Elysée, gouvernement, PS: Hollande chamboule tout

Publié le à Paris (AFP)

François Hollande a poursuivi son chamboule-tout mercredi, au lendemain du vote de confiance accordé à Manuel Valls, avec la nomination d'une douzaine de secrétaires d'Etat, un changement majeur à l'Elysée et le départ de Harlem Désir de la tête du PS.

Après avoir changé de Premier ministre il y a une semaine et nommé un gouvernement resserré, le chef de l'Etat a remanié mercredi son entourage proche à l'Elysée. La nomination d'une douzaine de secrétaires d'Etat était attendue dans l'après-midi.

Dans la matinée, le secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, a annoncé à l'AFP sa démission et son remplacement par Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, qui fut ministre de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2008. MM. Lemas et Jouyet ont la caractéristique d'être des proches du chef de l'Etat, issus comme lui de la promotion Voltaire de l'Ena.

Le secrétaire général de l'Elysée sortant a expliqué qu'il "considérait, qu'après le départ du Premier ministre et le remaniement, il était légitime qu'(il) propose sa démission au président" et que celui-ci avait "estimé qu'il valait mieux changer d'équipe et de secrétaire général".

"Dès lors qu'une nouvelle équipe s'installait à Matignon, je souhaitais qu'il y ait une nouvelle équipe à l'Elysée", a commenté sur Le Monde.fr M. Hollande, pour qui Matignon et l'Elysée doivent désormais travailler de façon "totalement imbriquée".

Il faut, a insisté le chef de l'Etat, "une cohérence absolue, une équipe quasiment fusionnelle, une véritable unité de commandement".

Pierre-René Lemas, a précisé l'Elysée dans un communiqué, "sera prochainement proposé pour exercer d'importantes responsabilités dans une grande institution publique". Peut-être à la Caisse des dépôts.

M. Jouyet avait été nommé secrétaire d'Etat aux Affaires européennes après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, qui en avait fait l'un des piliers de sa stratégie d'ouverture. Il avait quitté le gouvernement Fillon en décembre 2008 pour devenir président de l'Autorité des marchés financiers, avant sa nomination à la Caisse des dépôts.

Ami proche du président de la République, M. Jouyet, 60 ans, "a une compétence, tout le monde la connaît, la reconnaît", a commenté le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avant l'officialisation de ce changement à l'Elysée. M. Jouyet prendra ses fonctions le 16 avril.

- Désir "exfiltré" de la tête du PS -

Fort du vote de confiance de l'Assemblée et d'une déclaration de politique générale saluée sur la forme et sur le fond, le nouveau Premier ministre a de son côté continué à avancer ses pions mercredi matin sur BFMTV et RMC.

"J'ai fait du Valls mais je suis Premier ministre de la France", a-t-il fait valoir, insistant sur le rythme accéléré des réformes à venir. Il participera mercredi à sa première séance de questions au gouvernement à l'Assemblée en tant que Premier ministre, avant de prononcer une nouvelle déclaration du gouvernement, suivie d'un débat, à partir de 16H30 au Sénat.

En attendant, il va compléter mercredi son dispositif avec la nomination d'une douzaine de secrétaires d'Etat qui respecteront la parité hommes-femmes de l'équipe gouvernementale. Il y a pour l'instant huit ministres femmes et huit hommes.

S'ils ne sont pas amenés à siéger le mercredi en Conseil des ministres, sauf possible exception pour le portefeuille des Relations avec le Parlement, les secrétaires d'Etat seront réunis avec les ministres un jeudi sur deux à Matignon par Manuel Valls.

Parmi les entrants potentiels figurent les députés PS Thierry Mandon, Jérôme Guedj, Thomas Thévenoud ou Jean-Marc Germain. Fleur Pellerin, ministre de Jean-Marc Ayrault, pourrait se voir confier le portefeuille du Commerce extérieur rattaché désormais au Quai d'Orsay.

Seule certitude mercredi matin: le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, rejoindra le gouvernement, certaines sources l'évoquant aux Affaires européennes. Cette nomination, confirmée par des parlementaires, va permettre selon l'un d'eux d'"exfiltrer" M. Désir. Depuis 2012 à Solférino, l'ancien président de SOS Racisme n'a jamais convaincu et a été rendu en partie responsable de la débâcle de la gauche aux municipales.

M. Désir sera remplacé par le député et secrétaire national du PS Jean-Christophe Cambadélis. Les deux hommes s'étaient disputé la tête du PS en 2012, M. Désir l'emportant finalement avec l'appui de M. Valls, de Pierre Moscovici, Vincent Peillon et Stéphane Le Foll.

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