Un pas timide vers le titre: grâce à un but sur penalty de son capitaine Sergio Ramos, le Real Madrid, leader de la Liga, a battu Getafe 1-0 jeudi en clôture de la 33e journée, et relégué le Barça à quatre points derrière lui.

L'homme des grands matches : grâce à un pénalty provoqué par Dani Carvajal et transformé par le défenseur central et capitaine Sergio Ramos (79e), deuxième meilleur buteur du club en Liga cette saison avec 9 buts, le Real a posé une main sur le trophée de champion d'Espagne et compte maintenant 74 points. Son rival, le FC Barcelone, accroché par l'Atlético Madrid 2-2 mardi au Camp Nou, possède 70 points.

Un capitaine qui montre la voie : mal embarqués durant toute la rencontre, acculés par le pressing haut exercé par les joueurs de Getafe, les hommes de Zinédine Zidane ont dû se remettre à leur capitaine-défenseur-buteur pour les tirer de cette mauvaise passe, empocher un sixième succès en six matches depuis la reprise du championnat, et faire un grand pas vers le titre.

- "Rien gagné" -

"C'est mon rôle de dire que l'on n'a encore rien gagné. C'est la réalité, la vraie. Tant que la saison n'est pas finie, tant que tu n'es pas mathématiquement champion, tu ne peux rien faire. J'ai été joueur aussi dans ce rôle. Ce n'est pas parce qu'on a fait 3-4 bons résultats que c'est plié", avait prévenu Zinédine Zidane mercredi en conférence de presse d'avant-match.

Et ses propos ont paru divinatoires jeudi, tant le Real a semblé tactiquement muet, étouffé par la défense haute de Getafe.

Malgré la victoire, ses joueurs doivent prendre ce court succès comme un avertissement. Car jeudi soir au stade Di Stéfano, c'est bien Getafe qui a été la meilleure équipe : les joueurs de la banlieue de Madrid ont passé le plus clair de leur temps dans le camp blanc, à maintenir un pressing fort pour acculer un Thibaut Courtois toujours irréprochable dans ses cages.

Le jeune milieu gauche Marc Cucurella (21 ans), prêté par le Barça puis acheté pour 10 millions d'euros ce mardi par Getafe, a notamment été très actif, autant dans la récupération du ballon que dans l'animation offensive pour Getafe, qui rêve encore de Ligue des champions, à cinq points du 4e, le Séville FC.

- Signes d'essoufflement ? -

Résultat : les maladresses se sont multipliées chez les hommes de Zinédine Zidane, à l'image de ce passage, au retour des vestiaires, quand Luka Modric a envoyé une passe courte directement en touche, imité par Thibaut Courtois quelques secondes plus tard (50e).

"Il n'y a aucun excès de confiance, personne ne va dire que c'est plié. J'ai été joueur, je suis passé par cette situation, j'ai vécu cette expérience. Je sais très bien ce que c'est, et les joueurs savent très bien qu'on a encore rien gagné", avait encore souligné Zidane mercredi.

Premiers signes d'essoufflement ? Alors que le FC Barcelone a déroulé le tapis rouge vers le titre au Real Madrid mardi en concédant le nul contre l'Atlético et en multipliant les bisbilles internes, la Maison blanche a assuré l'essentiel jeudi, mais sans briller.

Et le chemin vers le titre pourrait encore buter sur une nouvelle embûche : le défenseur central français Raphaël Varane, l'un des piliers du système Zidane avec l'indéboulonnable Sergio Ramos, a dû céder sa place à Eder Militao à la 32e, juste après la pause fraîcheur.

Le champion du monde s'est dirigé vers les vestiaires avec une serviette autour du cou, visiblement sonné après avoir reçu un ballon en plein figure quelques minutes avant, sur corner.

Avant de poser les deux mains sur le trophée de champion d'Espagne, le Real devra donc apprendre à prévenir ces coups de semonce, et ce dès dimanche (14h00) à Bilbao.