Répartir le gâteau des droits télévisuels et discuter du prochain format de la Ligue 2, c'est le copieux menu auquel s'attaquent mercredi les différentes familles du football français lors d'une assemblée générale de la Ligue qui s'annonce hautement agitée (15H00).

Après des semaines de débats nourris, la grande explication finale doit débuter mercredi après-midi entre les 40 clubs de Ligue 1 et Ligue 2, les représentants des joueurs (UNFP), entraîneurs (Unecatef), arbitres (Safe), médecins (AMCFP), personnels administratifs (Snaaf) et de la Fédération.

Mais un voile d'incertitude s'est immiscé sur le rendez-vous après d'ultimes réunions entre clubs dans la soirée de mardi.

Par la voix de Claude Michy, le président de l'UCPF, syndicat majoritaire des clubs de L2, ceux-ci se sont indignés du "mépris" exprimé par leurs homologues de l'élite sur la question de la répartition des droits TV. Certains ont même évoqué la possibilité de boycotter l'AG, "pour montrer un désaccord total".

En cause, le refus par certains clubs de L1 déplafonner les droits télévisuels de la L2, ce que demande la 2e division. L'unanimité étant requise, les clubs de L2 ont besoin du vote de tous leurs homologues de l'élite pour acter ce déplafonnement, qui leur permettrait de toucher 162 millions d'euros par an, contre 110 au maximum actuellement.

- Baroud d'honneur pour Aulas ? -

Les droits TV ne seront pas l'unique motif d'agitation. Même si l'arrêt définitif des saisons de L1 et L2 a été acté le 30 avril par le conseil d'administration de la Ligue de football professionnel (LFP) en conformité avec les annonces du gouvernement, difficile d'imaginer Jean-Michel Aulas, le président de Lyon, ne pas tenter de remettre la question sur la table une nouvelle fois.

Infatigable, celui-ci a interpellé les parlementaires à trois reprises ces derniers jours pour convaincre le monde politique et sportif de revenir en arrière. Dans sa dernière lettre, en date de dimanche, il est même allé jusqu'à assurer que "l'assemblée générale de la Ligue pourrait entériner une reprise", quand bien même les dirigeants de la LFP martèlent depuis des semaines que leur décision est "solide" et "définitive".

En L1, "ce n'est même plus un débat, il y a 19 clubs qui ont admis la décision de l'Etat", coupe Nicolas Holveck, dirigeant de Rennes. "On peut toujours aller voir tous les médias, bouger énormément" mais "la messe est dite", poursuit Bernard Caïazzo, dirigeant de Saint-Etienne et président du syndicat Première Ligue.

- Une L2 à 22? -

Ce qui reste à trancher, en revanche, c'est le format futur de la L2. Certains militent pour un élargissement à 22 clubs, contre 20 actuellement, pour accueillir les promus Pau et Dunkerque tout en conservant Orléans et Le Mans, lanternes rouges de L2 à l'issue d'une saison incomplète.

"Tout le monde sait que, dans le football, la rétrogradation la plus violente est celle entre la L2 et le National", se justifient dans un communiqué les présidents orléanais et manceau.

Si l'actuelle convention liant LFP et FFF permet d'élargir la deuxième division jusqu'à "vingt-deux clubs au plus", le président de la Fédération Noël Le Graët n'a pas caché son hostilité face à un tel scénario. Et certains clubs de L2 sont réticents à partager la recette des droits TV en deux parts supplémentaires...

Boulogne, 3e du National, rêve lui toujours de voir la L2 via la tenue d'un match de barrage contre Niort, 18e de L2. "Pour nous, monter est très, très important", confie à l'AFP le président Reinold Delattre, maintenant sa "confiance dans la sagesse des dirigeants" du football hexagonal.

Même son de cloche du côté d'Ajaccio, Troyes et Clermont, respectivement 3e, 4e et 5e de L2 et qui ne désespèrent pas. Les maires de ces trois villes ont demandé par courrier à la Fédération l'organisation de play-offs et barrages à l'été... ce que la Ligue a d'ores et déjà exclu.

Dans ce puzzle complexe, où les intérêts des uns s'accordent mal avec ceux des autres, une autre équation d'ordre financier vient compliquer la donne.

Car sous l'égide de Le Graët, la Fédération a rappelé son souhait que les clubs professionnels "entérinent un accompagnement financier" en faveur du National (3e div. masculine) et de la D1 féminine, deux compétitions gérées par la FFF.

Dernier point, mais pas des moindres: la Ligue présentera mercredi les modalités de versement du prêt garanti par l'Etat (224,5 M EUR), contracté après le non-versement des échéances télévisuelles d'avril et juin.

Un magot à partager, des enjeux sportifs à clarifier: la réunion des familles du football français promet son lot d'intrigues et de disputes. La grande réconciliation est-elle possible?

ama-jta-fcc-nb/av