Avec initialement 22 courses, la saison 2020 de Formule 1, qui débute dimanche en Autriche, devait être une levée record, mais c'était avant le coronavirus, auquel on doit un calendrier réduit mais plus dense qui devrait rendre la fiabilité et la régularité clés.

A l'heure où les pilotes s'apprêtent à reprendre la piste pour la première fois depuis les essais hivernaux de Barcelone fin février, huit courses sont confirmées en Europe entre juillet et septembre, mais la F1 en espère 15 à 18 d'ici à la fin de saison à Abou Dhabi mi-décembre.

Si aucune écurie ne révèle l'intégralité de son jeu avant les premières qualifications, ces tests n'ont pas laissé entrevoir la fin de la suprématie de Mercedes, sextuple championne en titre pilotes et constructeurs avec sa figure de proue Lewis Hamilton.

Les Flèches d'argent ont bouclé le plus grand nombre de tours, signé le meilleur chrono et frappé fort sur le plan psychologique en introduisant un système révolutionnaire, le "DAS" (dual axis steering, direction à deux axes), qui permet au pilote de modifier selon ses besoins l'écartement des roues avant de sa monoplace en tirant ou en poussant son volant.

Il est trop tôt pour en mesurer les bénéfices mais, comme l'a fait remarquer l'Australien de Renault Daniel Ricciardo, "c'est toujours Mercedes qui presse la concurrence et non l'inverse".

Et le directeur technique James Allison a prévenu: son équipe prendra la piste ce week-end avec une série d'évolutions.

Du côté de Ferrari, seule à ne pas avoir battu ses chronos de 2019 en Espagne, "on n'est pas favori et on le sait", rappelait au contraire le pilote monégasque Charles Leclerc fin avril.

- "Nouveaux défis" -

Avec moins de Grands Prix mais des courses plus rapprochées, ce constat peut-il être démenti ?

"Ce calendrier et le coronavirus nous lancent de nouveaux défis, admettait début juin le patron de Mercedes Toto Wolff, pour qui "la fiabilité sera fondamentale lors des premières courses".

Fermées pendant la période de confinement en Europe, les écuries n'ont eu que peu de temps depuis pour en apprendre plus ou travailler sur leurs monoplaces, rappelle l'Autrichien.

"Un calendrier réduit sera donc un challenge pour tout le monde et je pense que c'est l'équipe avec la voiture la plus rapide et la plus fiable qui remportera le championnat", prédit-il.

L'ancien pilote Jean Alesi livre une analyse proche. "Je crois que ce qui va être important, plus que la performance, c'est la fiabilité", estime le Français auprès de l'AFP.

"En général, quand les équipes ont des problèmes techniques, elles ont une possibilité de réagir entre deux courses", explique-t-il. Or, pour rattraper le retard accumulé depuis mars, les GP vont s'enchaîner à un rythme plus soutenu et "ça va être très pénalisant s'il y a des problèmes de fiabilité".

- "Ne pas faire d'erreur" -

"Avec moins de courses, il faut se concentrer sur ne pas faire d'erreur", ajoute le team principal de Haas, Guenther Steiner. "Parce que chaque erreur compte plus si vous avez moins d'opportunités de vous rattraper."

Difficulté supplémentaire, pour limiter les risques liés au coronavirus, dans les garages comme ailleurs, il faudra observer une distanciation physique, ce qui rallonge immanquablement le moindre changement de pièce.

Les pilotes sont donc prévenus: les sorties de piste et autres accrochages seront potentiellement plus coûteux qu'à l'accoutumée.

Pour eux, c'est un double défi qui s'annonce: être immédiatement opérationnels après une intersaison plus longue et tenir sur la durée malgré un planning plus dense.

Pas de quoi toutefois inquiéter outre mesure Alesi, qui met en avant la jeunesse et la fraîcheur de ces hommes et leur entraînement millimétré.

Les deux premiers GP consécutifs sur le Red Bull Ring de Spielberg, en tout cas, font figure de test intéressant. Avec une troisième et une cinquième places en 2019 et un - rare - double abandon en 2018, Mercedes n'y est pas au mieux, contrairement au Néerlandais de Red Bull Max Verstappen, aspirant champion du monde, qui reste sur deux succès.