En plein épisode d'une canicule étouffante qui assomme les deux tiers des Français, le masque va s'imposer dès lundi en extérieur dans les zones les plus fréquentées de Paris, qui emboîte le pas de Lille, Marseille et de nombreuses autres villes et sites touristiques pour freiner l'augmentation des cas de Covid-19.

A partir de lundi, il sera interdit de flâner sur les berges de la Seine, se balader à Montmartre ou faire du shopping dans les grandes rues commerçantes de la capitale sans porter de masque, selon la décision de la préfecture. La même mesure concerne de nombreuses communes d'Ile-de-France puisque "tous les indicateurs montent que le virus circule à nouveau plus activement dans la région", selon les préfectures départementales.

Dimanche matin à Paris, des touristes profitaient d'une relative fraîcheur matinale avant que le mercure ne grimpe et que l'obligation du port du masque ne s'impose.

"Dimanche 9 août, avec des températures minimale/maximale prévues de 25 et 39°C, devrait constituer le pic de la canicule à Paris", a prévenu sur Twitter Gaétan Heymes, de Météo-France.

Mais la chaleur va jouer les prolongations dans la capitale. "Le rafraîchissement est repoussé à jeudi prochain à Paris, qui vit sa semaine la plus épouvantablement chaude depuis 1873, hors août 2003. Orages possibles dans les prochains jours mais ambiance restant très chaude et lourde dans la capitale", a renchéri son collègue François Jobard.

- Tourisme matinal -

Arrivés vers 9h30 au pied de la Tour Eiffel, Hervé Le Hir, 51 ans, et Michel Lacaze, 67 ans, s'accordent une pause hydratation après 40 kilomètres de vélo depuis Claye-Souilly en Seine-et Marne. "D'habitude on part à 9h, mais là on a avancé le départ à 6h30", explique Hervé.

"On ne force pas, j'ai à peine sué", glisse Michel. "On a fait un détour par l'Arc de Triomphe, les Champs Élysées, Concorde, une partie de parcours du Tour de France ! ", ajoute ce retraité qui roule une centaine de kilomètres par semaine.

Anne Guerin, 32 ans, trempe ses pieds dans une fontaine remplie autour de la Pyramide du Louvre. Venue de Dijon pour le week-end avec son compagnon et son beau-père, elle a tout prévu : dans son sac à dos, "de l'eau, de la crème, une casquette, des brumisateurs, on est bien équipé", assure-t-elle. Mais avant tout, "beaucoup de pause et de la marche à l'ombre".

Les Français sont appelés à redoubler de prudence face à la chaleur qui ne dispense pas des gestes barrières et du port du masque (qu'il ne faut pas pour autant humidifier), martèlent les autorités sanitaires.

Longtemps présenté comme "inutile" par les autorités, le masque est devenu obligatoire dans les lieux publics clos le 20 juillet sous peine d'une amende de 135 euros. Depuis une semaine, les préfets sont autorisés à l'imposer à l'extérieur "lorsque les circonstances locales l'exigent".

Et près de 2 Français sur 3 (64%) approuvent désormais le port obligatoire du masque dans les lieux publics ouverts, selon un sondage de l'Ifop pour le Journal du Dimanche.

- Ni sport, ni sorties pour les enfants -

Dans une interview au JDD, le professeur d'immunologie Jean-François Delfraissy, à la tête du Conseil scientifique chargé d'aider le gouvernement à gérer la crise sanitaire, a estimé que l'obligation du port du masque à l'extérieur allait "s'imposer naturellement".

Concernant l'évolution de l'épidémie en France, "la situation paraît contenue mais elle reste très fragile", a-t-il souligné, confirmant la mise en garde cette semaine du Conseil scientifique.

Plusieurs indicateurs clés de suivi de l'épidémie de Covid-19 continuent en effet de se dégrader en France: 2.288 nouveaux cas ont été annoncés vendredi.

Pour minimiser "le risque de sur-mortalité" dans le contexte de la canicule qui survient pendant la crise sanitaire et la pollution à l'ozone, 15 départements du nord-ouest dont Paris sont placés en alerte rouge, ce qui concerne 30% de la population, et 49 sont en vigilance orange (35%).

Le ministère de la Santé demande aux centres de vacances et de loisirs pour enfants d'éviter les sorties "sauf si ces dernières se déroulent dans des lieux plus frais sans nécessiter de déplacement exposant à la chaleur". Les activités sportives sont également déconseillées.

"Cette canicule sera tout particulièrement sévère en Normandie et dans les Hauts-de-France", a déclaré samedi à l'AFP Olivier Proust, prévisionniste chez Météo-France.

Un phénomène qui devrait prendre fin "par l'ouest à partir de mercredi" seulement, avec une dégradation orageuse marquée, selon Météo-France.

Avec la chaleur, des mesures sont prises également pour limiter la pollution de l'air. La métropole Rouen Normandie a maintenu ce dimanche la gratuité totale instaurée samedi dans tous ses transports en commun.