Guadeloupe: 6 membres d'une famille tués, le suspect se donne la mort

Publié le à Pointe-à-pitre (France) (AFP)

Six membres d'une même famille, dont deux enfants, ont été massacrés à l'arme à feu samedi en Guadeloupe, et l'auteur présumé, le père des enfants, a été retrouvé mort dimanche, s'étant vraisemblablement suicidé après cette tuerie, l'une des plus sanglantes de ces dernières années en France.

L'homme, David Ramassamy, était activement recherché depuis la découverte des six corps, à Petit-Bourg, une commune de quelque 25.000 habitants à Basse-Trre, dans la partie occidentale de l'île à une quinzaine de kilomètres de la ville principale, Pointe-à-Pitre.

Il s'agit du père des deux enfants tués, âgés de 10 à 12 ans, selon le procureur de la République Guy Étienne, qui s'était rendu sur place samedi soir. Selon une source locale bien informée, il s'est tiré une balle dans la tête.

David Ramassamy dirigeait une entreprise de gardiennage spécialisée, selon certaines sources locales, dans la surveillance nocturne de chantiers de construction.

Membre d'un club de tir, il se serait classé second, selon des informations non confirmées officiellement, aux championnats de France de ball-trap.

Les enquêteurs avaient recueilli sur place des indices les conduisant à conclure que l'auteur présumé a utilisé deux armes à feu, de calibre 12 et 22 long rifle.

Le corps de David Ramassamy a été retrouvé dans son véhicule, qui était garé, selon le procureur "à proximité des lieux, dans une pépinière".

Le procureur avait lancé la veille un appel radiodiffusé au meurtrier présumé, l'appelant à se rendre. D'importantes forces de l'ordre avaient été mises en place pour le repérer.

"Il était le mari d'une des victimes et a tué ses deux enfants âgés de 10 à 12 ans", avait alors indiqué le magistrat sur RCI (Radio Caraïbes Internationale) dans la nuit de samedi à dimanche.

Violences aux personnes en augmentation

Il avait évoqué quatre scènes de crime sur le domaine familial où s'est déroulé le massacre. Dans l'une, la mère et les deux enfants, dans trois autres, un oncle, son fils, et un autre oncle.

La tuerie est survenue alors que Jean-Marc Ayrault, de retour dimanche d'une tournée aux Antilles françaises avait annoncé jeudi à Pointe-à-Pitre l'envoi de policiers et d'un escadron de gendarmerie supplémentaires en Guadeloupe, confrontée à une insécurité grandissante.

Le chef de gouvernement avait relevé que la "situation se dégrade depuis plusieurs années", sur fond de vols à main armée, d'affrontements entre bandes ou de trafics de drogue.

"Sur les quatre premiers mois de 2013, les violences aux personnes ont augmenté de plus de 20%", avait souligné le Premier ministre. "Cette situation est inacceptable! Les Guadeloupéens ont droit à la sécurité", a lancé M. Ayrault.

Avant son arrivée, des élus et des policiers avaient alerté sur les grandes tensions dans l'archipel.

Sur les dix-neuf meurtres enregistrés depuis le début de 2013 (36 pour toute l'année 2012) en Guadeloupe, six sont imputables à des règlements de compte entre trafiquants de drogue, mais les autres relèvent de violences familiales, selon le directeur départemental de la Sécurité publique (DDSP), Frédéric Peyran.

C'est dans cette dernière catégorie que semble s'inscrire la tuerie de Petit-Bourg.

Elle fait suite à une longue liste de drames familiaux en France. Le plus récent était la mort d'une mère et de ses trois enfants tués à l'arme blanche dans la Drôme. Un mandat d'arrêt européen a été lancé contre le père.

Parmi les autres drames récents de ce type : les meurtres à Nantes de la famille Dupont de Ligonnes, la mère et ses quatre enfants, alors que le père Xavier, reste introuvable.

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