Des milliers de Guatémaltèques ont de nouveau manifesté samedi, dans un mouvement de contestation qu'ils appellent la "révolution des haricots", pour exiger la démission du président Alejandro Giammattei, qu'ils accusent de corruption et de gouverner de manière opaque.

"Le peuple ne devrait pas avoir peur de son gouvernement, les gouvernements devraient craindre le peuple", "dehors les corrompus", pouvait-on lire sur des pancartes exhibées par des manifestants réunis sur la place centrale de la capitale Guatemala, devant le Palais national de la Culture, l'ancien siège du gouvernement.

Les opposants au président conservateur réclament sa démission et celles des députés, et que le budget de l'Etat consacre davantage de moyens pour lutter contre la pauvreté, dans un pays où la moitié des habitants vit sous le seuil de pauvreté.

Le président, médecin de profession, fait aussi l'objet de vives critiques pour sa gestion de la pandémie de Covid-19 et son manque de transparence sur l'utilisation d'une enveloppe de plus de 3 milliards de dollars approuvée par le Parlement pour lutter contre la maladie.

En outre, les opposants demandent la démission du ministre de l'Intérieur, Gendri Reyes, après la répression des manifestations de samedi dernier, qui a fait une vingtaine de blessés. Le Parlement avait alors été partiellement incendié.

Les protestataires ont qualifié la manifestation de ce samedi de "révolution des haricots", en réponse au député conservateur Ruben Barrios, qui les a qualifiés de "mangeurs de haricots".

Le hashtag #frijolerosunidos (haricots unis, ndlr) est devenu populaire sur les réseaux sociaux.

Après trois heures d'une manifestation pacifique, des personnes au visage dissimulé sont arrivées dans un autobus des transports publics et l'ont incendié devant le Palais national.

Le Défenseur des droits de l'homme au Guatemala, Jordan Rodas, a exclu toute responsabilité des manifestants de l'Université publique de San Carlos dans l'incendie du véhicule.

Il a indiqué qu'un inconnu avait "lancé un cocktail Molotov" et s'était ensuite enfui. M. Rodas a dénoncé la présence de "personnes armées" lors de la manifestation et a appelé la police à agir.

La police a reconnu sur les réseaux sociaux que la manifestation s'était déroulée "de manière pacifique", mais a précisé qu'au moins cinq policiers avaient été blessés.

M. Giammattei a appelé au dialogue national pour réajuster le budget et a dénoncé des tentatives de déstabilisation de la démocratie.

Une mission de l'Organisation des Etats américains (OEA) se rend dans le pays pour évaluer la situation.