Après dix jours de tempête médiatique autour de sa vie privée, François Hollande a renoué samedi avec ses fiefs électoraux de Tulle et de Vigeois, le temps de présenter ses voeux à sa chère Corrèze.

Inaugurant le nouveau centre de secours de Vigeois, chef-lieu d'un canton qu'il avait ravi à la droite en 2008 et dont il est resté le conseiller général jusqu'à son accession à l'Elysée, le président de la République s'est tout juste autorisé une allusion à la politique et à son pacte de responsabilité proposé aux entreprises, que l'aile gauche de sa majorité critique.

L'ancien centre de secours était d'un accès difficile l'hiver, "situé dans un virage, je ne vais pas dire un tournant parce que ça pourrait être mal compris", a-t-il plaisanté, évoquant à demi-mot sa revendication mardi d'une ligne social-démocrate.

François Hollande ne s'est pas rendu, en revanche, au marché de Tulle, pour une déambulation, comme il en a pris l'habitude chaque fois qu'il est de retour dans son fief depuis son élection à l'Elysée.

Lors de ses précédentes visites, il était le plus souvent accompagné de sa compagne Valérie Trierweiler. Mais, à la suite de la publication du magazine Closer révélant la liaison du président avec l'actrice Julie Gayet, la première dame a été hospitalisée.

Samedi, la journaliste était toujours à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Dès que les médecins l'autoriseront à sortir, elle pourra aller se reposer, si elle le désire, à La Lanterne, la résidence présidentielle à Versailles, pour y poursuivre sa convalescence, a-t-on confié à l'AFP dans l'entourage de François Hollande.

"Il est temps que le débat soit clos"

En terre corrézienne, les conversations sur la vie privée du président allaient bon train. "Il faut qu'il se fasse tout petit", jugeaient de bon matin Nadine et Régis, alignant leurs saucissons artisanaux sur l'étal et ajoutant, comme beaucoup d'autres commerçants ou passants en ces terres corréziennes où l'expression des sentiments reste mesurée: "Sa vie privée ne nous intéresse pas du tout".

A La Taverne du Sommelier, Bernadette et Jacques Chirac ont leur table, marquée de leurs noms, François Hollande aussi mais pas Valérie Trierweiler. "François Hollande est un homme très convivial mais Madame (Valérie Trierweiler) avait une distance, elle n'allait pas vers les gens", se souvient la patronne, Cécile At.

"Il est temps que notre président prenne des décisions sur sa vie personnelle et que le débat soit clos, qu'il n'y ait plus de rumeurs et de photos", ajoute-t-elle.

A Tulle aussi, l'affaire "Hollande-Gayet" a fait le bonheur des marchands de journaux. Les exemplaires de Closer s'y sont vendus comme des petits pains. Quant à La Montagne, le quotidien régional, il titrait vendredi, à la veille de la visite présidentielle: "La mystérieuse photo au parfum de scandale", racontant comment "depuis une semaine, la presse people traque une photo compromettante pour le président".

L'article de La Montagne relatait par le menu "l'histoire de +LA+ photo de Tulle", qu'un inconnu aurait prise fortuitement, surprenant François Hollande et Julie Gayet ensemble, lors d'une visite impromptue du président, le 20 juillet. En quelques heures, 40.000 internautes l'avaient déjà consulté.

"L'odeur du scandale", dixit La Montagne, a encore attiré samedi pas moins de 93 journalistes venus couvrir la visite présidentielle, parmi lesquels des envoyés spéciaux du New York Times, de la BBC, du magazine allemand Stern ainsi qu'une équipe de télévision néerlandaise. Du jamais vu depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la République, le 6 Mai 2012.

Si le chef de l'Etat a évité le marché, les journalistes s'y pressaient, interviewant Bernard Combes, le maire PS de Tulle, par ailleurs conseiller à l'Elysée chargé des relations avec les élus.

"La situation politique française requiert toute la vigilance du président de la République, toute sa disponibilité et bien évidemment, s'il peut régler parallèlement et dans de bonnes conditions ses problèmes de vie personnelle, ce sera mieux pour tout le monde", a-t-il observé devant les caméras.

Avant de regagner Paris en début de soirée, François Hollande devait encore déjeuner avec les élus du département puis prononcer ses voeux aux Corréziens avec un discours sur la ruralité et les collectivités territoriales.