revanche exclu.

M. Obama s'est aussi engagé à renforcer l'armée irakienne et à accroître l'assistance militaire aux rebelles syriens considérés comme des modérés, qui combattent aussi bien le régime de Bachar al-Assad que les jihadistes de l'EI.

"Avec un nouveau gouvernement irakien en place et à la suite de consultations avec les alliés à l'étranger et avec le Congrès, je peux annoncer que l'Amérique dirigera une coalition large pour annihiler cette menace terroriste", a lancé M. Obama.

- "Doper" les efforts -

Cette coalition est forgée notamment avec les partenaires des Etats-Unis au Moyen-Orient, de plus en plus préoccupés par la montée en puissance de l'EI dans la région.

Avant son discours, M. Obama a tenu à appeler le roi saoudien Abdallah et tous deux ont souligné la nécessité d'aider l'opposition syrienne et écarté toute coopération avec M. Assad "qui a perdu toute légitimité".

A Jeddah, dans l'ouest saoudien, M. Kerry s'entretiendra avec les chefs de diplomatie des monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar) ainsi que ceux du Liban, d'Egypte, de Jordanie, d'Irak et de Turquie.

"Il s'agit d'une réunion très importante", a dit M. Kerry après avoir été accueilli par son homologue saoudien Saoud al-Fayçal.

Ces pays devraient préciser s'ils entendent participer directement aux opérations, ce qu'a exclu la Turquie, qui se "concentrera sur l'humanitaire", selon une source gouvernementale.

Les Etats-Unis entendent "renforcer (leurs) bases" dans le Golfe et accroître "les vols de surveillance", a dit le responsable du département d'Etat. L'Arabie saoudite sera l'"élément clé de la coalition par sa taille, son poids économique et sa portée religieuse avec les sunnites".

M. Kerry discutera "dans le détail avec les Saoudiens du programme de formation et d'équipement" des rebelles syriens, insistera sur la nécessité de tarir les financements de l'EI, et exhortera la Turquie et la Jordanie à réprimer davantage la contrebande de pétrole à leurs frontières.

- Environ 1.600 militaires américains -

Les Etats-Unis peuvent aussi compter sur les pays européens comme la France dont le président François Hollande est attendu vendredi en Irak et qui n'a pas exclu de participer "si nécessaire" à des frappes dans ce pays.

M. Obama a annoncé l'envoi de 475 conseillers militaires supplémentaires en Irak pour soutenir les forces kurdes et irakiennes en termes d'équipements, de formation et de renseignements, ce qui portera à environ 1.600 le nombre de militaires américains présents dans le pays.

Le président américain avait jusqu'à présent toujours affiché sa volonté de tourner la page d'une décennie de guerre, notamment en retirant les troupes américaines d'Irak fin 2011.

Sur la Syrie, un haut responsable américain a affirmé que les déclarations de M. Obama constituaient sans aucun doute un ordre pour des opérations militaires en Syrie. "Il y aura une action en Syrie", a-t-il dit.

S'ils ont mené plus de 150 frappes en Irak qui se sont révélées déterminantes dans la reprise par les forces irakiennes de secteurs à l'EI, les Etats-Unis se trouvent dans une position beaucoup plus délicate en Syrie où ils ont un ennemi commun avec M. Assad.

D'ailleurs, l'opposition syrienne, tout en saluant l'intention des Etats-Unis de l'aider militairement, a appelé à agir contre le régime Assad dont seul la chute selon elle "peut libérer la région des extrémistes".

En Syrie, le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, a annoncé dans une vidéo qu'il allait relâcher les 45 Casques bleus fidjiens enlevés sur le Golan.

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