Fin du suspense pour la PMA pour toutes, examinée fin septembre

Publié le à Paris (AFP)

Édouard Philippe a donné une impulsion attendue à la réalisation d'une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, l'extension de la PMA à toutes les femmes, en annonçant mercredi que le projet de loi bioéthique, érigé en priorité, serait examiné fin septembre à l'Assemblée.

Jusque-là marqué par des réformes économiques et sociales, le quinquennat Macron touche au sociétal avec l'arrivée en Conseil des ministres "fin juillet", puis dans l'hémicycle "dès la fin septembre", de la vaste loi bioéthique, qui comprend la procréation médicalement assistée pour les couples de lesbiennes et femmes seules.

L'examen dès 2019 de la PMA pour toutes, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, était une revendication d'une partie des marcheurs dont le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, le délégué général de La République en marche Stanislas Guerini, ou encore le patron des députés LREM Gilles Le Gendre, qui avaient poussé en ce sens, en craignant que cette mesure fasse les frais de l'embouteillage législatif.

"On fait grandir la République, on va supprimer une discrimination, on va mettre fin à une inégalité entre les femmes en raison de leur orientation sexuelle, ou leur statut matrimonial", se réjouit auprès de l'AFP le député LREM Guillaume Chiche.

"Les Français n'auraient pas compris un retard supplémentaire dans le sens que les questions de société ne peuvent pas être traitées avec moins de priorité que les questions politiques", abonde le député LREM Jean-Louis Touraine, rapporteur d'une mission sur le sujet.

L'exécutif avait cependant choisi d'aborder avec prudence cette loi bioéthique, dont la révision est pourtant imposée tous les sept ans au moins et dont la dernière version remontait à 2011. En filigrane, la crainte de revivre les imposantes manifestations contre le mariage gay du quinquennat précédent.

"Je suis persuadé que nous pouvons atteindre une forme de débat serein, profond, sérieux, à la hauteur des exigences de notre pays", a lancé mercredi le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale.

- "Risque énorme" -

Tout en saluant l'annonce d’Édouard Philippe, le co-président de SOS Homophobie Joël Deumier promet auprès de l'AFP de rester "vigilant lors du débat pour qu'il soit respectueux et constructif". Et d'être rejoint par la présidente de GayLib Catherine Michaud, pour qui "les débats sur la PMA ne doivent pas être l'occasion pour les obscurantistes de jouer le match retour du texte sur la mariage pour tous".

Car le débat parlementaire "va exposer beaucoup de personnes, des femmes, des enfants", rappelle Guillaume Chiche. "Ce que nous leur devons, c'est d'avoir un débat apaisé, qui ne doit pas se faire au prix de la libération d'une certaine parole", plaide-t-il, quand M. Touraine anticipe des "manifestions d'intégristes" mais "moins amples que la Manif pour tous".

"Je pense très clairement que c'est une erreur politique et une injustice sociale", a réagi la présidente de la Manif pour Tous Ludovine de La Rochère, affirmant dans un communiqué que "le mouvement social de La Manif Pour Tous est prêt à se mobiliser, dans la durée".

De son côté, Tugdual Derville, délégué général de l'association anti-PMA Alliance Vita, déplore auprès de l'AFP "un choix politique, qui est de donner une caution à une aile gauche, une niche électorale". "Ca nous donne envie d'imiter les Gilets jaunes dans notre mode de mobilisation", lance-t-il encore.

Au sein de la majorité, si tous les "marcheurs" n'ont pas une opinion arrêtée sur le sujet, les opposants fermes comme Agnès Thill, qui a appelé encore mercredi "au respect de la pensée de l'autre", sont rares.

"A gauche, une immense partie favorisera l'extension PMA, assure M. Touraine. Et à droite, les députés sont divisés".

Le patron du groupe LR Christian Jacob avait en 2018 indiqué qu'il y aurait liberté de vote sur ce sujet et fin 2018, cinq de ses troupes avaient publié une tribune favorable à cette réforme. Laurent Wauquiez, qui a quitté il y a 10 jours la tête de LR, avait exprimé son opposition à la PMA en estimant devant des militants de Sens commun en novembre 2018 que cette réforme "mènera nécessairement" à la GPA, "la marchandisation des gamètes" et "l'eugénisme".

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