Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken rencontre lundi à Londres son homologue britannique Dominic Raab pour la première réunion en personne des ministres des Affaires étrangères du G7 depuis le début de la pandémie, avec au menu relance économique et lutte contre les nouvelles menaces.

Soucieux d'affirmer sa place sur l'échiquier international depuis sa sortie de l'Union européenne, le Royaume-Uni accueillera en juin le sommet annuel du G7 en Cornouailles, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Il s'agira de la première visite en Europe de Joe Biden depuis son élection à la Maison Blanche. En 2020, le sommet prévu aux États-Unis avait été annulé.

"La réunion du G7 cette semaine montre que le +Global Britain+ réunit les plus grandes démocraties pour s'attaquer aux défis communs", a déclaré dans un communiqué Dominic Raab. "Nous agirons pour assurer un accès équitable aux vaccins à travers le monde, fixer des objectifs mondiaux pour l'éducation des filles et définir des actions ambitieuses en matière de changement climatique et développer de nouvelles mesures pour lutter contre la famine".

Cette réunion intervient alors que le Royaume-Uni fait face à un flot de critiques pour la réduction de son aide internationale.

Invoquant des finances publiques mises à mal par la pandémie de corornavirus, le gouvernement de Boris Johnson a décidé de réduire en 2021 l'aide au développement de 0,7% à 0,5% de la richesse nationale. Elle passe d'environ 15 milliards de livres avant la crise à 10 milliards de livres.

Au programme des discussions entre MM. Blinken et Raab, le commerce, la Chine, l'Afghanistan et l'Iran, selon le ministère britannique des Affaires étrangères.

Londres et Washington ont souvent affiché un front commun face à Pékin pour dénoncer le traitement infligé à la minorité musulmane ouïghoure dans la région du Xinjiang, les Etats-Unis qualifiant de "génocide" la répression qu'ils subissent.

- Lutte contre la désinformation -

Les discussions devraient aussi porter sur le retrait des forces de l'Otan en Afghanistan ainsi que sur les discussions pour tenter de ramener les Etats-Unis dans l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien qu'ils ont abandonné sous la présidence de Donald Trump, et pour persuader Téhéran de se conformer aux obligations auxquelles il a renoncé en représailles.

Le Royaume-Uni veut aussi que le G7 puisse lutter contre les campagnes de désinformation en provenance notamment de Russie, en instaurant un mécanisme rapide pour contrer les fausses nouvelles.

Après la réunion, qui se tient à Londres jusqu'à mercredi, le secrétaire d'Etat américain se rend à Kiev pour témoigner du soutien "indéfectible" des Etats-Unis à l'Ukraine après le déploiement de troupes russes à la frontière, sur fond de relations tendues avec la Russie.

Lundi, Dominic Raab doit aussi rencontrer le ministre des Affaires étrangères japonais Toshimitsu Motegi pour parler commerce et coopération en matière de sécurité, notamment au sujet de la région indo-pacifique.

Il doit ausi s'entretenir avec le ministre indien des Affaires extérieures Subrahmanyam Jaishankar, notamment au sujet du soutien britannique dans la lutte contre la pandémie de coronavirus qui frappe durement l'Inde.

La dernière réunion en personne des ministres des Affaires étrangères du G7 s'était tenue en avril 2019 à Dinard et Saint-Malo (nord-ouest de la France). Les échanges s'étaient faits par la suite par visioconférence en raison de la pandémie de coronavirus.

Londres a indiqué que des mesures strictes seraient mises en place pour assurer la sécurité des participants face au virus, dont des dépistages quotidiens.

Les chefs de la diplomatie de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni seront rejoints par des représentants de l'Union européenne.

L'Inde, l'Australie, la Corée du Sud, l'Afrique du Sud et l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) ont également été conviés, marquant l'orientation de la politique étrangère britannique vers cette région du monde.