Au moins 50 détenus sont morts lors d'une série de mutineries qui ont éclaté mardi dans trois des prisons surpeuplées d'Equateur et qui, selon les autorités, sont dues à des rivalités entre gangs de narco-trafiquants.

"Pour l'heure, la police criminelle fait état de 50 morts parmi les personnes privées de liberté" lors de troubles survenus dans les établissements pénitentiaires du port de Guayaquil (sud-ouest), ainsi que des villes andines de Cuenca et de Latacunga (sud), a indiqué la police sur Twitter.

Les autorités, qui ont installé une cellule de crise, n'ont pas précisé si l'ordre avait été rétabli dans ces prisons, alors que l'armée a été déployée en renfort à l'extérieur de celle de Guayaquil, deuxième ville et capitale économique du pays.

Le parquet général a indiqué que 38 prisonniers étaient morts dans le seul pavillon de haute sécurité du centre pénitentiaire de Cuenca.

Le président Lenin Moreno a attribué ces mutineries, qui ont éclaté de manière simultanée, à des "organisations criminelles" et ajouté sur Twitter que les forces de l'ordre "agissent pour reprendre le contrôle des prisons".

Selon le parquet, les "affrontements entre bandes criminelles" ont également fait plusieurs blessés, dont deux prisonniers de Guayaquil qui sont dans un état grave.

Le commandant de la police, Patricio Carrillo, a pour sa part initialement fait état de "mutineries généralisées" et averti que "la situation est critique" à la prison de Latacunga.

- Surpopulation carcérale -

"Face à l'action concertée d'organisations criminelles pour provoquer des violences dans les centres pénitentiaires du pays (...) nous menons des actions pour reprendre le contrôle" des lieux, a de son côté tweeté le ministre de l'Intérieur, Patricio Pazmiño.

Avant les événements de ce mardi, trois prisonniers étaient déjà décédés depuis janvier lors de troubles, selon la police.

Le système pénitentiaire équatorien compte actuellement plus de 38.000 prisonniers pour 27.000 places, avec seulement 1.500 gardiens.

En décembre 2020, des mutineries dans différentes prisons, également attribuées à des rivalités entre gangs, notamment de narcotrafiquants, avaient fait onze morts et sept blessés parmi les détenus.

Un état d'exception avait pourtant été précédemment décrété dans les prisons du pays par le président Moreno, pour une durée de 90 jours achevée fin décembre. Il s'agissait de contrôler les "mafias" et réduire la violence, qui s'est soldée sur l'année par la mort de 51 détenus.

Afin de diminuer la surpopulation carcérale face à la pandémie du Covid-19, qui a sévèrement touché le pays, l'Equateur a également mis en oeuvre l'an dernier des mesures de substitution de peines pour les délits mineurs, faisant diminuer la surpopulation de 42% à 30%.

Le Service national d'attention intégrale (SNAI), en charge de la gestion des prisons, a admis mardi un manque de personnel de sécurité, qui "complique les actions de réponse immédiate" en cas de mutineries.

Il a estimé que les émeutes du jour "sont un signal de résistance et de rejet de la part des détenus face aux actions de contrôle" telles qu'une perquisition effectuée la veille dans la prison de Guayaquil.