Honduras: nouvelle journée de mobilisation des pro et anti-Hernandez

Publié le à Tegucigalpa (AFP)

Deux cortèges de manifestants contre puis en soutien à Juan Orlando Hernandez, le président soupçonné par un tribunal américain de liens avec le narcotrafic, ont défilé mardi à Tegucigalpa, au lendemain d'affrontements entre la police et des étudiants.

"JOH dehors", en référence aux initiales du président Juan Orlando Hernandez, ont d'abord scandé dans le centre de la capitale hondurienne environ 10.000 manifestants réclamant son départ.

"Vive JOH", ont répondu plus tard dans la journée les sympathisants du gouvernement, en nombre équivalent.

Comme la veille, des étudiants de l'Université nationale autonome du Honduras (Unah) qui participaient à la première manifestation ont lancé des projectiles sur les policiers qui ont répliqué avec du gaz lacrymogène.

Cette dernière se tenait à l'initiative de fonctionnaires des secteurs de la santé et de l'éducation, associés à des partis d'opposition, via des appels vidéos diffusés sur les réseaux sociaux.

"Nous exigeons le départ du dictateur, dont l'élection n'est pas légitime puisque liée à une fraude," a expliqué à l'AFP l'universitaire Edwin Hernandez.

Le président a pris la parole devant ses partisans en expliquant qu'après l'arrestation en novembre de son frère aux États-Unis, où il doit être jugé pour trafic de drogue, il avait assuré aux autorités américaines que si les charges se confirmaient, il ne devait en aucun cas se soustraire à la justice.

L'arrestation en fin d'année dernière de Tony Hernandez a en partie cristallisé le mécontentement de la population du petit pays d'Amérique centrale (9 millions d'habitants).

Le président Hernandez est soupçonné par un tribunal de New York d'avoir reçu de l'argent du narcotrafic pour ses campagnes électorales, comme député en 2009 et comme président en 2013.

Certains partis d'opposition affirment aussi que Juan Orlando Hernandez a été élu en novembre 2017 à l'occasion d'une élection truquée soutenue par les États-Unis.

Médecins et enseignants, soutenus par les étudiants et de nombreux habitants, étaient déjà à l'origine en juin d'une mobilisation contre deux décrets gouvernementaux qui, selon eux, privatisent la santé et l'éducation.

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